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Sénégal vs Maroc : Écosystèmes Startups Tech en Afrique

Le Sénégal et le Maroc attirent l’attention ces derniers temps – non seulement dans le sport, où le Sénégal a battu le Maroc hôte lors de la finale dramatique de la CAN 2025, mais aussi dans l’arène technologique.

Introduction

Ces deux nations, l’une en Afrique de l’Ouest et l’autre en Afrique du Nord, émergent comme des puissances de startups sur le continent. L’écosystème de chaque pays possède des forces et des stratégies distinctes.

Cet article compare les paysages de startups du Sénégal et du Maroc, en soulignant les forces uniques de leurs écosystèmes, les initiatives gouvernementales, les startups clés, les tendances de financement, l’infrastructure numérique, et la manière dont chacun se positionne aux niveaux régional et mondial.

Aperçu de l’Écosystème

Sénégal : En Afrique de l’Ouest, le Sénégal est devenu un hub technologique de premier plan en Afrique francophone.

Dakar – la capitale – est le point focal de l’écosystème et a récemment acquis une reconnaissance mondiale. En 2025, le Sénégal s’est classé 92e mondial dans l’indice d’écosystème de StartupBlink.

Il a également intégré le top 10 des pays africains en matière de startups ces dernières années, reflétant des progrès rapides. Notamment, Dakar a bondi de 155 places dans les classements mondiaux des villes en 2023, signalant une dynamique.

L’écosystème sénégalais est de taille relativement petite (population d’environ 18 millions d’habitants) mais surperforme, surtout après avoir produit la première licorne d’Afrique francophone.

Les startups du pays se concentrent souvent sur la Fintech, la logistique et les services mobiles – tirant parti d’une population jeune et entrepreneuriale et d’une utilisation élevée des téléphones mobiles.

Maroc : L’écosystème de startups du Maroc est l’un des plus solides d’Afrique du Nord. Avec une population deux fois supérieure à celle du Sénégal et une économie diversifiée, le Maroc constitue un pont stable entre les marchés africains, européens et du Moyen-Orient.

En 2025, le Maroc s’est classé 88e mondial dans l’indice de StartupBlink (s’améliorant par rapport à la 92e place l’année précédente).

Il se positionne désormais au 9e rang en Afrique, devant le Sénégal. Casablanca est le hub d’innovation, représentant la part du lion de l’activité – elle a gagné 42 places pour atteindre la 317e position mondiale parmi les villes.

Rabat et d’autres villes comme Marrakech sont également des centres de startups en croissance. L’écosystème marocain bénéficie de sa proximité avec l’Europe, d’un bassin de talents multilingues (arabe/français et de plus en plus anglais), et d’une infrastructure relativement avancée.

Les secteurs clés incluent l’e-commerce, la Fintech et les services B2B, les startups cherchant souvent à se développer au-delà des frontières nationales.

Tendances de Financement et d’Investissement

Les deux pays ont connu une croissance des investissements en capital-risque, bien que selon des schémas différents.

Sénégal : Le financement en capital-risque au Sénégal a bondi après la levée de 200 millions de dollars en 2021 par la Fintech Wave – la plus grande série A jamais réalisée en Afrique, qui a évalué Wave à 1,7 milliard de dollars.

Cette seule transaction a repositionné le Sénégal comme une destination de premier plan en Afrique de l’Ouest. En 2021, le Sénégal a attiré plus de 211 millions de dollars en capital privé, 5 fois le montant de l’année précédente, en grande partie grâce à Wave.

Depuis lors, les investissements se sont poursuivis dans d’autres startups (Fintech, logistique, énergie solaire, etc.), bien que le financement annuel global reste modéré par rapport aux écosystèmes plus importants.

En 2024, les startups sénégalaises avaient levé des centaines de millions cumulativement, et le pays a prouvé qu’il pouvait générer des transactions importantes.

Par exemple, Wave a ensuite obtenu 117 millions d’euros (environ 137 millions de dollars) en financement par emprunt en 2025 pour alimenter son expansion, démontrant la confiance des investisseurs dans l’écosystème.

Maroc : Le paysage du financement au Maroc a été stable et en croissance. En 2024, les startups marocaines ont levé environ 95 millions de dollars de financement, reflétant un intérêt sain des investisseurs.

L’écosystème a connu des sorties et des transactions notables : la startup Health-tech DabaDoc a été acquise par une multinationale (le géant des télécoms Orange) en 2021, et la startup e-commerce WaystoCap avait déjà réalisé une sortie réussie.

L’activité de capital-risque s’étend des accélérateurs (par exemple, Y Combinator a soutenu trois startups marocaines) aux fonds locaux.

