Le mercredi 25 février 2026, le naira nigérian a montré des signes de résilience sur le marché parallèle, gagnant 23,73 N pour clôturer à 1 404,80 N/$. Ce rebond intervient alors que le guichet officiel a enregistré des pertes, mettant en lumière les tensions de liquidité actuelles sur le marché formel des changes.
Introduction
Les données des cambistes de rue montrent que le naira s’est raffermi face au dollar, surprenant certains courtiers qui s’attendaient à une nouvelle dépréciation.
Cette appréciation représente l’une des plus fortes reprises quotidiennes de ces dernières semaines, offrant un répit à court terme après des mois de volatilité intense.
Cependant, la monnaie s’est affaiblie face à d’autres devises majeures sur le segment parallèle, chutant face à la livre sterling (1 954,99 N) et à l’euro (1 652 N).
Le marché officiel sous pression de liquidité
Contrairement au marché noir, le naira a reculé au guichet officiel géré par la Banque Centrale du Nigeria (CBN). La monnaie locale s’est dépréciée de 6,13 N pour s’établir à 1 355,37 N par dollar. Elle a également fléchi face à l’euro, perdant 4,94 N pour s’établir à 1 596,36 N/EUR.
Forte demande des entreprises
Les traders attribuent ce stress au guichet officiel à une forte demande des entreprises et des fabricants cherchant des devises étrangères pour leurs importations et autres obligations financières.
Pour les clients particuliers, les taux ont également été ajustés à la hausse. La Guaranty Trust Bank (GTBank) a notamment affiché un taux de 1 361 N/$ pour les transactions internationales, reflétant l’alignement sur les conditions du marché officiel.
Signaux divergents et spéculation
L’écart entre les marchés parallèle et officiel révèle un flux irrégulier de l’offre de dollars. Les courtiers attribuent la reprise du marché noir à une augmentation des ventes de dollars par les particuliers et à une pause dans les achats spéculatifs. En revanche, la demande au sein du système bancaire reste élevée, maintenant la pression sur les taux officiels.
Les réformes économiques et perspectives
Le vice-président Kashim Shettima a affirmé que les réformes économiques du gouvernement fédéral commencent à porter leurs fruits.
Lors d’un sommet à Abuja, il a déclaré que le naira aurait pu se renforcer jusqu’à environ 1 000 N/$ sans les interventions de la Banque Centrale visant à maintenir la stabilité et à décourager la thésaurisation spéculative.
Conclusion
Malgré ce rebond, les analystes soulignent que la durabilité de la stabilité de la monnaie dépendra de l’amélioration des entrées de capitaux, du renforcement des réserves de change et d’une coordination continue entre les autorités fiscales et la banque centrale.


