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GreenTech : Les investisseurs parient sur l’économie verte africaine en 2025

GreenTech : Les investisseurs parient sur l'économie verte africaine en 2025
GreenTech : Les investisseurs parient sur l'économie verte africaine en 2025

En 2025, l’économie verte en Afrique a connu une progression notable, avec des investissements atteignant 3,8 milliards de dollars, soit une hausse de 32 % par rapport à 2024. Cette croissance témoigne d’un intérêt accru pour les technologies climatiques, notamment dans les domaines de l’énergie solaire, de l’agriculture durable et des nouvelles technologies écologiques. Voici les faits marquants :

  • Financements records : 1,6 milliard de dollars en financement par dette, représentant 41 % des capitaux mobilisés.
  • Secteurs moteurs : L’énergie renouvelable, l’agriculture durable et la cleantech représentent 33 % des investissements.
  • Transactions majeures : Sun King (80 M$), Burn Manufacturing (85 M$), PowerGen (55 M$), et Spiro (100 M$).
  • Capacités solaires : 4,5 GW ajoutés, avec une forte croissance des solutions solaires décentralisées.
  • Pays leaders : Kenya, Afrique du Sud, Nigeria et Égypte attirent 72 % des investissements.

Malgré ces avancées, des défis subsistent : seulement 2 % des investissements mondiaux en énergie propre sont dirigés vers l’Afrique, et les taux d’intérêt élevés freinent certains projets. Les startups et investisseurs misent sur des modèles comme le financement non dilutif et les initiatives locales pour surmonter ces obstacles.

L’Afrique se positionne comme un acteur clé de la transition énergétique mondiale, avec un potentiel d’énergie renouvelable estimé à 1 000 fois la demande électrique prévue d’ici 2040.

Investissements GreenTech en Afrique 2025 : chiffres clés et répartition sectorielle

Investissements GreenTech en Afrique 2025 : chiffres clés et répartition sectorielle

Africa’s youth, tech, and green innovators reshape the continent’s business future

Principaux secteurs moteurs de l’économie verte africaine

Trois secteurs jouent un rôle central dans la transition écologique de l’Afrique d’ici 2025 : l’énergie renouvelable, l’agriculture durable et les nouvelles technologies écologiques. Désormais, un tiers des investissements dans les startups africaines cible ces domaines, plaçant la cleantech comme deuxième secteur d’investissement, juste derrière la fintech. Cette évolution marque un changement stratégique pour un écosystème longtemps dominé par les services financiers numériques.

Énergie renouvelable : solaire, éolien et hydroélectricité

Le solaire photovoltaïque est devenu la pierre angulaire de la transition énergétique africaine. En 2025, le continent a ajouté 4,5 GW de capacité solaire, soit une augmentation de 54 % par rapport à l’année précédente. Quatre pays concentrent plus de 70 % de ces nouvelles installations : l’Afrique du Sud (1,6 GW), le Nigeria (803 MW), l’Égypte (500 MW) et l’Algérie (400 MW).

La grande nouveauté réside dans la montée en puissance des solutions décentralisées. Les installations solaires distribuées (comme les toitures, l’autoconsommation industrielle et les mini-réseaux) représentent désormais 44 % du marché solaire en 2025. Cette tendance s’explique par un besoin urgent de pallier les coupures d’électricité fréquentes. Les ménages et petites entreprises investissent dans des systèmes autonomes, combinant panneaux solaires et batteries de stockage.

Pays Capacité solaire ajoutée en 2025 Moteur principal de développement
Afrique du Sud 1,6 GW Solaire décentralisé et autoconsommation industrielle
Nigeria 803 MW Solutions hors réseau et écosystèmes industriels locaux
Égypte 500 MW Projets connectés au réseau et intégration éolienne
Algérie 400 MW Installations à grande échelle pilotées par l’État
Maroc 204 MW Parcs solaires et éoliens de grande envergure

Le stockage d’énergie devient un élément clé de cette transition, avec des coûts qui ont chuté à environ 192 $/kWh en 2024. Cependant, la dépendance technologique reste marquée : 85 à 90 % des modules solaires proviennent de Chine, tandis que les éoliennes sont majoritairement fabriquées par des entreprises européennes. De plus, des sociétés asiatiques comme CATL, LG Energy Solution et BYD dominent le marché des batteries, contrôlant plus de 95 % des systèmes installés en Afrique.

