Le cash détenu hors du système bancaire nigérian a grimpé à 4,92 trillions de nairas, représentant 89,1 % de la monnaie totale en circulation dans le pays.
Ce chiffre souligne la dépendance persistante de l’économie nigériane à l’égard de l’argent physique, malgré les efforts soutenus de la Banque Centrale du Nigeria (CBN) pour approfondir les paiements électroniques et l’intermédiation financière formelle.
Les données de la CBN révèlent que la monnaie totale en circulation a atteint 5,52 trillions de nairas, avec seulement environ 600 milliards de nairas, soit 10,9 %, restant au sein du secteur bancaire.
Ces chiffres suggèrent qu’une proportion significative de liquidités continue d’être détenue par les ménages, les entreprises et les acteurs de l’économie informelle, plutôt que d’être déposée dans les banques commerciales.
Un Défi Persistant pour l’Économie Nigériane
Bien que la part de la monnaie hors banques ait légèrement diminué par rapport aux sommets précédents (plus de 90 %), les dernières données indiquent la persistance des transactions intensives en espèces, même si l’adoption des paiements numériques s’accélère dans la plus grande économie d’Afrique.
Cette tendance représente un défi pour les décideurs politiques qui cherchent à améliorer la transmission de la politique monétaire, à renforcer l’inclusion financière et à réduire les coûts associés à la gestion des espèces.
Des volumes élevés de monnaie en dehors du système bancaire peuvent également freiner la mobilisation des dépôts et la liquidité des banques, tout en limitant l’efficacité des mesures de resserrement monétaire.
Digitalisation vs. Économie Informelle : Une Lutte Continue
Le Nigeria a connu une croissance rapide des canaux de paiement numérique, portée par les entreprises fintech, la banque mobile et les réseaux de points de vente (PoS).
Cependant, le cash reste le principal moyen d’échange dans une grande partie du secteur informel, qui contribue de manière substantielle à l’activité économique du pays.
Ces derniers chiffres surviennent alors que la CBN poursuit ses réformes visant à améliorer l’efficacité des paiements et à encourager une plus grande utilisation des canaux financiers formels, suite aux perturbations causées par la refonte monétaire et la pénurie de liquidités de 2023.


