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Les start-ups africaines qui ont implosé en 2025 : fraude, millions disparus et effondrement public

Sept controverses ont secoué l’écosystème cette année, et les leçons à en tirer sont brutales.

2025 n’a pas seulement été une année marquée par des financements restreints. C’est aussi l’année où les start-ups africaines se sont fait connaître.

Alors que les fondateurs vantaient leurs perspectives de croissance, derrière des portes closes, des entreprises s’effondraient sous le poids de défaillances de gouvernance, d’allégations de fraude et de ruptures entre cofondateurs qui faisaient le buzz.

Certaines ont perdu des millions. D’autres ont perdu leur réputation. Quelques-unes ont fait l’objet de sanctions pénales.

Il ne s’agit pas ici d’entreprises qui ont échoué en raison des conditions du marché. Il s’agit d’entreprises qui ont échoué à cause de ce qui s’est passé dans leur conseil d’administration.

Voici les sept controverses qui ont secoué l’écosystème, et ce qu’elles signifient pour tous les fondateurs qui se lancent aujourd’hui.

1. Thepeer : Les 1,2 million de dollars qui ont disparu

Ce qui s’est passé : La fintech nigériane Thepeer a discrètement fermé ses portes en 2024. Un an plus tard, son cofondateur, Sultan Akintunde, a rendu publiques des allégations de fraude et de détournement de fonds.

Les détails :

  • La société a levé des fonds auprès de capital-risqueurs afin de mettre en place une infrastructure de paiement de portefeuille à portefeuille.
  • Akintunde affirme que 1,2 million de dollars n’ont pas été comptabilisés.
  • Les abus présumés comprenaient notamment 50 000 dollars dépensés pour l’achat de voitures pour une entreprise générant moins de 1 000 dollars de chiffre d’affaires annuel.
  • En tant que troisième actionnaire, Akintunde a demandé un audit en mars 2024.
  • Il affirme que les cofondateurs « se sont empressés de fermer l’entreprise » pour éviter toute enquête.
  • Environ 500 000 dollars ont été expliqués ; 700 000 dollars restent manquants.
  • Les investisseurs exigent un audit officiel malgré le remboursement partiel des fonds

La leçon à retenir : Si une entreprise générant moins de 1 000 dollars par an achète des voitures avec l’argent des investisseurs, votre gouvernance est déjà morte. La discipline opérationnelle n’est pas facultative, c’est une question de survie.

2. Paystack : un cofondateur licencié en plein milieu d’une enquête

Ce qui s’est passé : Ezra Olubi, cofondateur et directeur technique de Paystack (la fintech africaine la plus crédible après Stripe), a été licencié en novembre 2025 pour faute professionnelle.

Les détails :

  • Des allégations de comportement inapproprié envers un subordonné ont fait surface sur Internet.
  • Des tweets sexuellement explicites datant d’il y a dix ans provenant du compte X d’Olubi ont refait surface.
  • Paystack a suspendu Olubi et lancé une enquête interne.
  • Avant la fin de l’enquête, Paystack l’a licencié en invoquant « une atteinte significative à sa réputation ».
  • Olubi conteste la résiliation, invoquant une violation des conditions de suspension.
  • Des experts juridiques se demandent si un comportement public datant d’il y a dix ans (découvert lors de l’acquisition de Stripe en 2020) justifie une résiliation en vertu de la clause relative au « risque de réputation ».

La controverse : Une entreprise peut-elle licencier un employé pour un comportement qui était de notoriété publique au moment où elle a racheté l’entreprise ? Paystack a donné la priorité aux relations publiques plutôt qu’à la procédure.

La leçon à retenir : Votre passé peut être recherché à distance. Et lorsqu’un scandale éclate, même des acquisitions d’un milliard de dollars ne peuvent vous protéger. 3. M-KOPA : quand les cofondateurs se retournent contre le conseil d’administration

Ce qui s’est passé : M-KOPA, la société kenyane de technologie financière solaire évaluée à plus de 50 millions de dollars, a connu une lutte de pouvoir interne qui s’est très rendue publique.