« Le continent est engagé dans une double transition énergétique : une expansion pilotée par les États, centrée sur les réseaux et les grandes centrales solaires… et une transition privée menée par les ménages et les entreprises qui investissent massivement dans le solaire décentralisé et le stockage. » – Rapport du Global Solar Council

L’éolien, bien qu’encore modeste par rapport au solaire, se développe principalement en Afrique du Nord (Maroc, Égypte) et en Afrique du Sud. Cependant, le coût élevé du capital pour les projets renouvelables en Afrique, qui est 3 à 5 fois supérieur à celui des marchés développés, freine une expansion plus rapide des infrastructures à grande échelle.

Agriculture durable et impact économique

L’agriculture durable en Afrique passe d’une logique d’aide humanitaire à une approche axée sur l’investissement. Comme l’a souligné le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed :

« Il est temps de remplacer l’aide climatique par des investissements climatiques. Nous demandons à nos partenaires mondiaux de ne pas nous financer parce que nous sommes affectés, mais d’investir avec nous parce que nous sommes visionnaires. » – Abiy Ahmed, Premier ministre d’Éthiopie

En 2025, les priorités d’investissement incluent l’agriculture technologique (agtech) et la sécurité alimentaire, avec des initiatives majeures en Égypte, au Kenya, au Nigeria, au Sénégal et en Afrique du Sud. Ces efforts sont cruciaux, car environ 45 % des terres africaines souffrent de désertification et de dégradation, tandis que seulement 6 % des terres cultivables bénéficient d’une irrigation.

L’Éthiopie illustre cette transformation avec son ambitieux programme de plantation de 48 milliards d’arbres sur sept ans, visant à restaurer les forêts et à lutter contre le changement climatique. Ce projet combine des objectifs écologiques et économiques, en créant des emplois locaux tout en régénérant les sols.

L’économie circulaire s’intègre également dans les pratiques agricoles. Par exemple, la startup sud-africaine Amesect a lancé des chambres modulaires « Magic3 » qui utilisent des mouches soldats noires pour transformer les déchets organiques en produits à haute valeur ajoutée. Cette innovation réduit le gaspillage tout en générant de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs.

Nouvelles écotechnologies et innovations

Les nouvelles écotechnologies répondent à la fois aux défis environnementaux et aux besoins essentiels des populations. L’irrigation solaire, par exemple, remplace les moteurs diesel coûteux et polluants, augmentant ainsi la productivité agricole. En septembre 2025, la startup kényane SunCulture a obtenu 5 millions de dollars du fonds Water & Climate Resilience de WaterEquity. L’entreprise, dirigée par Samir Ibrahim, a déjà équipé plus de 45 000 agriculteurs et prévoit de s’étendre en Ouganda, en Éthiopie, en Côte d’Ivoire, en Zambie et au Togo.

La mobilité électrique connaît également une montée en puissance. En 2025, Spiro a levé 100 millions de dollars pour déployer ses véhicules électriques au Bénin, représentant une part importante des investissements en capital-risque dans le pays cette année-là. Ce projet illustre l’impact que peuvent avoir les initiatives de mobilité à grande échelle dans les économies africaines.

Enfin, les technologies d’adaptation climatique gagnent en popularité auprès des investisseurs. Des plateformes comme Tolbi et Sand to Green utilisent des données pour optimiser l’usage de l’eau et restaurer la santé des sols, renforçant ainsi la sécurité alimentaire face aux aléas climatiques. Pour garantir leur accessibilité, ces startups adoptent des modèles économiques « pay-as-you-go », particulièrement adaptés aux solutions hors réseau.

