La Côte d’Ivoire et le Sénégal s’imposent comme des leaders en Afrique de l’Ouest grâce à des politiques favorables, une stabilité monétaire et des initiatives ciblées. En 2025, ces deux pays ont capté 55 % des financements en capital-risque hors des grands hubs africains (Nigeria, Égypte, Kenya, Afrique du Sud), avec une levée totale de 1,35 milliard de dollars, soit une hausse de 78 % par rapport à l’année précédente.
Points clés :
- Stabilité monétaire : Le franc CFA, arrimé à l’euro, attire les investisseurs en réduisant les risques de change.
- Politiques publiques :
- Le Sénégal : Startup Act depuis 2020, exonérations fiscales, plateforme « Écosystème Startup ».
- Côte d’Ivoire : Fonds d’innovation de 450 milliards de FCFA, pré-label pour projets précoces.
- Secteurs dominants :
- Incubateurs : CTIC Dakar et Jokkolabs au Sénégal, Hub1040 et Seedspace Abidjan en Côte d’Ivoire soutiennent les entrepreneurs avec mentorat et accès aux financements.
Ces efforts conjoints des gouvernements et du secteur privé renforcent l’écosystème entrepreneurial, attirant des capitaux étrangers tout en dynamisant l’économie locale.
Stephanie Assi Durand Bridging the Tech Gap in Francophone Africa
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Politiques gouvernementales et Startup Acts

Comparison of Startup Acts: Senegal vs Côte d’Ivoire
Les Startup Acts du Sénégal et de la Côte d’Ivoire ne se limitent pas à des réductions fiscales. Ils vont plus loin en différenciant les startups innovantes des PME classiques grâce à des mécanismes d’accompagnement spécifiques.
Startup Act du Sénégal : caractéristiques et impact
Le Sénégal a adopté la loi n° 2020-01 le 6 janvier 2020, mais son application complète n’a commencé qu’en février 2025, avec la mise en place de la plateforme numérique « Écosystème Startup » sous la direction du ministre Alioune Sall.
Pour obtenir le label startup, une entreprise doit répondre à plusieurs critères : avoir moins de huit ans d’existence et garantir qu’au moins 33,3 % de son capital est détenu par des Sénégalais ou des résidents (ou 50 % pour les membres de la diaspora). Les avantages incluent :
- Une exonération fiscale de trois ans.
- Une dispense des frais d’enregistrement.
- Des exemptions douanières pour certains équipements de recherche et développement.
- Une marge préférentielle de 5 % dans les appels d’offres publics.
Un des aspects les plus novateurs du dispositif sénégalais est le « congé pour création de startup ». Cette mesure permet aux salariés, qu’ils soient dans le secteur public ou privé, de prendre une année de congé renouvelable une fois pour lancer leur entreprise, avec la garantie de retrouver leur poste en cas d’échec.
« La Startup Act ne transforme pas instantanément l’environnement des affaires, mais elle constitue un signal politique et institutionnel fort. » – Aicha Fall, auteure
La Commission d’Évaluation, d’Appui et de Coordination (CEAC) est chargée de superviser la labellisation et de mesurer l’impact socio-économique, en suivant des objectifs comme la création d’emplois et le développement des startups d’ici 2034.
Startup Act de la Côte d’Ivoire : mise en œuvre et opportunités
Alors que le Sénégal se distingue avec des mesures comme le congé pour création de startup, la Côte d’Ivoire mise sur une approche adaptée à son contexte local, notamment avec l’introduction du pré-label pour les projets en phase précoce.
Adoptée via la loi n° 2023-901 en janvier 2024, la Côte d’Ivoire s’inspire du modèle sénégalais tout en y apportant des ajustements. Par exemple, elle impose une participation majoritaire (plus de 50 %) du capital par des nationaux, un seuil plus élevé que celui du Sénégal. Le label startup est attribué pour une durée maximale de cinq ans, offrant une période clé pour le développement des entreprises.
L’innovation majeure ivoirienne réside dans le pré-label, conçu pour les projets en phase initiale, comme un prototype ou un MVP. Valable un an et renouvelable une fois, ce statut permet aux entrepreneurs de bénéficier d’un soutien avant de remplir tous les critères du label complet.
