L’Autorité de gestion des déchets de Lagos (LAWMA) a annoncé que l’État a recyclé 405,17 tonnes de déchets électroniques (e-waste) en 2025, marquant une étape majeure dans sa transition vers la durabilité environnementale et des pratiques de gestion des déchets plus sûres.
Muyiwa Gbadegesin, directeur général de la LAWMA, a révélé ces chiffres à Lagos, soulignant que cette performance reflète une croissance constante des efforts de recyclage formel dans l’État. Ce nouveau record représente une progression notable par rapport aux 355,15 tonnes traitées en 2024 et aux 305,63 tonnes en 2023, confirmant une tendance à la hausse dans le traitement des déchets technologiques.
Hausse des déchets électroniques, réponse renforcée
Les déchets électroniques, qui comprennent les téléphones portables, les ordinateurs, les batteries et les appareils électroménagers usagés, constituent l’un des flux de déchets à la croissance la plus rapide au monde. Cette explosion est largement alimentée par les avancées technologiques rapides et l’augmentation de la consommation de gadgets électroniques.
Cependant, une élimination inappropriée présente de graves risques pour l’environnement et la santé publique. Beaucoup de ces composants contiennent des substances hautement toxiques telles que le plomb, le mercure et l’arsenic. En réponse, l’État de Lagos a intensifié ses initiatives pour garantir une collecte, un recyclage et une élimination sécurisés de ces matériaux dangereux.
Renforcement de l’infrastructure de recyclage
Gbadegesin a précisé que l’État a mis en place une unité dédiée à la gestion des déchets électroniques et a établi des partenariats avec 17 entreprises de recyclage certifiées ainsi que des centres de collecte agréés. Ces collaborations visent à assurer une manipulation adéquate des matériaux dangereux sous une supervision stricte.
L’agence joue également un rôle de régulateur en formalisant les opérateurs de déchets informels, en veillant au respect des normes environnementales et en sensibilisant le public à l’importance du tri sélectif. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre des efforts plus larges du gouvernement de l’État de Lagos pour bâtir un écosystème de gestion des déchets durable et structuré.
Les experts alertent sur les lacunes de capacité
Malgré ces progrès, les experts en environnement avertissent que des défis de taille subsistent. Les parties prenantes ont mis en évidence une capacité de recyclage encore limitée par rapport au volume total de déchets générés, une faible sensibilisation des ménages et la persistance des pratiques de recyclage informelles, souvent dangereuses.
Ils insistent également sur la nécessité d’une mise en œuvre plus rigoureuse de politiques telles que le cadre de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) et d’un financement accru pour les initiatives environnementales locales.
Vers une économie circulaire au Nigeria
En tant que centre commercial du Nigeria, Lagos génère des milliers de tonnes de déchets quotidiennement. Une gestion efficace est donc cruciale pour la protection de la santé publique. Les progrès de la LAWMA signalent un virage vers une économie circulaire, où les déchets sont traités comme une ressource précieuse plutôt que comme un simple rebut.
Perspectives
Bien que le cap des 405 tonnes souligne l’amélioration des capacités, les experts s’accordent à dire que l’extension des infrastructures et l’éducation du public seront essentielles pour relever le défi croissant des déchets à Lagos.
La prochaine phase déterminera si l’État peut transformer ces progrès incrémentaux en une transformation systémique de la gestion des déchets.