Les détails :

  • Le cofondateur et ancien directeur financier Chad Larson a déposé plainte auprès de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le 6 novembre 2025.
  • A accusé le conseil d’administration et les investisseurs d’avoir orchestré un rachat d’actions qui « exploite injustement les employés kenyans ».
  • L’évaluation des sinistres a été « artificiellement réduite » de près de 95 % par rapport à la valeur réelle du marché.
  • M-KOPA a riposté, qualifiant cela de « campagne de désinformation » menée par un ancien employé travaillant pour un concurrent.

Les enjeux : Il ne s’agissait pas seulement d’une seule personne, mais plutôt de savoir si les employés locaux bénéficient d’un traitement équitable en matière d’équité lorsque des investisseurs étrangers contrôlent le tableau de capitalisation.

La leçon à retenir : Les plans d’actionnariat salarié semblent intéressants jusqu’à ce que les évaluations deviennent des armes. La transparence est essentielle.4. CBEX : une fraude de type Ponzi alimentée par l’IA

Ce qui s’est passé : CBEX, une « plateforme de trading crypto alimentée par l’IA », a gelé les retraits en avril 2025 et s’est révélée être une chaîne de Ponzi.

L’échelle :

  • 16,5 millions de dollars de pertes déclarées par 380 victimes (sources multiples)
  • Les experts estiment que l’exposition totale pourrait dépasser les 100 millions de dollars.
  • Utilisation de vidéos deepfake d’Elon Musk et Johann Rupert pour promouvoir des « systèmes de trading automatisés ».
  • Promis 100 %+ de rendement mensuel

L’évolution de l’arnaque : Après l’effondrement, CBEX a invoqué des « spécialistes du marketing malhonnêtes » et des « systèmes piratés ». Puis, ils ont tenté la classique arnaque de la « deuxième chance » : ils ont dit aux victimes qu’elles avaient été « indemnisées », mais qu’elles devaient payer des « frais de vérification » pour débloquer leurs fonds.

La leçon à retenir : L’IA n’a pas seulement réduit les obstacles à l’entrée pour les start-ups. Elle a également réduit les obstacles à la fraude. Deepfakes + désespoir = le crime financier parfait.

5. Union54/ChitChat : la guerre entre les cofondateurs devient virale

Ce qui s’est passé : La fintech zambienne Union54 (qui s’est réorientée vers l’application de commerce social ChitChat) a vu un procès intenté par l’un de ses cofondateurs se transformer en un véritable spectacle sur les réseaux sociaux.

Les détails :

  • Patrick Sikalinda a intenté une action en justice le 9 septembre 2025, invoquant un licenciement abusif et le refus de lui accorder une participation de 33 % au capital.
  • Demande d’une indemnisation de 29,1 millions de dollars sur la base d’une valorisation de l’entreprise à 20 millions de dollars.
  • La société affirme que Sikalinda était un « sous-traitant à court terme » licencié pour manquement à ses obligations.
  • Les deux parties ont publié des déclarations en ligne, divulgué des conversations internes et proféré des menaces juridiques.
  • Le conflit est devenu viral sur X.

La leçon à retenir : L’enthousiasme des débuts fait oublier la paperasse. Puis la paperasse tue les entreprises. Obtenez les accords des fondateurs par écrit avant de lever des fonds.

6. 54 Collective : le rebranding à 689 000 dollars qui a tué un fonds

Ce qui s’est passé : 54 Collective (anciennement Founders Factory Africa) a perdu sa subvention de la Fondation Mastercard en raison d’un changement d’image de marque financé par des fonds caritatifs soumis à des restrictions.

