L’Afrique du Sud renforce son cadre réglementaire pour les crypto-actifs avec l’introduction des licences CASP (Crypto Asset Service Provider). Depuis juin 2023, les entreprises doivent obtenir cette licence pour opérer légalement dans le secteur. En décembre 2025, 300 licences avaient été approuvées sur 512 demandes, tandis que 121 candidatures ont été retirées volontairement, souvent en raison de modèles d’affaires jugés insuffisants. Les entreprises doivent respecter des exigences strictes, notamment en matière de compétence, de stabilité financière et de conformité aux lois anti-blanchiment (AML) et financement du terrorisme (CFT). Ce cadre vise à protéger les consommateurs, attirer les investisseurs institutionnels et éviter les sanctions internationales.
Points clés :
- Dates importantes : Début des demandes en juin 2023, première vague de licences approuvées en mars 2024.
- Exigences : Plans d’affaires détaillés, conformité AML/CFT, examens réglementaires obligatoires.
- Impact : Sécurisation du secteur crypto, mais défis pour les startups face à des critères rigoureux.
- Inspections : 31 contrôles réalisés en 2025 pour garantir la conformité.
Ce dispositif positionne l’Afrique du Sud comme un acteur majeur dans la régulation des crypto-actifs, tout en imposant des standards élevés pour assurer la stabilité du secteur.
Exigences et réglementations pour les licences CASP
Pour décrocher une licence CASP, il est impératif de répondre à des critères stricts définis par la loi FAIS et le Board Notice 194 de 2017. Les candidats doivent prouver leur intégrité, leur compétence, leur efficacité opérationnelle et leur stabilité financière. Ils doivent également soumettre des plans d’affaires détaillés décrivant précisément leurs activités et leur modèle opérationnel. Les demandes imprécises ou incomplètes sont souvent rejetées : en décembre 2025, sur 512 candidatures, 121 ont été volontairement retirées après des échanges avec la FSCA concernant des modèles d’affaires jugés inadéquats. Ces exigences rigoureuses s’inscrivent dans une démarche globale mise en place par la FSCA pour sécuriser le secteur des crypto-actifs tout en encourageant son développement.
Normes d’aptitude et de probité pour les détenteurs de licences
Les responsables des CASP doivent démontrer une expertise solide dans le domaine des crypto-actifs. Jusqu’au 30 juin 2025, il était obligatoire pour tous les CASP licenciés et leurs représentants de réussir les examens réglementaires (RE) exigés par le Board Notice 194 de 2017. La FSCA a été claire : aucune prolongation de délai ne serait accordée, et tout manquement pourrait entraîner la suspension ou le retrait des licences.
En parallèle, la FSCA a instauré un programme d’inspections supervisées pour évaluer la gouvernance et les pratiques de gestion des risques des CASP. Entre janvier et mars 2025, 10 inspections ont été menées, suivies de 21 autres entre avril et décembre 2025. Ces contrôles visent à s’assurer que les nouveaux détenteurs de licences respectent leurs obligations réglementaires, renforçant ainsi la crédibilité du système et préparant le terrain pour une conformité accrue.
Conformité AML/CFT et enregistrement FIC
En plus des exigences opérationnelles, les CASP doivent se conformer à des obligations strictes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et le financement du terrorisme (CFT). Selon l’article 22 de la loi sur le Centre de renseignement financier (FIC Act), les CASP sont considérés comme des « institutions responsables ». Ils doivent s’enregistrer auprès du Financial Intelligence Centre et mettre en place un Programme de gestion des risques et de conformité (RMCP). Ce programme couvre des éléments essentiels comme les évaluations des risques commerciaux, le filtrage des sanctions et la désignation d’un responsable de la conformité.
Depuis le 30 avril 2025, la Directive 9 exige que les CASP fournissent des informations sur les émetteurs et bénéficiaires lors des transferts de crypto-actifs. Cette règle s’applique pleinement pour des transactions dépassant 5 000 R, tandis que des données réduites suffisent pour les montants inférieurs. Le non-respect de la loi FICA peut entraîner des sanctions sévères, allant jusqu’à 100 millions de rands d’amende ou 15 ans d’emprisonnement. Avec plus de 5,8 millions de détenteurs de crypto-actifs en Afrique du Sud, ces mesures visent à protéger l’intégrité du système financier tout en permettant au secteur d’innover.