Pour rendre cette loi opérationnelle, le gouvernement ivoirien a lancé des initiatives ambitieuses comme PEPITE2030 (Programme pour l’Élite des TPE/PME ivoiriennes) et Startup Boost Capital.
| Critère | Sénégal (Loi 2020-01) | Côte d’Ivoire (Loi 2023-901) |
|---|---|---|
| Participation locale | Minimum 33,3 % | Majorité (>50 %) |
| Âge limite | Moins de 8 ans | Non spécifié (label valable 5 ans) |
| Exonération fiscale | 3 ans d’impôt sur les sociétés | Mesures définies par décret |
| Marchés publics | Marge préférentielle de 5 % | Marchés réservés spécifiques |
| Avantage unique | Congé startup pour salariés | Pré-label pour projets précoces |
Incubateurs et accélérateurs dans les deux pays
Les incubateurs et accélérateurs jouent un rôle central en transformant les politiques publiques en initiatives concrètes. Ces structures apportent aux startups un espace de travail collaboratif, un accompagnement stratégique, des formations spécialisées et un accès privilégié aux financements ainsi qu’aux marchés internationaux.
Programmes phares du Sénégal
Le CTIC Dakar, fondé en 2011 grâce au soutien de la Banque mondiale et de l’IFC, est le premier incubateur de startups en Afrique subsaharienne francophone. Axé sur les technologies de l’information et de la communication, il propose un accompagnement structuré en trois étapes : pré-incubation (BuntuTeki), validation de prototypes et incubation complète.
Depuis son lancement, le CTIC Dakar a formé plus de 3 500 porteurs de projets et soutenu plus de 200 entreprises. Ensemble, ces startups ont généré un chiffre d’affaires cumulé de plus de 5,6 milliards de FCFA (environ 8,5 millions d’euros) et levé 683 millions de FCFA en fonds propres.
Mohamed Diallo, fondateur de By Filling, souligne : « Être incubé au CTIC, c’est pouvoir faire partie d’un système et d’un écosystème qui définit le tempo numérique de l’Afrique francophone. »
Un autre acteur clé, Jokkolabs, a su élargir son modèle d’incubation et de coworking au-delà des frontières sénégalaises, en s’implantant dans huit autres pays africains. Cette expansion a permis la création d’un réseau technologique francophone transfrontalier.
Principaux incubateurs de la Côte d’Ivoire
En Côte d’Ivoire, des structures similaires ont vu le jour pour encourager l’innovation locale. Hub1040 et Seedspace Abidjan figurent parmi les principaux acteurs, offrant mentorat et accès aux financements. Ces incubateurs fournissent également un soutien administratif, comptable et fiscal, essentiel pour préparer les startups à attirer des investisseurs.
L’un des atouts majeurs de ces initiatives est leur capacité à briser l’isolement des entrepreneurs. Elles rassemblent une communauté d’innovateurs, favorisant les échanges pratiques et les connexions stratégiques. De plus, elles ouvrent des opportunités d’internationalisation, permettant aux startups de s’étendre au-delà des frontières ivoiriennes.
Histoires de réussite en fintech et agritech
Les startups jouent un rôle clé dans la transformation numérique, en apportant des solutions concrètes à des problèmes spécifiques tout en enregistrant une croissance rapide. Parmi elles, les secteurs de la fintech et de l’agritech se démarquent par leur capacité à répondre aux besoins locaux et à attirer des investissements importants.
Wave : la licorne fintech du Sénégal

Wave Mobile Money, première licorne francophone d’Afrique, a atteint une valorisation impressionnante de 1,7 milliard de dollars après une levée de fonds de 200 millions de dollars en série A. Fondée par Drew Durbin et Lincoln Quirk, cette startup dessert aujourd’hui plus de 50 % de la population sénégalaise, soit environ 8,5 millions d’utilisateurs.
Le 23 janvier 2026, Wave a marqué un tournant avec le lancement d’une carte de paiement virtuelle au Sénégal, en collaboration avec Visa et Ecobank. Cette carte permet d’effectuer des achats en ligne – e-commerce, streaming, billetterie – directement via l’application, sans démarches complexes. Émise instantanément, elle respecte les normes de sécurité internationales établies par Visa.
« Cette carte virtuelle constitue une étape clé dans la stratégie de l’entreprise. Les utilisateurs peuvent désormais effectuer leurs achats en ligne avec la même simplicité que leurs transactions habituelles. » – Malick Gueye, Directeur Général de Wave Sénégal
Cette innovation répond à un défi majeur dans un pays où la majorité de la population n’a pas accès aux services bancaires traditionnels. Avec des frais de transaction plafonnés à 1 %, Wave offre une alternative économique et pratique aux banques classiques.
Alors que le Sénégal illustre son dynamisme en fintech, la Côte d’Ivoire se distingue également par ses avancées dans les secteurs de la fintech et de l’agritech.
