Au Nigeria, le débat sur le coût de l’accès à Internet atteint des sommets. Alors que nos vies quotidiennes — de la banque à l’éducation — basculent de plus en plus en ligne, le prix de la connexion est devenu une préoccupation majeure.
Introduction
Cependant, au-delà des discussions sur les tarifs élevés et les forfaits dits « moins chers », une question fondamentale demeure : qu’achètent réellement les consommateurs ? S’agit-il simplement d’un volume de gigaoctets, ou de la qualité du canal par lequel ces données transitent ?
Pour comprendre cela, il est nécessaire de séparer deux concepts souvent confondus : la performance du réseau et le prix. Bien qu’ils soient liés, ils n’évoluent pas toujours dans la même direction.
Définir la « Qualité du Réseau »
Lorsque des opérateurs comme MTN, Airtel, Glo et 9mobile évoquent l’optimisation du réseau, ils jonglent généralement avec trois piliers techniques essentiels :
- La Vitesse : C’est l’indicateur le plus visible. Des vitesses élevées permettent un streaming 4K fluide et des téléchargements ultra-rapides.
- La Stabilité : La vitesse ne sert à rien si la connexion s’interrompt toutes les cinq minutes. Un réseau stable reste constant, même pendant les heures de pointe.
- La Latence : Souvent négligée, elle représente le délai entre une commande et la réponse. Une latence élevée rend les appels vidéo et les jeux en ligne impraticables.
Le coût réel de la data : au-delà du prix par Go
Le coût de la data est classiquement mesuré par le prix au gigaoctet (Go). Si les fournisseurs proposent une gamme vertigineuse de forfaits quotidiens, hebdomadaires ou mensuels, la valeur réelle dépend entièrement de l’utilisabilité de ces données.
Il faut également tenir compte des politiques d’usage équitable (Fair Usage Policies) et du bridage (throttling).
De nombreux utilisateurs ont déjà ressenti la frustration d’acheter un gros forfait pour voir leur vitesse chuter drastiquement après avoir atteint un certain seuil. Dans ces cas-là, vous n’avez pas manqué de données, vous avez simplement manqué de qualité. Un forfait « bon marché » qui ne fonctionne qu’à 3 heures du matin n’est pas une véritable affaire.
Le piège des données à bas prix
Il est naturel de chercher le prix le plus bas. Pourtant, dans l’univers des télécoms, on en a souvent pour son argent. Pendant les heures de pointe, la congestion du réseau devient un facteur critique.
Si l’infrastructure d’un fournisseur est saturée, la bande passante est partagée entre trop d’utilisateurs. Vous pouvez avoir 20 Go de solde, mais si le réseau est encombré, ces données sont virtuellement inaccessibles.
Ce que les consommateurs privilégient réellement
Si le prix est un facteur déterminant dans l’économie nigériane actuelle, c’est la fiabilité qui empêche les utilisateurs de changer de carte SIM. Pour les télétravailleurs, une connexion stable est la clé d’une réunion réussie.
Pour les petites entreprises, elle garantit le traitement des paiements et le marketing digital. Pour les étudiants, elle permet de suivre un cours virtuel sans coupure d’image.
Conclusion
En réalité, de nombreux utilisateurs sont prêts à payer un léger supplément pour garantir un accès fluide sans avoir à activer et désactiver le « mode avion » pour envoyer un simple message WhatsApp.
L’indicateur crucial n’est pas le « Prix par Go », mais le « Prix par Go fiable ». En se concentrant uniquement sur le volume, on risque d’acheter un service inutilisable au moment opportun.