Principaux investisseurs et pays leaders en GreenTech

Principaux investisseurs soutenant les initiatives vertes africaines

L’économie verte en Afrique bénéficie d’un large éventail de soutiens, mêlant acteurs internationaux et locaux. Les institutions de financement du développement jouent un rôle clé, parmi lesquelles figurent la Banque européenne d’investissement (BEI), la Société financière internationale (IFC), FMO (Pays-Bas), PROPARCO (France) et BIO (Belgique). Ces organismes privilégient les projets respectant les critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance), notamment ceux répondant aux exigences de l’Article 9 du SFDR.

RGREEN INVEST et ECHOSYS INVEST se sont illustrés avec la clôture finale du fonds AFRIGREEN Debt Impact, atteignant un montant de 100 millions d’euros. Géré par Nicolas Rochon et conseillé par Olivier Leruste, ce fonds finance des projets solaires photovoltaïques via des dettes senior à long terme. À ce jour, il a soutenu six projets répartis au Nigeria, au Maroc et au Botswana, avec des investissements pouvant aller jusqu’à 15 millions d’euros chacun.

« Ce closing final marque une étape majeure pour RGREEN INVEST et pour le financement de la transition énergétique en Afrique. C’est un véritable succès pour un fonds à impact. » – Nicolas Rochon

Le recours à des financements par dette continue de croître, atteignant un record de 1,6 milliard de dollars en 2025, soit 41 % des capitaux mobilisés. Ce choix de financement non dilutif gagne en popularité dans l’écosystème africain. Des acteurs comme African Infrastructure Investment Managers (AIIM), dirigé par Olusola Lawson, concentrent également leurs efforts sur la transition énergétique et la logistique.

Les banques commerciales, notamment Société Générale et BNP Paribas, s’impliquent de plus en plus dans les fonds de dette verte. L’Initiative africaine d’industrialisation verte (AG II) a, par exemple, reçu des engagements financiers dépassant 100 milliards de dollars de la part de banques de développement et d’investisseurs privés pour soutenir des projets durables. De plus, des initiatives comme le Pacte africain pour l’innovation climatique (ACIC) et le Fonds africain pour le climat (ACF) visent à mobiliser 50 milliards de dollars par an afin de financer 1 000 solutions climatiques d’ici 2030.

Pays leaders en innovation verte

En examinant les pays moteurs de l’innovation verte en Afrique, quatre nations se démarquent : le Kenya, l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Égypte. Ensemble, ces pays ont attiré 72 % des capitaux levés sur le continent en 2025.

Le Kenya s’impose comme la première destination des investissements verts, levant 1,04 milliard de dollars en 2025. Ce succès repose sur des levées de dette importantes et quatre des neuf « megadeals » enregistrés sur le continent cette année-là. Le pays tire entre 80 % et 90 % de son électricité de sources renouvelables, avec la géothermie représentant près de 50 % de son mix énergétique.

L’Afrique du Sud se distingue par son leadership en matière de financement par capitaux propres et par le nombre de transactions réalisées. Grâce à son programme REIPPPP (Renewable Energy Independent Power Producer Procurement Programme), le pays a attiré plus de 16 milliards de dollars de capitaux privés, en s’appuyant sur des accords d’achat d’électricité stables et des procédures simplifiées.

Le Maroc évolue rapidement, passant d’un simple producteur d’énergie renouvelable à un centre industriel vert. En juin 2024, l’entreprise chinoise GOTION High-Tech a conclu un accord avec le gouvernement marocain pour construire une gigafactory de batteries d’une valeur de 6,4 milliards de dollars, créant ainsi 25 000 emplois. Ce projet intègre le Maroc dans la chaîne de production mondiale des véhicules électriques.

Parmi les pays francophones, le Sénégal et le Bénin se distinguent grâce à leurs politiques favorisant les startups, comme les « Startup Acts », et à la numérisation des services administratifs. En 2025, les startups de cette région ont levé au moins 450 millions de dollars, une part significative de ces fonds étant destinée à des projets liés au climat.

Ces avancées montrent que l’Afrique est en train de devenir un acteur clé de l’innovation verte, avec des investissements qui façonnent un avenir plus durable pour le continent.

