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Nigeria : Internet s’améliore-t-il vraiment ou est-ce du PR ?

Lagos, Nigeria
Lagos, Nigeria via dailypost.ng

La Telco Week s’est achevée dans une atmosphère saturée de projections optimistes et d’une positivité bien connue.

Les opérateurs ont passé les derniers jours à multiplier les annonces sur l’extension des réseaux et à vanter de nouveaux investissements massifs en infrastructures. Pourtant, pour le Nigérian moyen, ces succès d’entreprise ne se traduisent pas toujours dans le quotidien.

Face à une icône de chargement interminable lors d’un appel Zoom ou d’un téléchargement WhatsApp, le concept de « progrès constant » perd de sa superbe. La question n’est plus de savoir combien de tours ont été construites, mais si l’utilisateur final ressent une réelle différence de connectivité.

Promesses : Expansion, 5G et mise à niveau des capacités

Les mises à jour de milieu de semaine ont suivi un schéma prévisible : extension de la 4G, déploiement de la 5G et pose de câbles en fibre optique à un rythme record. Le récit des opérateurs est celui d’un système qui respire enfin, s’attaquant à la congestion qui pèse sur les utilisateurs depuis des années.

Bien que les données soient encourageantes, il existe un décalage temporel entre l’investissement et l’expérience vécue. La modernisation d’un réseau physique est un processus lent qui peut prendre des mois, voire des années, avant de se manifester par une navigation plus fluide.

Cela soulève un certain scepticisme : ces ajustements récents se traduisent-ils par un meilleur service, ou ne sont-ils que les mêmes promesses présentées sous un nouvel angle ?

Ce que disent les données : une réalité à deux vitesses

Les chiffres révèlent deux visages du Nigeria. D’un côté, les vitesses moyennes d’internet augmentent, surtout dans les centres commerciaux où la 4G est désormais la norme. La 5G fait également ses débuts, offrant des débits fulgurants à une petite élite aisée.

Mais les moyennes sont trompeuses. Un test de débit à 10h00 dans un bureau calme peut être excellent, alors qu’à 20h00, quand tout le pays tente de streamer sur Netflix, de scroller sur TikTok ou de rejoindre des parties de jeux en ligne, la situation change radicalement.

Le trafic intense aux heures de pointe reste une limitation tenace, et c’est cette incohérence qui alimente la frustration du public.

Le « Value Gap » : payer pour l’incertitude

Le prix des données au Nigeria reste compétitif par rapport aux voisins régionaux, mais l’accessibilité est relative. Avec l’inflation galopante et la baisse du pouvoir d’achat, ce qui semblait être un prix juste devient un fardeau, surtout quand cette connexion « bon marché » lâche au moment crucial.

Les Nigérians ne réclament pas forcément des prix dérisoires ; ils exigent de la fiabilité. Il existe un sentiment croissant de fatigue à payer pour un service qui ressemble à un pari à chaque fois que l’on active ses données mobiles.

Les goulots d’étranglement : vandalisme et énergie

Pour être juste envers les opérateurs, les obstacles structurels au Nigeria sont réels et coûteux. Le manque d’électricité stable force les telcos à devenir des quasi-producteurs d’énergie, dépendant de générateurs diesel pour maintenir les stations de base, ce qui augmente les coûts et crée des points de défaillance uniques.

De plus, le vandalisme des infrastructures est critique : en 2025, plus de 5 000 cas de coupures de fibre optique ont été signalés, souvent causés par des vols ou des travaux routiers imprudents. Enfin, les problèmes de sécurité régionale et les limitations du spectre disponible freinent même les entreprises les plus ambitieuses.

Verdict : un progrès réel mais inégal

L’internet s’améliore-t-il ? La réponse honnête est oui, mais de manière inégale. L’épine dorsale numérique du Nigeria est indéniablement plus solide qu’il y a cinq ans. La 4G est accessible et la 5G n’est plus un mythe.

Toutefois, pour les zones rurales et suburbaines, ces améliorations semblent encore lointaines. Le progrès est graduel et localisé plutôt qu’une transformation nationale globale.

La Telco Week a montré l’ambition de l’industrie ; maintenant, les Nigérians attendent de voir si cette ambition se reflétera enfin sur leurs barres de signal.

Ecrit par Eya Rziga

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