L’Assemblée nationale a ordonné la republication immédiate des quatre nouvelles lois sur la réforme fiscale, à la suite d’allégations explosives selon lesquelles les versions actuellement en circulation diffèrent considérablement de celles qui ont été débattues et adoptées par les législateurs.
Cette décision, qui vise à protéger l’intégrité du processus législatif nigérian, intervient quelques jours avant la mise en œuvre prévue du nouveau régime fiscal, le 1er janvier 2026.
Introduction
La controverse : des divergences dans le journal officiel
La question a été soulevée à la Chambre des représentants par Abdussamad Dasuki (circonscription fédérale de Kebbe/Tambuwal), qui a dénoncé une « violation de la Constitution ».
Dasuki a affirmé qu’après avoir obtenu des copies officielles du ministère de l’Information, il avait découvert des modifications importantes qui n’avaient jamais été approuvées par l’Assemblée nationale.
Les principales divergences alléguées sont les suivantes :
- Procédure d’appel inconstitutionnelle : l’article 41(8) de la version publiée au Journal officiel introduirait une nouvelle exigence selon laquelle les contribuables devraient payer 20 % de l’impôt contesté avant de pouvoir introduire un recours.
- Incohérences dans les ordonnances de saisie-arrêt : variations dans l’article 60(4-5) concernant les pouvoirs des autorités fiscales de disposer des biens saisis sans ordonnance du tribunal — une disposition qui, selon les législateurs, a été rejetée lors de l’harmonisation.
- Abus administratif : allégations selon lesquelles le pouvoir exécutif aurait « subrepticement » réécrit certaines parties des lois après leur adoption.
La NBA et les parties prenantes exigent la suspension
En réaction à cette évolution, l’Association du barreau nigérian (NBA) a demandé une enquête immédiate et la suspension de l’application des lois. Le président de la NBA, Afam Osigwe, a averti que « l’incertitude juridique et politique d’une telle ampleur est préjudiciable à la stabilité économique » et pourrait éroder la confiance des investisseurs.
Les quatre lois examinées, à savoir la loi fiscale nigériane, la loi sur l’administration fiscale nigériane, la loi sur le service des recettes nigérian (création) et la loi sur le conseil mixte des recettes (création), représentent la plus importante refonte du paysage fiscal nigérian depuis des décennies.
Ce que cela signifie pour l’écosystème technologique
Pour l’écosystème technologique et les start-ups du Nigeria, ce retard et cette nouvelle publication créent une période d’« inquiétude fiscale ». Les réformes de 2025 devaient :
- Exonérer les petites entreprises (chiffre d’affaires inférieur à 50 millions de nairas) de l’impôt sur le revenu.
- Appliquer un taux de TVA nul sur les produits essentiels tels que l’éducation et les soins de santé.
- Introduire une taxe de développement de 4 % pour remplacer plusieurs taxes sectorielles.
Si les lois publiées contiennent des sanctions non autorisées ou des obstacles administratifs, cela pourrait aller à l’encontre des objectifs de « facilité de faire des affaires » promis par l’administration Tinubu.
Prochaines étapes
Le président Tajudeen Abbas a pris acte de ces préoccupations et la Chambre a décidé de comparer les versions harmonisées des projets de loi avec le journal officiel du ministère de l’Information.
Il est conseillé aux entreprises et aux experts fiscaux d’attendre les copies certifiées conformes (CTC) et les versions rééditées au Journal officiel avant de finaliser leur planification fiscale pour 2026.