Un exemple de cette dynamique est Terraa, une plateforme de distribution alimentaire B2B qui a levé un montant record de 1,5 million de dollars lors d’un tour de pré-amorçage en 2023.

Parallèlement, les startups Fintech et de commerce de détail ont connu une croissance rapide. Bien que le Maroc n’ait pas encore produit de licorne, le financement cumulé de l’écosystème et les multiples succès de taille moyenne signalent un climat d’investissement robuste.

Soutien et Initiatives Gouvernementales

Gouvernement du Sénégal : Le gouvernement sénégalais a été proactif dans le développement des startups. Il a adopté une loi sur les startups (Startup Act) en décembre 2019 (la deuxième en Afrique après la Tunisie) pour créer un cadre juridique favorable.

Cependant, ce n’est qu’à la fin de 2025 que le Sénégal a pleinement activé cette loi en lançant le programme « Écosystème Startup ».

Cette initiative vise à certifier plus de 500 startups et à créer 150 000 emplois d’ici 2034. Les startups certifiées bénéficient d’incitations telles que des allégements fiscaux, des exonérations de droits de douane sur les équipements et une priorité dans les marchés publics.

Le programme, qui fait partie d’un « New Deal Technologique » dans le cadre du plan de développement national, offre également des formations et un portail unique en ligne pour l’enregistrement des startups.

Au-delà du Startup Act, le gouvernement sénégalais a soutenu la technologie par le biais d’agences de financement (par exemple, DER/FJ pour l’entrepreneuriat des jeunes) et de plans de stratégie numérique (comme Sénégal Numérique 2025).

Ces efforts signalent une reconnaissance aux plus hauts niveaux que l’innovation et l’entrepreneuriat sont essentiels à la croissance économique.

Gouvernement du Maroc : Le gouvernement marocain nourrit également activement sa scène de startups. Les autorités ont mis en œuvre des exonérations fiscales ciblées pour les startups et des programmes de soutien aux PME (Maroc PME).

En 2022, le Maroc a dévoilé « MoroccoTech » – une marque numérique nationale pour promouvoir son secteur technologique à l’échelle mondiale. Une stratégie Maroc Numérique 2030 a suivi, soutenue par environ 24 millions de dollars de financement pour les startups afin de se développer à l’international.

Les fonds de capital-risque et les programmes soutenus par l’État jouent un rôle : Maroc Numeric Fund (un fonds d’amorçage public-privé) et le Fonds Innov Invest (soutenu par la Banque Mondiale/UE) offrent des financements aux entreprises en phase de démarrage.

Le pays dispose également d’institutions d’innovation de classe mondiale comme UM6P Ventures, liée à une université de premier plan et gérant des fonds pour l’incubation de startups.

Des hubs technologiques et des incubateurs tels que le Technopark de Casablanca et Impact Lab renforcent davantage l’écosystème.

Les politiques de soutien du gouvernement, combinées à une politique stable, ont fait du Maroc une base attrayante pour les entrepreneurs visant les marchés nord-africains.

Des défis subsistent (par exemple, la bureaucratie et les lacunes de financement), mais la dynamique politique est clairement positive.

Infrastructure et Maturité Numérique

Une infrastructure numérique solide est l’épine dorsale de tout écosystème de startups, et ici le Maroc détient un avantage notable en matière de connectivité, tandis que le Sénégal tire parti des tendances de la technologie mobile :

Pénétration d’Internet et du Mobile : Le Maroc bénéficie de l’un des taux de pénétration d’Internet les plus élevés d’Afrique – environ 92 % des Marocains (35,3 millions de personnes) étaient en ligne début 2025.

L’utilisation du téléphone mobile est omniprésente (143 % de pénétration des abonnements mobiles) et la couverture haut débit est étendue.

En revanche, le Sénégal compte environ 60 % d’utilisateurs d’Internet (11,3 millions d’utilisateurs) en 2025, ce qui est supérieur à la moyenne africaine (environ 39 %) mais laisse encore une population significative hors ligne.

Cela dit, le Sénégal dispose d’une couverture de réseau mobile quasi universelle – 98 % de couverture 4G au niveau national – et est un leader dans l’adoption du mobile money. Le succès de services comme Wave, qui a atteint 75 % des adultes sénégalais en 2023, souligne comment la finance numérique peut se propager même là où l’accès à Internet est en retard.

Infrastructure Numérique : Les deux pays ont investi dans l’infrastructure TIC. Le Maroc dispose d’un haut débit fixe et d’une capacité de centres de données mieux développés (plusieurs grands centres de données, parcs technologiques et une électricité fiable dans les zones urbaines).

Le Sénégal est en train de rattraper son retard, avec des projets comme la Ville Numérique de Diamniadio près de Dakar et une connectivité internationale améliorée (plusieurs câbles sous-marins atterrissent au Sénégal, assurant de bonnes connexions Internet en amont).