Startups GreenTech attirant les investissements

Études de cas de startups GreenTech à fort impact

En 2025, plusieurs startups africaines se sont distinguées dans l’économie verte, attirant des financements impressionnants. Prenons l’exemple de Spiro, qui a levé 100 millions de dollars en octobre 2025 grâce à Afreximbank et un investisseur privé. En plus de son expansion au Bénin et au Togo, Spiro a installé 50 stations d’échange de batteries à Kigali. Elle s’est également intégrée aux plateformes Uber et Bolt, facilitant ainsi l’adoption de ses motos électriques par un public plus large.

Dans le domaine de l’énergie solaire, Wetility a obtenu 27,8 millions de dollars (500 millions de ZAR) en juin 2025, avec le soutien de Jaltech. Ce financement vise à déployer plus de 16 MW de capacité solaire en Afrique du Sud, tout en réduisant l’émission de 250 000 tonnes de CO2. Wetility cible principalement les ménages et les PME confrontés à des coupures fréquentes du réseau électrique national. De son côté, SolarX a sécurisé 15 millions d’euros de financement par dette via le fonds AFRIGREEN Debt Impact en novembre 2025. Son PDG, Karim Ghammaché, explique :

« La demande en énergie verte croît en Afrique de l’Ouest car le marché devient plus mature. Ce partenariat… nous permet d’améliorer notre compétitivité et notre flexibilité par rapport à nos concurrents. » – Karim Ghammaché, PDG de SolarX

Un autre acteur clé, Maxwell+Spark, a clôturé un tour de table de 15 millions de dollars en série B le 18 novembre 2025, avec des investisseurs tels que Klima, Chevron Technology Ventures et Idemitsu. Cette startup sud-africaine se concentre sur l’électrification de la logistique industrielle en remplaçant les systèmes diesel et les batteries au plomb par des batteries lithium-ion, notamment pour les chariots élévateurs et les systèmes de réfrigération dans le transport.

Ces exemples illustrent comment certaines startups africaines adoptent des approches novatrices pour transformer leurs secteurs respectifs.

Stratégies de croissance des startups GreenTech en Afrique

Ces réussites reposent sur des stratégies bien définies, permettant aux startups de se développer rapidement. Le recours au financement non dilutif est particulièrement prisé pour des projets nécessitant des infrastructures importantes. Ce type de financement, qui représente désormais 41 % des capitaux levés dans l’écosystème technologique africain, est crucial pour les modèles économiques « sans coût initial ».

SolarX, par exemple, mise sur des contrats d’achat d’électricité à long terme pour déployer ses installations solaires dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali et le Burkina Faso. Cela facilite l’accès des entreprises locales à une énergie propre. Wetility, quant à elle, propose des abonnements combinant solaire et batterie pour répondre aux besoins d’un million de clients potentiels. Dawid Swart, directeur financier de Wetility, souligne les avantages de cette stratégie :

« Ce financement débloque la prochaine phase de notre croissance. Il permet à des milliers de propriétaires et PME de bénéficier d’une plus grande prévisibilité, d’un meilleur contrôle et d’économies. » – Dawid Swart, directeur financier de Wetility

L’intégration aux grandes plateformes joue également un rôle clé. Le partenariat de Spiro avec Uber et Bolt a permis à la startup d’accéder rapidement à une vaste clientèle urbaine. Entre mai 2024 et mai 2025, cela a contribué à une augmentation de 40 % du nombre de deux-roues électriques en Afrique.

Ces stratégies combinées montrent comment les startups GreenTech africaines naviguent avec succès dans un marché en pleine évolution, tout en répondant aux besoins croissants en solutions durables.

Opportunités, défis et recommandations

Opportunités dans l’économie verte africaine

L’économie verte en Afrique connaît une dynamique encourageante, avec un tiers des investissements dirigé vers les technologies climatiques. Ce secteur s’est hissé au deuxième rang des pôles d’investissement du continent, juste après la fintech. Au premier semestre 2025, les énergies vertes ont attiré 220 millions de dollars, représentant 20 % du financement total.

