Le gouvernement fédéral du Nigeria a officiellement prolongé d’un an l’interdiction d’exportation des noix de karité brutes, repoussant l’échéance initiale du 26 février 2026 au 25 février 2027.
Introduction
Cette décision stratégique, approuvée par le président Bola Tinubu, vise à consolider l’industrie nationale de transformation et à maximiser la valeur ajoutée locale au sein de la première économie d’Afrique.
L’annonce a été faite par la présidence ce mercredi, intervenant quelques heures seulement avant l’expiration d’un moratoire d’urgence de six mois qui avait été instauré le 26 août 2025. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de rupture avec le modèle extractif traditionnel.
Accélérer l’industrialisation et la transformation locale
Bayo Onanuga, conseiller spécial du président chargé de l’information et de la stratégie, a décrit cette extension comme un pilier central de l’agenda « Renewed Hope » (Espoir Renouvelé).
La politique est conçue pour transformer le Nigeria, passant d’un simple exportateur de produits de base à un véritable hub industriel spécialisé dans les produits transformés à haute valeur marchande.
Les objectifs clés de la prolongation
Le maintien de cette restriction poursuit plusieurs finalités essentielles pour l’économie nigériane :
- Renforcement des capacités de transformation : Encourager l’implantation et la croissance de raffineries locales de beurre de karité.
- Soutien aux moyens de subsistance : Augmenter les revenus des femmes et des jeunes dans les zones rurales en conservant les étapes de transformation au sein des communautés productrices.
- Optimisation de la qualité des exportations : Délaisser les noix brutes à faible marge pour se concentrer sur le beurre de karité et ses dérivés destinés aux industries cosmétiques et agroalimentaires mondiales.
Un nouveau cadre réglementaire via la NCX
Pour garantir une mise en œuvre rigoureuse, le président a ordonné une approche multi-institutionnelle. Le ministère fédéral de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, en collaboration avec l’Unité de coordination de la sécurité alimentaire présidentielle (PFSCU), élaborera un cadre national unifié liant l’industrialisation aux priorités d’investissement.
Un changement majeur concerne la centralisation des flux : toutes les dérogations d’exportation directe ont été révoquées. Désormais, la Nigerian Commodity Exchange (NCX) devient le canal exclusif. Tout surplus de noix de karité non transformé localement devra impérativement transiter par la NCX selon des directives strictes.
Soutien financier et enjeux économiques
Conscient que l’interdiction seule ne suffit pas à bâtir une industrie durable, le président Tinubu a instruit le ministère des Finances de débloquer des financements ciblés via le Nigerian Export Supervision Scheme (NESS).
Ce fonds pilotera un mécanisme de financement pour aider les producteurs et transformateurs locaux à monter en échelle.
Malgré les inquiétudes de certains analystes concernant les pertes de devises étrangères à court terme, le gouvernement souligne que les bénéfices à long terme sont supérieurs.
Conclusion
Le Nigeria ambitionne de capter une part significative du marché mondial du karité, estimé à plusieurs milliards de dollars, actuellement dominé par des produits transformés en Europe et en Asie à partir de matières premières ouest-africaines.