La résilience globale d’Internet au Sénégal est évaluée à « moyenne » (score de 46 %) par l’Internet Society.

Le Maroc se classe généralement plus haut dans les indices TIC, reflétant son secteur des télécommunications plus mature et ses taux d’alphabétisation plus élevés.

Il est important de noter que les deux pays sont conscients de la fracture numérique et ont des programmes pour stimuler la connectivité rurale et les compétences numériques.

Par exemple, le Maroc déploie le haut débit rural et le Sénégal a récemment annoncé des initiatives d’Internet par satellite pour atteindre les zones reculées.

Facilitateurs d’Écosystème : Les espaces de coworking, les hubs technologiques et les événements offrent un soutien vital.

Dakar abrite des hubs comme CTIC Dakar et Impact Dakar, tandis que Casablanca/Rabat accueillent le Technopark, La Factory, et d’autres. Notamment, le Maroc a accueilli la première conférence technologique GITEX Africa en 2023, attirant des startups et des investisseurs mondiaux à Marrakech.

De tels événements augmentent la visibilité et le réseautage. Globalement, la maturité numérique du Maroc (de l’accès à Internet aux systèmes de paiement) offre à ses startups une large base pour l’expansion, tandis que les startups du Sénégal excellent à innover autour de la réalité « mobile-first » de l’Afrique de l’Ouest.

Startups et Innovateurs Clés

Chaque écosystème a produit des startups remarquables qui illustrent ses forces. Voici quelques entreprises notables :

Wave (Sénégal) : Une licorne Fintech offrant des services de mobile money à très faible coût. Wave a levé 200 millions de dollars avec une valorisation de 1,7 milliard de dollars, en faisant la première licorne d’Afrique francophone.

Elle compte plus de 20 millions d’utilisateurs en Afrique de l’Ouest et a bousculé les acteurs établis en réduisant considérablement les frais de transfert et de paiement.

Paps (Sénégal) : Une startup de logistique et de livraison du dernier kilomètre fondée en 2016. Paps fournit des services de livraison e-commerce, de suivi de colis et d’exécution au Sénégal et en Côte d’Ivoire.

Elle a levé un tour de 4,5 millions de dollars pour étendre sa solution de logistique basée sur la technologie à travers l’Afrique francophone, améliorant ainsi l’infrastructure e-commerce dans la région.

Chari (Maroc) : Une plateforme d’e-commerce B2B qui permet aux petits commerces de quartier de s’approvisionner facilement en ligne. Chari a attiré l’attention internationale après avoir atteint une valorisation de 100 millions de dollars en 2022 lors d’un tour de financement intermédiaire.

Elle rationalise les chaînes d’approvisionnement pour des milliers de propriétaires de hanout (épiceries) marocains et s’est même étendue en acquérant un fournisseur de crédit pour offrir des services de paiement différé (buy-now-pay-later) aux détaillants.

Nuitée (Maroc) : Une startup Travel-tech fondée par des entrepreneurs marocains (avec une empreinte mondiale). Nuitée construit une infrastructure API pour les réservations d’hôtels – essentiellement un « Stripe pour le voyage ».

L’entreprise a été autofinancée jusqu’à ce qu’elle lève une série A de 48 millions de dollars fin 2024 menée par Accel. La plateforme de Nuitée connecte les agences de voyage et les applications à l’inventaire hôtelier mondial, démontrant comment les startups fondées au Maroc peuvent rivaliser sur la scène mondiale dans des secteurs de niche.

Yobante Express (Sénégal) : Une place de marché logistique connectant des coursiers indépendants avec des entreprises pour la livraison de colis à travers l’Afrique de l’Ouest. Fondée en 2018, Yobante Express contribue à formaliser le transport et s’est étendue au-delà du Sénégal.

Elle figurait parmi les startups sénégalaises les mieux financées en 2022 (aux côtés de Wave, des startups solaires comme Baobab+ et Oolu, et Paps).

DabaDoc (Maroc) : Une plateforme Health-tech qui permet aux patients de trouver et de prendre rendez-vous avec des médecins en ligne. Lancée au Maroc et en Tunisie, le succès de DabaDoc a conduit à une acquisition de participation majoritaire par Orange en 2021.

Conclusion

Cela a marqué une sortie très médiatisée et a montré le potentiel des startups marocaines dans la numérisation des soins de santé.

(Ce ne sont là que quelques exemples – les deux pays comptent de nombreuses autres startups prometteuses couvrant la Fintech, l’e-commerce, l’e-learning, l’énergie et l’agritech.)

Ecrit par Eya Rziga

SEO Copywriter 🖋Fashion and Tech Journalist | PR | Content Creator ⌨ | Digital Marketer in permanent beta.

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