Le réseau de paiements instantanés du Kenya, Pesalink, vient de franchir une étape historique en s’intégrant au Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS).
Cette connexion stratégique relie désormais plus de 240 institutions financières à travers le continent, ouvrant la voie à une ère de transactions simplifiées et décentralisées du dollar américain.
Introduction
Le partenariat entre Pesalink et le PAPSS permet aux banques et aux opérateurs de mobile money au Kenya de recevoir des transferts transfrontaliers directement en monnaie locale.
Jusqu’à présent, les paiements intra-africains étaient réputés pour leur lenteur et leur coût élevé, dépendant largement de banques correspondantes situées hors du continent, souvent en Europe ou aux États-Unis.
Une alternative majeure aux devises étrangères
Traditionnellement, envoyer de l’argent entre deux pays africains nécessite une conversion systématique en dollars ou en euros.
Cette structure archaïque ajoute des spreads de change, des couches de conformité complexes et des délais de traitement pouvant atteindre une semaine.
Selon les données de la Banque mondiale, le coût moyen d’un transfert transfrontalier en Afrique s’élève à environ 7 % ou 8 % de la valeur transférée, une taxe invisible qui pèse lourdement sur les petits commerçants.
Réduction drastique des coûts et des délais
Grâce à ce nouvel arrangement, Pesalink agit comme le pivot de connectivité technique au Kenya. Une banque au Ghana ou au Rwanda connectée au PAPSS peut désormais acheminer un paiement vers un bénéficiaire kényan, le règlement étant géré en devises locales plutôt que par des banques de compensation offshore.
Ce modèle reflète les initiatives pilotes menées en Afrique de l’Ouest pour tester le PAPSS dans le cadre des règlements commerciaux.
L’intégration régionale au cœur de la ZLECAf
L’inclusion du Kenya signale une participation accrue de l’Afrique de l’Est à l’agenda des paiements de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le PAPSS, initiative de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) en collaboration avec l’Union africaine, vise à transformer le paysage financier du continent.
Un défi stratégique pour les banques kényanes
Pour les prêteurs kényans, confrontés à des marges de plus en plus serrées, ce système de règlement moins coûteux pourrait débloquer de nouveaux volumes de transactions et protéger leurs revenus de commissions.
Conclusion
Toutefois, ils devront décider s’ils répercutent ces économies sur les clients ou s’ils positionnent ce nouveau canal comme un service premium. La concurrence est déjà vive avec les opérateurs de mobile money et les fintechs régionales qui ont bâti leurs propres corridors de transfert.
La question demeure : les banques pourront-elles égaler la rapidité des fintechs tout en offrant des services basés sur des comptes bancaires plus complets ?