Données d’approbation des licences CASP et processus de candidature

South Africa CASP License Applications: 512 Submissions, 300 Approvals (December 2025)
Chiffres d’approbation et de refus
Au 12 décembre 2025, la FSCA avait reçu un total de 512 candidatures pour des licences CASP depuis le début du processus le 1er juin 2023. Parmi celles-ci, 300 licences ont été accordées, tandis que 14 demandes ont été refusées et 121 ont été retirées volontairement.
Les refus sont principalement dus à des manques en termes de capacité opérationnelle et de compétence, comme l’a précisé la FSCA. Les dossiers incomplets ou imprécis, notamment ceux avec des plans d’affaires insuffisamment détaillés, sont souvent rejetés. Parmi les premières entreprises à avoir obtenu une licence en avril 2024, Luno a reçu une licence de catégorie I, tandis que VALR a obtenu les catégories I et II, lui permettant d’offrir des services de gestion d’investissement en plus de son rôle d’intermédiaire.
| Statut des candidatures (au 12 décembre 2025) | Nombre d’entités |
|---|---|
| Total des candidatures reçues | 512 |
| Licences approuvées | 300 |
| Candidatures refusées | 14 |
| Retraits volontaires | 121 |
| En cours d’examen | 77 |
En parallèle, la FSCA a initié 81 enquêtes sur des opérateurs soupçonnés d’exercer sans licence, dont 56 étaient encore en cours en décembre 2025. Cette surveillance renforcée marque une transition vers une supervision plus stricte du secteur. Ces chiffres montrent combien il est crucial de soumettre un dossier complet et conforme pour obtenir une licence CASP.
Comment demander une licence CASP
Après avoir exploré les données d’approbation, voyons comment procéder pour demander une licence CASP. Les opérateurs existants doivent intégrer les crypto-actifs à leur licence actuelle, tandis que les nouveaux entrants doivent soumettre une demande complète de licence FSP. En général, le traitement des premières vagues de candidatures prend entre 6 et 10 mois, bien que les cas plus complexes puissent nécessiter jusqu’à 12 mois.
Pour commencer, il faut enregistrer votre société (Pty Ltd ou Ltd) auprès du CIPC et démontrer que vos dirigeants respectent les normes d’intégrité et de compétence. Les documents requis incluent :
- Certificats d’enregistrement CIPC
- Copies certifiées des pièces d’identité
- Plan d’affaires détaillé
- États financiers attestant de la liquidité
- Politiques AML/KYC complètes
- Description de l’infrastructure informatique, y compris le chiffrement des données
L’enregistrement auprès du Financial Intelligence Centre (FIC) doit être complété avant ou au moment de la soumission à la FSCA. Des entretiens avec la FSCA sont également prévus pour évaluer la stabilité financière et le modèle opérationnel. Le non-respect des exigences peut entraîner des sanctions sévères, comme des amendes pouvant aller jusqu’à 1 000 000 R ou une peine d’emprisonnement maximale de trois mois.
Impact des licences CASP sur les startups crypto africaines
Avantages pour l’innovation et l’investissement
L’intégration des crypto-actifs dans le cadre légal sud-africain via la loi FAIS marque un tournant pour les startups. En les alignant avec le système financier formel, cette reconnaissance attire désormais des investisseurs institutionnels qui étaient jusqu’ici réticents à s’impliquer dans un secteur non réglementé. Les premières approbations de licences accordées à certaines plateformes représentent une avancée majeure vers la professionnalisation du secteur crypto en Afrique.
De plus, ce cadre réglementaire aide l’Afrique du Sud à éviter la « liste grise » du FATF, garantissant ainsi la continuité des flux de capitaux essentiels. Selon un représentant de la FSCA, le pays se distingue comme l’un des rares à être en avance dans ce domaine, renforçant ainsi la confiance des investisseurs étrangers et consolidant sa position sur le marché international.
La mise en place du Crypto Asset Supervisory Engagement Forum (CASEF) en août 2025 constitue un autre pas en avant. Ce forum offre une plateforme où les startups et les régulateurs peuvent échanger sur les attentes réglementaires et les évolutions du marché. Ce dialogue structuré favorise un équilibre entre innovation et conformité, créant un environnement où les entreprises peuvent prospérer tout en respectant des normes élevées.
