Le Trésor national de l’Afrique du Sud prévoit d’accélérer la croissance de ses centres de données afin de renforcer la position du pays en tant que hub d’infrastructure numérique pour le continent.
Le ministre des Finances, Enoch Godongwana, a déclaré que le gouvernement considère désormais l’infrastructure de données comme un élément essentiel de l’économie, au même titre que l’électricité, les ports et les réseaux de transport.
Une infrastructure jugée critique pour l’économie
« L’utilisation des données et de l’intelligence artificielle est devenue critique pour le développement futur des économies mondiales », a affirmé Godongwana lors de son discours sur le budget 2026. Selon lui, l’infrastructure de données doit être traitée avec la même importance stratégique que les services publics traditionnels.
Le Trésor national explore actuellement des options pour aider les data centers à se développer, renforçant ainsi le rôle de l’Afrique du Sud comme pôle régional pour les technologies de cloud computing.
Des investissements massifs des géants de la tech
Cette initiative intervient alors que les gouvernements mondiaux injectent des capitaux massifs dans les infrastructures de l’ère de l’IA. Plus de 1 000 milliards de dollars devraient être investis dans les capacités hyperscale d’ici 2027.
L’Afrique du Sud, qui héberge déjà plus de 50 centres de données, dispose d’un pipeline d’investissement d’environ 50 milliards de rands (2,7 milliards de dollars) pour les trois prochaines années.
Les leaders du secteur intensifient leurs efforts : Microsoft a engagé 5,4 milliards de rands supplémentaires pour ses capacités IA, s’ajoutant à ses investissements précédents dans Azure.
Google a lancé sa première région cloud africaine à Johannesburg, tandis qu’Amazon Web Services (AWS) continue de monter en puissance au Cap. De son côté, Teraco construit quatre nouvelles installations, et Vantage Data Centres investit un milliard de dollars dans un nouveau campus à Midrand.
Vers de nouvelles incitations fiscales
Bien que les centres de données ne soient pas encore formellement classés comme « infrastructures critiques » au sens de la loi, ce changement de discours politique ouvre la voie à une série d’incitations fiscales.
Celles-ci pourraient inclure des taux d’imposition réduits, un amortissement accéléré des équipements, des exonérations de TVA sur les serveurs importés et des raccordements plus rapides au réseau électrique via des contrats d’énergie renouvelable.
Le défi persistant de l’énergie
Toutefois, l’accès à l’électricité reste le facteur décisif. Les dirigeants de l’industrie soulignent que les contraintes d’approvisionnement continuent de limiter la croissance et d’augmenter les coûts d’exploitation.
Une énergie fiable et abordable sera la clé pour transformer ces ambitions politiques en une réalité industrielle durable.