Startups fintech et agritech de la Côte d’Ivoire
Djamo, une startup basée à Abidjan, a réalisé une levée de fonds de 17 millions de dollars en 2025, établissant un record pour les fintechs d’Afrique de l’Ouest cette année-là. Avec plus d’un million d’utilisateurs et une licence de microfinance, Djamo est aujourd’hui le principal émetteur de cartes bancaires en Côte d’Ivoire.
Dans l’agritech, des initiatives comme celles de Jool et Cool Lion transforment le secteur agricole. Jool, par exemple, utilise des drones pour introduire l’agriculture de précision, remplaçant des méthodes traditionnelles souvent inefficaces. De son côté, Cool Lion propose des solutions de stockage frigorifique accessibles et simples à installer, ce qui aide à prolonger la conservation des produits agricoles tout en réduisant les pertes post-récolte. Ces innovations prennent une importance particulière dans un pays qui produit 40 % du cacao mondial. La digitalisation de la chaîne d’approvisionnement permet en effet de collecter des données précises, ouvrant la voie à des prêts agri-fintech basés sur des rendements réels plutôt que sur des estimations.
Côte d’Ivoire vs Sénégal : comparaison des écosystèmes
En examinant les politiques nationales et les structures d’accompagnement, on constate des différences marquées entre les écosystèmes ivoirien et sénégalais. Le Sénégal mise sur une forte intervention étatique, notamment avec des initiatives comme la Délégation à l’Entrepreneuriat Rapide (DER) et l’adoption d’un Startup Act. De son côté, la Côte d’Ivoire a suivi une trajectoire plus organique, principalement portée par le secteur privé, bien que des réformes gouvernementales récentes visent à améliorer le climat des affaires. Ces stratégies distinctes reflètent les spécificités de chaque pays et les choix décrits précédemment.
« L’intervention forte du gouvernement pour renforcer l’écosystème entrepreneurial du Sénégal a commencé il y a 5 ans avec la création de la DER. Cette intervention gouvernementale a été un succès et a définitivement élevé l’écosystème à un nouveau stade de maturité. » – Carine Vavasseur, CEO, Ignite.E
Ces approches divergentes se traduisent également dans les classements internationaux : le Sénégal est positionné à la 92e place mondiale dans le Global Startup Ecosystem Index 2025 et à la 10e place en Afrique, tandis que la Côte d’Ivoire reste en dehors du top 13 africain.
Métriques comparatives
| Critère | Sénégal | Côte d’Ivoire |
|---|---|---|
| Classement mondial | 92e position | Hors du top 100 |
| Classement africain | 10e position | Hors du top 13 |
| Hub principal | Dakar | Abidjan |
| Actionneur principal | Gouvernemental (DER, ADEPME) | Secteur privé, dynamique organique |
| Réussite emblématique | Wave (1,7 milliard $) | Fintech et agritech émergentes |
| Politique clé | Startup Act établi | Réformes en cours |
Ces données mettent en lumière des dynamiques complémentaires mais aussi des défis communs, notamment en ce qui concerne le financement. Les deux écosystèmes souffrent d’un manque de financement local, obligeant les startups à se tourner vers des investisseurs étrangers pour se développer. Cette tendance s’inscrit dans un contexte régional où les investisseurs privilégient désormais des entreprises offrant des flux de trésorerie stables et une rentabilité accrue.
Tendances d’investissement et croissance du financement
Au cours du premier semestre 2025, le financement technologique en Afrique a connu une augmentation de 78 %, atteignant un montant impressionnant de 1,35 milliard de dollars. Cette progression met en lumière le dynamisme des écosystèmes de la Côte d’Ivoire et du Sénégal. Ces deux pays, grâce à la stabilité du franc CFA, attirent de plus en plus d’investissements, évitant ainsi les fluctuations monétaires qui touchent d’autres régions du continent. Cette évolution témoigne d’une transition vers des mécanismes de financement mieux structurés, notamment dans les domaines du capital-risque et de la dette.
Les financements se concentrent désormais sur des projets de plus grande envergure. Par exemple, en 2025, Djamo, une startup ivoirienne, a levé 17 millions de dollars, établissant un record pour le capital-risque dans le pays. De son côté, Wave Mobile Money, basé au Sénégal, a obtenu 137 millions de dollars en financement par dette, soutenu par des institutions comme Finnfund, Norfund et British International Investment (BII). Ces exemples illustrent un changement notable : les subventions laissent place à des financements en capital-risque et en dette, avec un triplement du volume d’equity en seulement cinq ans.
