World Agri-Tech Dubai a réuni des acteurs du Moyen-Orient, d’Afrique et de l’écosystème mondial AgTech afin d’examiner comment le changement climatique, la pénurie d’eau et la volatilité de la chaîne d’approvisionnement remodèlent les systèmes alimentaires dans les régions arides et semi-arides.
Introduction
Au cours des deux jours du programme, les sessions ont porté sur les stratégies nationales en matière de sécurité alimentaire, les cadres de collaboration régionale et le rôle de l’innovation dans la mise en place de systèmes agroalimentaires résilients.
Les intervenants ont constamment insisté sur la nécessité de trouver des solutions adaptées au contexte plutôt que de reproduire des modèles développés dans des marchés tempérés ou disposant de capitaux importants.
Zones d’innovation, agriculture verticale et approches régénératives
L’un des moments forts a été la session animée par le Dr Shamal Abdulkhaliq Mohammed, PDG de Silal’s Innovation Oasis, qui s’est concentrée sur le rôle des zones d’innovation agricole dans l’accélération de la commercialisation, le soutien aux start-ups et l’harmonisation de la collaboration entre les secteurs public et privé dans toute la région.
Le panel sur l’agriculture verticale a particulièrement retenu l’attention, notamment dans le contexte des récents développements au sein de l’industrie mondiale de l’agriculture verticale.
Présidée par Jesper Hansen, directeur commercial du groupe YesHealth, la session a présenté les points de vue de Fadi Sbaiti, vice-président et directeur général du Khalifa Center for Genetic Engineering & Biotechnology, Sherif Hosny, PDG de Mishkat Agritech Farms, Tisha Livingstone, présidente de 80 Acres Farms, et Modar Hisham Nazer, cofondateur de Mowreq Specialised Agriculture.
Les intervenants ont abordé la viabilité commerciale dans les climats désertiques, l’efficacité énergétique et hydrique, la diversification des cultures au-delà des légumes-feuilles et l’importance de concevoir des systèmes adaptés à chaque région plutôt que d’importer des approches à forte intensité capitalistique provenant d’autres marchés.
Un thème récurrent et important tout au long du salon World Agri-Tech Dubai a été l’accent mis sur l’agriculture régénérative dans la région MENA et en Afrique. Les sessions ont mis en avant la santé des sols, l’agroécologie, les pratiques rationnelles en matière d’utilisation de l’eau et les solutions fondées sur la nature, considérées à la fois comme des nécessités environnementales et des voies économiquement viables, conformes aux objectifs de sécurité alimentaire et de résilience.
Capital, politique et voie vers la croissance
Plusieurs sessions ont porté sur les mécanismes de financement, les modèles de capital mixte et les cadres politiques nécessaires pour déployer à grande échelle les solutions AgTech dans les marchés émergents.
Les investisseurs et les institutions de développement ont discuté de la transition vers des modèles commerciaux B2B, axés sur la chaîne de valeur et adaptés au climat, tandis que les décideurs politiques ont présenté les réformes réglementaires nécessaires pour soutenir les investissements privés à long terme.
Les discussions axées sur la technologie ont porté sur le rôle de l’IA, de l’agriculture de précision, de l’agrifintech et des plateformes numériques dans l’amélioration de la productivité, la réduction de l’utilisation des ressources et le soutien à l’inclusion des petits exploitants, en particulier dans les environnements où les données sont limitées.
World Agri-Tech Dubai’s Focused Snapshot of Regional AgTech Ambitions
Bien que le salon World Agri-Tech Dubai soit plus modeste que l’événement phare de San Francisco, il a offert un aperçu concis et instructif de la trajectoire de développement et des priorités stratégiques de la région en matière d’AgTech.
L’ordre du jour comprenait des hauts responsables d’organismes gouvernementaux, d’entreprises, d’instituts de recherche, d’investisseurs et de start-ups, représentant non seulement le Moyen-Orient et l’Afrique, mais aussi l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.
Conclusion
Collectivement, les discussions ont souligné l’ambition de la région de se positionner comme un pôle mondial pour l’agriculture résiliente au climat, en combinant l’expertise locale en matière d’agriculture aride avec les capitaux internationaux, les partenariats et l’innovation.


