Le Nigeria a dévoilé un nouveau service de réseau social appelé LekeeLekee, créé par l’équipe derrière le groupe médiatique ARISE et THISDAY. Son lancement officiel a été annoncé le 2 février.
Introduction
Commercialisée comme une alternative locale aux grandes plateformes internationales, elle se concentre sur la promotion de l’indépendance numérique, des opportunités économiques et d’une gouvernance façonnée par la communauté.
Mettre fin à la dépendance vis-à-vis des géants technologiques étrangers
Les développeurs de LekeeLekee présentent la plateforme comme une solution à la dépendance de l’Afrique à l’égard des services de médias sociaux contrôlés par des entreprises américaines et chinoises.
Ils soutiennent que cette dépendance expose les utilisateurs africains à des règles, des algorithmes et des modèles de monétisation étrangers. LekeeLekee vise à offrir une option locale qui s’aligne sur les priorités et les valeurs culturelles propres au continent.
Un modèle de revenus équitable pour les créateurs africains
Un aspect clé de LekeeLekee est son modèle de revenus, conçu pour permettre aux créateurs de contenu et aux entreprises de gagner directement de leurs contributions. Ce système cherche à résoudre les difficultés que rencontrent souvent les créateurs africains avec des structures de paiement limitées ou restrictives sur les plateformes de médias sociaux détenues par des étrangers.
LekeeLekee prévoit de mettre en œuvre des directives de modération de contenu spécifiquement adaptées aux contextes africains. Ses créateurs affirment que les politiques élaborées dans des lieux comme la Silicon Valley ou Pékin ne reflètent pas toujours les réalités culturelles et politiques du continent.
En créant son propre cadre, la plateforme cherche à répondre aux exigences locales tout en restant connectée à un public mondial.
Favoriser l’indépendance numérique et l’innovation
Au-delà de son utilisation pratique, LekeeLekee est positionné comme une étape vers la réduction de la dépendance de l’Afrique à l’égard des sociétés technologiques étrangères. Les partisans estiment qu’une plus grande indépendance numérique pourrait renforcer l’influence du continent dans les discussions tech internationales et favoriser une innovation accrue à travers l’Afrique.
Leçons du passé : l’histoire des réseaux sociaux africains
LekeeLekee s’inscrit dans l’histoire des entreprises de médias sociaux africaines. Le Mxit sud-africain, une plateforme majeure dans les années 2000, a fermé en 2015 après avoir été dépassé par WhatsApp et Facebook.
Une autre création sud-africaine, 2go, développée par Alan Wolff et Ashley Peter, a gagné en popularité auprès des jeunes utilisateurs au début des années 2010, mais a finalement décliné.
Plus récemment, des plateformes soutenues par des télécoms comme Ayoba, développée par le MTN Group en Afrique du Sud, ont attiré des millions d’utilisateurs en combinant messagerie, musique et services localisés, atteignant 35 millions d’utilisateurs actifs mensuels en décembre 2023.
La GSMA rapporte qu’en 2024, 416 millions de personnes en Afrique subsaharienne (environ 28 % de la population) utilisaient l’internet mobile, avec des projections atteignant 576 millions, soit 33 %, d’ici 2030. À l’échelle mondiale, le nombre d’utilisateurs de médias sociaux s’élevait à 5,66 milliards en octobre 2025, selon DataReportal.
Conclusion
En comparaison, l’Afrique comptait 384 millions d’utilisateurs de médias sociaux en 2022, son chiffre continental le plus récent, illustrant une part croissante mais relativement plus petite du marché numérique mondial.
Dans ce contexte de croissance rapide, LekeeLekee incarne la volonté de l’Afrique de prendre le contrôle de sa propre destinée numérique.