En parallèle, les investisseurs commencent à s’intéresser à des secteurs au-delà de la fintech, qui reste toutefois dominante avec 45 % des financements totaux au premier semestre 2025. Des domaines comme la healthtech et la mobilité gagnent en popularité. Par exemple, Kera Health Platforms au Sénégal a bénéficié d’un investissement de 10 millions de dollars de la Société Financière Internationale (IFC), tandis que Gozem a levé 30 millions de dollars en série B pour étendre ses activités en Afrique de l’Ouest francophone. Cette diversification traduit une préférence croissante pour des modèles B2B et des solutions logistiques.
Programmes internationaux et investissements globaux
Les institutions de financement du développement jouent un rôle clé en attirant des capitaux privés pour renforcer les écosystèmes locaux. En février 2026, la Banque Africaine de Développement (BAD) a approuvé un investissement de 6,5 millions d’euros dans le fonds Saviu II, incluant une tranche de première perte de 2 millions d’euros pour réduire les risques encourus par les investisseurs privés. Ce fonds, qui a atteint une deuxième clôture de 25 millions d’euros début 2025 grâce à des partenaires comme Proparco, Triple Jump et AXIAN, cible les startups B2B d’Afrique de l’Ouest francophone avec des financements allant de 500 000 à 3 millions d’euros.
La Côte d’Ivoire n’est pas en reste et déploie des initiatives ambitieuses. En mars 2026, le Programme d’Appui à l’Écosystème des Startups, dirigé par le ministre Mamadou Touré, a été lancé en partenariat avec Cdc-CI Capital et le projet Pccet soutenu par la Banque mondiale. En 2025, ce programme a accompagné 118 startups et organisé une immersion à Station F à Paris, offrant aux entrepreneurs ivoiriens l’opportunité d’accéder à des réseaux internationaux. Par ailleurs, plus de 40 % des financements levés au premier semestre 2025 proviennent de fonds panafricains ou de family offices locaux, renforçant ainsi l’autonomie de l’écosystème.
Les universités et les gouvernements comme moteurs d’innovation
Incubateurs universitaires et centres de recherche
Les universités occupent une place de plus en plus importante dans le développement des écosystèmes technologiques en Côte d’Ivoire et au Sénégal, bien que certains obstacles subsistent. En Côte d’Ivoire, l’Institut National Polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INP-HB) a établi des partenariats avec Hub Ivoire Tech pour soutenir la croissance technologique. Le Data Science Institute, fruit d’une collaboration entre le gouvernement, des entreprises privées comme Orange et Société Générale, et des institutions françaises, s’est donné pour mission de former des experts en intelligence artificielle et big data.
Au Sénégal, le pays s’impose comme un pôle d’attraction pour les talents de toute la région, garantissant un apport régulier de diplômés compétents dans le domaine technologique. Le Parc Scientifique et Technologique de Diamniadio est devenu un pilier central du « New Deal technologique » sénégalais depuis 2025, offrant une infrastructure clé pour stimuler l’innovation.
Cependant, en Côte d’Ivoire, le développement universitaire est freiné par un manque de programmes entrepreneuriaux solides. Ce « plafond de verre » empêche souvent les entrepreneurs locaux de transformer leurs idées en entreprises viables et attractives pour les investisseurs. Une réforme des cursus, intégrant davantage de modules axés sur l’entrepreneuriat, est donc essentielle. Bien que les universités fournissent une base technique, les gouvernements jouent un rôle crucial en transformant ces compétences en innovations concrètes.
Programmes d’innovation financés par les gouvernements
Les gouvernements de ces deux pays mettent en place des initiatives qui transforment progressivement le paysage entrepreneurial. En novembre 2025, le ministre sénégalais Alioune Sall a inauguré la plateforme « Écosystème Startup », conçue pour compléter l’action des universités en offrant un accompagnement pratique aux startups labellisées.
En Côte d’Ivoire, un fonds d’innovation de 450 milliards de francs CFA (environ 686 millions d’euros) a été annoncé en 2025, avec un soutien complémentaire de 550 millions de dollars provenant des États-Unis. Le gouvernement exploite également des infrastructures publiques numériques comme e-Impôts et des plateformes de facturation électronique, jouant le rôle de client principal pour valider et promouvoir les solutions technologiques locales. Le programme Startup Boost Capital, doté d’un budget annuel de 1,5 million de dollars, vise à générer 2 000 emplois en seulement deux ans.
