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L’Afrique du Sud redevient leader du VC en Afrique en 2025

Pendant huit années consécutives, l’Afrique du Sud a observé depuis la touche le Nigeria, le Kenya et l’Égypte se relayer en tête des classements du capital-risque en Afrique.

Introduction

En 2025, cette série a pris fin. Selon le rapport 2025 de Partech Africa sur la Tech africaine, l’Afrique du Sud s’est classée première tant en termes de financement en fonds propres (643 millions de dollars, +41 % sur un an) qu’en nombre de transactions (85 levées de fonds, +27 % sur un an), retrouvant une position qu’elle n’avait plus occupée depuis 2017.

Une croissance saine et diversifiée

Le détail le plus révélateur de la performance sud-africaine en 2025 réside dans ce qui ne s’est pas produit : une dépendance aux « megadeals ». Une seule transaction a dépassé les 100 millions de dollars, représentant seulement 15 % du financement total.

À titre de comparaison, au Kenya, quatre transactions géantes ont représenté 60 % du capital total du pays. La montée en puissance de l’Afrique du Sud n’a pas été portée par une poignée de transactions démesurées, mais par un flux de transactions constant à tous les stades de maturité.

Cyril Collon, General Partner chez Partech, qualifie ce phénomène de « normalisation portée par les fonds propres ». Alors que d’autres marchés se sont fortement appuyés sur la dette pour gonfler leurs chiffres, l’histoire de l’Afrique du Sud en 2025 est restée majoritairement axée sur l’equity. La dette n’a représenté que 10 % du financement total des startups dans le pays, avec des volumes en baisse de 45 % sur un an.

Les facteurs clés du changement

Plusieurs développements structurels expliquent ce retour au sommet :

1. Diversification sectorielle au-delà de la Fintech

Si la fintech dominait largement auparavant, l’année 2025 montre un équilibre accru. La Cleantech a explosé à l’échelle du continent (+186 % sur un an), et l’Afrique du Sud a ancré une grande partie de cette activité via des projets d’énergies renouvelables évolutifs. Paradoxalement, la crise énergétique du pays a créé un marché massif pour les startups du secteur, à l’image de SolarAfrica et son projet de 144 MW.

2. Un environnement de sortie (exits) mature

En novembre 2025, l’introduction en bourse (IPO) d’Optasia sur la bourse de Johannesburg (JSE), levant 345 millions de dollars pour une valorisation de 1,4 milliard de dollars, a marqué un tournant. C’est la première IPO technologique africaine majeure depuis 2019, prouvant aux investisseurs que des voies de sortie concrètes existent sur le continent.

3. Infrastructure réglementaire

Le « bac à sable » réglementaire (sandbox) sud-africain a facilité la structuration de la propriété intellectuelle à l’étranger tout en conservant les emplois localement, levant ainsi l’un des principaux freins historiques au déploiement de capitaux.

Un écosystème résilient et multisectoriel

Les entreprises ayant levé des fonds en 2025 illustrent cette diversité : SolarSaver (60 M$) dans l’énergie propre, Naked Insurance (38 M$) dans l’insurtech, ou encore SwiftVEE (10 M$) dans l’agritech.

Ce modèle sud-africain, moins dépendant des effets d’annonce et plus ancré dans une activité de financement régulière, pourrait bien devenir la nouvelle référence pour la Tech africaine dans les années à venir.

Ecrit par Eya Rziga

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