Les marchés francophones, comme le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire, se démarquent en offrant des écosystèmes équilibrés et diversifiés, au-delà des marchés traditionnels. Maxime Bayen, partenaire opérationnel chez Catalyst Fund, met en lumière cette tendance :

« Notre thèse dans la région est fermement ancrée dans l’adaptation au changement climatique et la résilience… nous sommes convaincus que la région est particulièrement bien placée pour mener le continent sur ces thèmes climatiques essentiels. » – Maxime Bayen, Partenaire Opérationnel, Catalyst Fund

L’adaptation au changement climatique est un domaine en plein essor, notamment dans l’agriculture de précision et la gestion de l’eau, en réponse aux 611 milliards de dollars de pertes agricoles enregistrées entre 1991 et 2023. De plus, le potentiel en énergies renouvelables du continent est 1 000 fois supérieur à la demande électrique prévue pour 2040, créant un marché largement inexploité pour des solutions durables.

Défis face aux investissements verts en Afrique

Malgré ces opportunités, des obstacles structurels freinent une expansion plus large. L’Afrique ne capte que 2 % des 2 200 milliards de dollars d’investissements mondiaux en énergie propre prévus pour 2025. Le financement public a également diminué, passant de 28 milliards de dollars en 2015 à 20 milliards de dollars en 2024, en grande partie à cause d’une réduction de 85 % des financements chinois.

Une grande partie des investissements reste concentrée sur quelques marchés dominants, laissant de nombreuses régions sous-financées. Les taux d’intérêt élevés et l’instabilité monétaire augmentent le coût du capital, exposant les projets verts à des risques liés aux fluctuations des taux de change. De plus, l’absence de financements en monnaie locale aggrave ces défis pour les startups africaines.

Les inégalités de financement entre les genres sont également frappantes : les startups dirigées par des femmes dans des secteurs comme la mobilité verte et la logistique reçoivent moins de 1 % des financements totaux. Kidus Asfaw, fondateur de Kubik, résume bien ce problème :

« Les investisseurs ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Une grosse part de mon travail a consisté à faire le marketing de notre marché. » – Kidus Asfaw, Fondateur, Kubik

Recommandations pour les investisseurs et les décideurs politiques

Pour surmonter ces obstacles, plusieurs actions concrètes peuvent être envisagées. Les investisseurs devraient explorer des approches alternatives, comme le financement par dette, qui a atteint un record de 1,6 milliard de dollars en 2025. Le modèle de venture studio s’est révélé efficace dans les marchés émergents : en Côte d’Ivoire, Mstudio a représenté 66 % des transactions en phase d’amorçage entre 2023 et 2025.

Les décideurs politiques, quant à eux, pourraient accélérer la mise en place de « Startup Acts » inspirés du modèle sénégalais, afin de clarifier les cadres réglementaires. La digitalisation des démarches administratives et la simplification de la création d’entreprises, comme au Bénin, attirent talents et capitaux internationaux. De plus, l’interopérabilité régionale des systèmes de paiement, soutenue par la BCEAO et la CEMAC, pourrait réduire les coûts des transactions transfrontalières.

Enfin, une diversification sectorielle vers l’agriculture intelligente, la gestion de l’eau et les technologies d’adaptation climatique permettrait de dépasser la domination actuelle de la fintech. Les zones économiques spéciales et les incitations fiscales ciblées renforceraient l’attractivité des projets d’infrastructure verte. Pour limiter l’impact des fluctuations monétaires internationales, il est crucial de développer des mécanismes de financement en monnaie locale.

Conclusion : L’avenir de l’économie verte africaine

L’Afrique évolue rapidement, passant d’une phase de découverte à une phase de certitude dans le domaine de la GreenTech. Les investisseurs ne se concentrent plus uniquement sur l’atténuation des effets du changement climatique, mais s’intéressent de plus en plus à l’adaptation et à la résilience face aux défis environnementaux. Cette dynamique place le continent au cœur de secteurs stratégiques comme l’agriculture régénérative, la mobilité intelligente et la production d’eau atmosphérique.