Défis de conformité pour les startups
Cependant, ces opportunités viennent avec leur lot de défis, en particulier pour les jeunes entreprises. Les exigences strictes imposées par la FSCA, notamment en termes de capacité opérationnelle et d’expertise technique, représentent un obstacle majeur. La FSCA a d’ailleurs précisé que la majorité des refus de licences sont liés à des lacunes dans ces domaines.
Entre janvier et mars 2025, la FSCA a mené 10 inspections axées sur la gouvernance et la gestion des risques, et prévoit 30 autres inspections d’ici mars 2026. Cette surveillance accrue oblige les startups à se professionnaliser rapidement, ce qui n’est pas toujours évident pour des structures en phase de démarrage.
Le nombre important de retraits volontaires de demandes de licences illustre bien ces difficultés. De nombreuses entreprises ont abandonné leurs démarches après avoir constaté leur incapacité à répondre aux exigences opérationnelles. Cette situation favorise les acteurs établis, souvent mieux préparés, au détriment des petites startups. En parallèle, les coûts liés à la conformité, notamment pour répondre aux normes AML/CFT et s’enregistrer auprès du FIC, représentent une charge financière importante pour des entreprises encore en pleine croissance.
sbb-itb-1489603
Perspectives d’évolution de la régulation crypto en Afrique du Sud
Demandes en attente et inspections de la FSCA

Après avoir mené un processus de sélection rigoureux, la FSCA (Financial Sector Conduct Authority) a entamé une phase de surveillance accrue des entités sélectionnées. Cette étape marque le début d’un contrôle renforcé pour garantir la conformité réglementaire.
L’exemption qui permettait de reporter certains examens réglementaires a pris fin le 30 juin 2025. Cela signifie que les entités non conformes risquent immédiatement la suspension ou le retrait de leur licence.
Entre avril 2025 et mars 2026, la FSCA prévoit de réaliser 30 inspections supervisées. À la fin de décembre 2025, 21 de ces inspections avaient déjà été effectuées. Ces contrôles visent à évaluer la gouvernance, la gestion des risques et le respect des obligations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent (AML), le financement du terrorisme (CFT) et le financement de la prolifération (CFP). En parallèle, la FSCA a ouvert 81 enquêtes contre des opérateurs non licenciés, dont 56 dossiers étaient toujours en cours à la fin de 2025. Comme l’a précisé l’autorité :
« Toute institution ou personne effectuant des activités liées aux CASP sans licence fera l’objet de mesures d’application ».
Ces efforts s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à harmoniser la réglementation nationale avec les standards internationaux.
Comparaison de l’Afrique du Sud avec les normes internationales
En matière de régulation crypto, l’Afrique du Sud s’impose comme un leader sur le continent africain. Sa stratégie proactive vise à éviter les sanctions du Groupe d’action financière (FATF), renforçant ainsi sa position comme référence mondiale. Selon des recherches du FMI, une inscription sur la « liste grise » du FATF pourrait entraîner une diminution des flux de capitaux équivalant à 7,6 % du PIB.
Contrairement à d’autres pays qui envisagent de reconnaître les cryptomonnaies comme monnaie légale, l’Afrique du Sud maintient une approche prudente. Eugene Du Toit, responsable des cadres réglementaires à la FSCA, a déclaré :
« Nous ne légitimisons pas les crypto-actifs. Nous ne donnons pas de crédit aux crypto-actifs ».
Ces actifs sont traités comme des produits financiers sous la loi FAIS, ce qui permet au pays d’aligner sa réglementation sur les standards AML/CFT du FATF tout en préservant l’autorité monétaire de la Banque de réserve sud-africaine.
L’initiative du Crypto Asset Supervisory Engagement Forum (CASEF), lancée en août 2025, reflète cette volonté d’alignement international. Ce forum favorise un dialogue continu entre les régulateurs et les acteurs du marché, permettant une surveillance des tendances mondiales et une adaptation constante du cadre réglementaire.
Conclusion
L’Afrique du Sud a franchi une étape clé dans l’organisation de son écosystème crypto. Les récentes approbations marquent une avancée importante, transformant un secteur auparavant non réglementé en un domaine financier désormais supervisé. Ce changement crée un climat de confiance, encourageant les banques et institutions établies à explorer le marché des cryptomonnaies tout en assurant une meilleure protection des consommateurs.