« Le Sénégal est dans une catégorie à part ; c’est un pays plus ouvert, avec un environnement favorable aux jeunes entrepreneurs. » – Rebecca Enonchong, cofondatrice, African Business Angel Network
En combinant les efforts des universités et des gouvernements, ces initiatives créent un écosystème dynamique et compétitif. Cela renforce la position de la Côte d’Ivoire et du Sénégal en tant que leaders de l’innovation technologique en Afrique francophone.
Conclusion
La Côte d’Ivoire et le Sénégal se positionnent comme des moteurs clés de l’innovation en Afrique francophone, grâce à des initiatives audacieuses et des infrastructures renforcées. L’adoption du Startup Act sénégalais en novembre 2025 et la création d’un fonds d’innovation ivoirien de 450 milliards de francs CFA ont ouvert la voie à un écosystème entrepreneurial dynamique. En parallèle, des infrastructures comme les 33 140 km de fibre optique ou le Parc Scientifique de Diamniadio viennent solidifier ces bases .
Le franc CFA, souvent critiqué, s’est révélé être un atout stratégique. Alors que le naira perdait plus de 40 % de sa valeur face au dollar entre 2023 et 2024, l’ancrage à l’euro a permis de préserver les rendements des investisseurs et d’attirer des capitaux. En dépit d’une baisse de 30 % des financements sur le continent africain en 2023, l’Afrique francophone a enregistré une augmentation de 15 % du nombre de transactions.
Des réussites comme celles de Wave, valorisée à 1,7 milliard de dollars, ou de Djamo, qui a levé 17 millions de dollars en 2025, confirment la vitalité de ces écosystèmes . L’intégration régionale via l’UEMOA, où la Côte d’Ivoire représente 40 % du PIB, offre aux startups une plateforme de croissance sans les barrières des frontières nationales.
« La transformation numérique peut générer 2 000 à 3 500 milliards de francs CFA supplémentaires. » – Ibrahim Kalil Konaté, ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Côte d’Ivoire
Ces progrès ouvrent la voie à un avenir encore plus dynamique pour l’Afrique francophone. Le retour de talents issus de la diaspora, l’émergence de modèles comme les venture studios, et l’accent mis sur des secteurs tels que le B2B et la logistique témoignent de la maturité croissante de ces marchés. Avec 66 fusions-acquisitions enregistrées en 2025, soit une hausse de 69 % en un an, la région affiche une belle dynamique. Ces initiatives illustrent comment des politiques adaptées et des investissements ciblés peuvent transformer l’innovation en un levier de développement, offrant un exemple inspirant pour d’autres pays de la région.
FAQs
Comment une startup peut-elle obtenir le label Startup au Sénégal ou en Côte d’Ivoire ?
Au Sénégal, pour qu’une entreprise puisse obtenir le label "Startup", elle doit répondre aux exigences fixées par la loi encadrant l’écosystème startup. Ces critères incluent principalement l’innovation et la conformité réglementaire. Pour simplifier les démarches, un portail en ligne a été mis en place, permettant aux entrepreneurs de gérer les formalités administratives plus facilement.
En Côte d’Ivoire, la loi de 2024 introduit des conditions similaires. Les entreprises doivent prouver leur capacité à innover, notamment en développant des technologies nouvelles ou en introduisant des produits ou procédés inédits. Une évaluation est ensuite réalisée par un organisme spécialisé pour valider leur éligibilité.
Ces approches visent à encourager la création et le développement de startups dans ces pays, tout en valorisant l’innovation comme moteur de croissance économique.
Pourquoi le franc CFA rassure-t-il autant les investisseurs étrangers ?
Le franc CFA inspire confiance aux investisseurs étrangers grâce à sa garantie par la France et à son taux de change fixe avec l’euro. Cette stabilité monétaire joue un rôle clé en renforçant la confiance et la crédibilité économique des pays qui l’utilisent. Cependant, il suscite des critiques, notamment en raison de son influence sur la souveraineté des nations concernées.
Quels secteurs hors fintech offrent les meilleures opportunités en 2025–2026 ?
D’autres secteurs montrent un fort potentiel pour les années à venir, notamment la santé numérique, la logistique urbaine, les technologies agricoles et l’énergie propre.
Ces domaines suscitent un intérêt croissant parmi les investisseurs, non seulement pour leurs perspectives de croissance, mais aussi pour leur capacité à répondre à des défis globaux. Que ce soit en révolutionnant les soins de santé, en optimisant les chaînes logistiques dans les villes, en modernisant l’agriculture ou en développant des solutions énergétiques durables, ces industries continuent de progresser et d’attirer les regards.
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