Les chiffres confirment cette montée en puissance. En 2025, les startups technologiques africaines ont levé 4,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente. Parmi ces financements, les prêts ont atteint un record de 1,6 milliard de dollars, représentant 41 % du capital total. Avec l’intégration de l’intelligence artificielle dans les technologies vertes, des avancées importantes sont attendues dans des domaines comme l’agriculture de précision et les réseaux énergétiques intelligents. Pour réaliser l’objectif ambitieux de 300 GW de capacités renouvelables d’ici 2030, défini par la Déclaration de Nairobi, une coopération étroite entre gouvernements et investisseurs sera essentielle. De plus, la transformation locale des minéraux critiques, dont l’Afrique possède 30 % des réserves mondiales, pourrait accroître leur valeur marchande de 75 %, atteignant 120 milliards de dollars d’ici 2040.

Par ailleurs, certains marchés émergents, notamment dans les pays francophones, se positionnent comme des hubs stratégiques. Le Sénégal, le Bénin et la Côte d’Ivoire se démarquent particulièrement dans les secteurs de la mobilité verte et de la logistique, grâce à des technologies qui surpassent les infrastructures traditionnelles. Ali Mohamed, envoyé spécial pour le climat du Kenya, résume bien la situation :

« Le problème n’est pas l’ambition en Afrique. Le problème est le déficit de financement » – Ali Mohamed, envoyé spécial pour le climat du Kenya

Cette observation met en lumière la nécessité de mécanismes de financement novateurs, de politiques stables et d’une volonté collective pour transformer le potentiel vert du continent en une croissance durable. En 2026, ce ne seront pas seulement les chiffres globaux qui compteront, mais aussi la capacité des startups spécialisées dans l’adaptation climatique à convertir leur élan en écosystèmes solides et pérennes. La clé de l’avenir de l’économie verte africaine résidera dans sa capacité à se développer et à produire un impact durable sur le long terme.

FAQs

Pourquoi l’Afrique ne capte-t-elle que 2 % des investissements mondiaux en énergie propre ?

L’Afrique ne reçoit actuellement que 2 % des investissements mondiaux en énergie propre. Pourquoi une si faible part ? Deux raisons principales se démarquent : une baisse des financements publics, réduits d’un tiers, et un manque notable de financements privés.

Ces obstacles sont aggravés par des infrastructures insuffisantes, qui freinent le développement du secteur. Pourtant, le continent dispose d’un potentiel immense en énergies renouvelables, qu’il s’agisse de l’énergie solaire, éolienne ou hydraulique. Mais ce potentiel reste largement inexploité.

Sans les investissements nécessaires, il devient difficile de transformer ces ressources naturelles en solutions énergétiques concrètes. Résultat : le secteur peine à attirer les fonds indispensables pour se développer et répondre aux besoins croissants en énergie.

Comment les startups GreenTech africaines gèrent-elles le risque de change et les taux élevés ?

Les startups GreenTech africaines cherchent à réduire leur vulnérabilité face aux fluctuations des devises et aux taux d’intérêt élevés en diversifiant leurs sources de financement. En 2025, le recours à l’emprunt a atteint 1,6 milliard de dollars, marquant une progression de 63 %.

Pour gérer ces défis économiques, elles adoptent des approches variées : couverture contre le risque de change, utilisation de devises locales ou stables, et mise en place de modèles économiques capables de résister aux incertitudes du marché. Ces stratégies leur permettent de s’ajuster à un environnement financier en constante évolution.

Quels pays africains offrent aujourd’hui les meilleures opportunités GreenTech hors “big four” ?

En dehors des « big four » (Égypte, Kenya, Nigéria et Afrique du Sud), certains pays comme le Sénégal attirent l’attention grâce à des initiatives prometteuses soutenues par des programmes tels que Greentech Africa 2025. Quant au Kenya, bien qu’il fasse déjà partie des « big four », il continue de jouer un rôle central avec ses levées de fonds considérables et ses projets novateurs dans le domaine des technologies durables.

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Ecrit par Arnaud Makanda

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