Les détails :

  • L’organisation à but non lucratif Africa Founders Ventures (AFV) aurait utilisé des subventions pour financer une refonte de marque d’un montant de 689 000 dollars sans autorisation.
  • Une expertise judiciaire a révélé plus de 2 000 écritures comptables antidatées.
  • Transfert de 4,59 millions de dollars de l’organisation à but non lucratif AFV à l’entreprise à but lucratif Founders Factory Africa.
  • La Fondation Mastercard a mis fin à sa subvention en janvier 2025.
  • Liquidation judiciaire en juillet 2025

La leçon à retenir : Vous ne pouvez pas vous sortir d’une situation de mauvaise gouvernance en changeant simplement d’image. Surtout pas avec l’argent des donateurs.

7. Banxso : amende de 118 millions de dollars pour fraude boursière liée à des deepfakes

Ce qui s’est passé : La plateforme de trading sud-africaine Banxso s’est effondrée dans la plus grande fraude fintech de 2025.

L’échelle :

  • La FSCA sud-africaine a infligé une amende de 118 millions de dollars (2 milliards de rands sud-africains).
  • Interdiction d’exercer dans le secteur pendant 30 ans pour les dirigeants
  • Utilisation de vidéos deepfake d’Elon Musk, Johann Rupert et du combattant UFC Dricus du Plessis pour promouvoir de faux systèmes de trading.
  • Parrainage de l’équipe nationale de football Bafana Bafana afin de renforcer sa légitimité
  • Les victimes ont perdu toutes leurs économies ; certaines ont déposé des demandes de liquidation.
  • La Haute Cour du Cap-Occidental a placé Banxso en liquidation provisoire en août.
  • La FSCA a prononcé la sanction définitive en décembre.

La leçon à retenir : Deepfakes de célébrités + partenariats légitimes avec des marques = le manuel de la fraude en 2025. Les régulateurs rattrapent enfin leur retard.

Ce que cela signifie pour chaque fondateur

Il ne s’agit pas d’incidents isolés. Ce sont les symptômes d’un écosystème qui a évolué trop rapidement sans établir les bases adéquates.

Les motifs :

  1. La gouvernance est facultative (jusqu’à ce qu’elle ne le soit plus) – Personne ne se soucie de la structure du conseil d’administration ou des pistes d’audit lorsque votre entreprise est en pleine croissance. Puis les experts-comptables judiciaires arrivent.
  2. Les accords entre cofondateurs sont signés après le début des problèmes – « On verra plus tard » devient « rendez-vous au tribunal ».
  3. La fraude devient de plus en plus sophistiquée – Les outils d’IA ont démocratisé la tromperie. Les deepfakes ne relèvent plus de la science-fiction.
  4. Les crises publiques sont la nouvelle norme – Les différends privés se transforment en guerres sur les réseaux sociaux. L’atteinte à la réputation est instantanée et permanente.
  5. Capital sans contrôle = catastrophe – Les sociétés de capital-risque ont financé des entreprises sans discipline opérationnelle, puis ont fait mine d’être choquées lorsque l’argent a disparu.

Pour les fondateurs :

  • Faites signer les accords des fondateurs AVANT de constituer votre société.
  • Mettez en place des contrôles financiers adéquats dès le premier jour (et non après avoir levé des fonds de série A).
  • Séparer les dépenses personnelles et celles de l’entreprise (pas de voitures, pas de vacances payées avec les cartes de crédit de l’entreprise)
  • Consigner tout par écrit (réunions du conseil d’administration, répartition du capital, décisions financières)
  • Ne rendez pas les litiges publics (consultez d’abord un avocat, n’utilisez jamais Twitter)

Pour les investisseurs :

  • Une diligence raisonnable vis-à-vis des fondateurs, pas seulement des marchés
  • Le soutien opérationnel n’est pas facultatif (les sociétés du portefeuille ont besoin d’aide en matière de direction financière et de gouvernance).
  • Vérifiez les éléments de base (rapprochements bancaires, approbations des dépenses, tableaux de capitalisation).

Ecrit par Eya Rziga

SEO Copywriter 🖋Fashion and Tech Journalist | PR | Content Creator ⌨ | Digital Marketer in permanent beta.

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