Mais la réglementation ne se limite pas à l’attribution de licences. La mise en place d’une surveillance active constitue une évolution stratégique majeure. Les inspections et enquêtes récentes illustrent cette approche plus stricte. Avec ce cadre renforcé, l’Afrique du Sud se positionne comme une référence sur le continent en matière de régulation des cryptomonnaies, offrant un modèle que des pays comme le Nigeria pourraient suivre.
Pour les startups crypto africaines, le cadre CASP représente à la fois une opportunité et un défi. Des plateformes comme VALR et Luno, qui ont obtenu leurs licences dès avril 2024, profitent de cette reconnaissance officielle pour attirer des investisseurs institutionnels. Cependant, elles doivent également relever les exigences de conformité imposées par ce cadre.
Le lancement de l’initiative CASEF en août 2025 ajoute une dimension collaborative à cette régulation. Ce dialogue vise à adapter les règles aux innovations technologiques tout en respectant les standards internationaux. L’exemple sud-africain montre qu’il est possible de marier innovation et conformité sans compromettre la stabilité financière. Ces avancées tracent les contours de l’avenir des cryptomonnaies en Afrique.
En résumé, l’approche de l’Afrique du Sud conjugue innovation et rigueur réglementaire. En équilibrant supervision stricte et soutien au développement, elle ouvre la voie à une adoption institutionnelle et à la professionnalisation du secteur.
FAQs
Quelles sont les conditions pour obtenir une licence CASP en Afrique du Sud ?
Pour obtenir une licence CASP en Afrique du Sud, il faut impérativement répondre aux critères fit-and-proper exigés par la réglementation FAIS. Cela passe notamment par la soumission d’un plan d’affaires complet qui détaille les activités prévues autour des crypto-actifs ainsi que les structures opérationnelles mises en place pour les soutenir.
En outre, les candidats doivent prouver qu’ils possèdent des compétences solides et une expérience significative dans le domaine des actifs numériques. Ces éléments sont essentiels pour démontrer leur capacité à gérer ces services en toute conformité et en garantissant la sécurité.
Quel impact la régulation des crypto-actifs en Afrique du Sud a-t-elle sur les startups ?
En Afrique du Sud, les prestataires de services en crypto-actifs (CASP) doivent désormais obtenir une licence FSP et respecter les exigences rigoureuses établies par la Financial Sector Conduct Authority (FSCA). Ces obligations incluent, entre autres, l’inscription au Financial Intelligence Centre, l’application des normes de lutte contre le blanchiment d’argent (AML) et le financement du terrorisme (CFT), ainsi que la démonstration de compétences et d’intégrité. À ce jour, plus de 240 licences ont été délivrées, renforçant ainsi la confiance des investisseurs et des partenaires financiers dans ce secteur en pleine évolution.
Cette réglementation représente à la fois des défis et des opportunités pour les startups. D’un côté, les coûts liés à la conformité et les démarches administratives complexes peuvent freiner les jeunes entreprises, souvent limitées en ressources. Mais de l’autre, les entreprises qui respectent ces normes gagnent en crédibilité, ce qui les rend plus attractives pour les investisseurs et les partenaires potentiels. En structurant le marché, ces règles contribuent à créer un environnement à la fois plus sûr et plus compétitif pour tous les acteurs du secteur des crypto-actifs.
Quel est le rôle de la FSCA dans l’attribution et la régulation des licences CASP en Afrique du Sud ?
La FSCA (Financial Sector Conduct Authority) est l’organisme chargé d’attribuer les licences CASP (Crypto Asset Service Provider) en Afrique du Sud, conformément à la loi FAIS. Elle joue un rôle central dans la régulation du secteur des crypto-actifs, veillant à ce que les acteurs respectent les réglementations en vigueur.
Après l’octroi des licences, la FSCA assure une surveillance continue des activités des entreprises. Son objectif : garantir que ces dernières respectent les normes établies. En cas de non-conformité ou d’activités non autorisées, l’autorité dispose du pouvoir d’imposer des sanctions. Cette vigilance contribue à renforcer la protection des investisseurs et à créer un environnement crypto plus sûr et transparent.
Articles de blog associés
- Rôles des banques centrales dans la protection des usagers du mobile money
- Comment les régulateurs collaborent pour le mobile money
- Régulations des paiements transfrontaliers en Afrique de l’Ouest
- Crypto, fintech, IA, agriTech : les secteurs les plus porteurs en Afrique


