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Rapport Financement 2025 : 289M$ levés par les startups africaines en janvier

Rapport Financement 2025 : 289M$ levés par les startups africaines en janvier
Rapport Financement 2025 : 289M$ levés par les startups africaines en janvier

Les startups africaines ont levé 289 millions de dollars en janvier 2025, soit une augmentation de 240 % par rapport à janvier 2024 (85 M$). Ce chiffre place janvier 2025 comme le deuxième meilleur mois de l’histoire, après janvier 2022. Les secteurs clés incluent la fintech (53 M$ pour LemFi), les énergies renouvelables (50 M$+ pour PowerGen), l’insurtech (38 M$ pour Naked) et l’edtech (24 M$ pour Enko Education). Près de 60 % des fonds se concentrent dans quatre pays : Nigeria, Kenya, Égypte et Afrique du Sud. Cette dynamique reflète un retour de la confiance des investisseurs après une baisse notable en 2024.

Financement startups africaines janvier 2025 : 289M$ levés par secteur et pays

Financement startups africaines janvier 2025 : 289M$ levés par secteur et pays

Secteurs ayant reçu le plus de financements

En janvier 2025, un total de 289 millions de dollars a été investi dans quatre secteurs majeurs : la fintech, les énergies renouvelables, l’insurtech et les technologies éducatives. Cette répartition illustre un écosystème en pleine diversification, où l’accent est mis sur des infrastructures essentielles et des initiatives à fort impact. Voici un aperçu des performances de chaque secteur.

Fintech et Insurtech

La fintech continue de dominer, représentant près de 50 % des financements du premier semestre 2025. Parmi les exemples marquants, la startup nigériane LemFi a levé 53 millions de dollars lors d’un tour de série B en janvier. Ce succès reflète l’ambition des fintechs africaines de s’imposer comme des acteurs globaux dans les services financiers, en se concentrant sur des solutions transfrontalières.

De son côté, l’assurtech sud-africaine Naked a bouclé une levée de 38 millions de dollars également en série B. Ces fonds serviront à automatiser les processus d’assurance et à diversifier les produits proposés. Cette approche axée sur l’automatisation permet aux insurtechs d’améliorer leur efficacité opérationnelle tout en répondant aux attentes des investisseurs en matière de croissance rapide et durable.

Énergies renouvelables

Le secteur des énergies renouvelables a capté 18 % des investissements totaux au début de 2025. Un exemple notable est la startup kényane PowerGen, qui a obtenu plus de 50 millions de dollars pour développer ses solutions d’énergie renouvelable distribuée dans des régions africaines mal desservies. Ce modèle innovant répond directement à un défi majeur : l’accès limité à l’électricité, qui freine le développement économique dans de nombreuses zones du continent.

Technologies éducatives

Dans le domaine des technologies éducatives, Enko Education, basée en Égypte, a levé 24 millions de dollars en janvier 2025. Ces fonds permettront d’étendre son réseau d’écoles et d’améliorer l’accès à une éducation de qualité. L’intérêt croissant des investisseurs pour ce secteur s’explique par l’importance stratégique de l’éducation dans le développement à long terme. Les solutions éducatives qui démontrent un impact social mesurable tout en adoptant un modèle économique solide attirent désormais des financements significatifs. Ce dynamisme confirme la montée en puissance de l’écosystème africain et son potentiel à relever des défis cruciaux.

Répartition géographique des investissements

En janvier 2025, près de 60 % des 289 M$ levés se sont concentrés dans quatre pays : le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Cette prédominance s’explique par la maturité de leurs écosystèmes, un vivier dynamique de startups prometteuses et leur capacité à séduire des investisseurs internationaux. Les 40 % restants, soit environ 115,6 M$, ont été répartis dans d’autres marchés émergents, illustrant une diversification progressive du paysage technologique africain. Cette concentration géographique souligne le rôle central des écosystèmes bien établis, comme décrit dans les sections sectorielles. Ces données permettent d’explorer plus en détail la répartition par pays et les dynamiques des marchés émergents.

Les Big Four : Nigeria, Kenya, Égypte et Afrique du Sud

Le Nigeria a marqué le mois de janvier avec la levée la plus importante, consolidant sa place de leader dans le secteur de la fintech. Le Kenya, quant à lui, s’est illustré grâce à des financements majeurs dans les énergies renouvelables. En Afrique du Sud, les investissements ont été particulièrement notables dans l’insurtech, tandis que l’Égypte a attiré des capitaux dans les technologies éducatives. Parmi les principales levées, on retrouve des startups comme LemFi, PowerGen, Naked et Enko Education. Sur l’ensemble du premier semestre 2025, l’Égypte s’est hissée en tête avec environ 330 M$ levés, représentant 30 % du total, suivie par l’Afrique du Sud avec 274 M$, soit 26 %.

Autres marchés en croissance

En dehors de ces quatre principaux pôles, d’autres marchés commencent à capter l’attention des investisseurs. Le Togo, par exemple, a brillé grâce à Gozem, qui a levé 15 M$ au premier semestre 2025 pour développer sa super-app destinée à l’Afrique francophone. Les Seychelles se positionnent comme un nouveau hub pour la blockchain, avec Mango Network ayant sécurisé 13,5 M$ en février 2025, soutenu par KuCoin et d’autres fonds de capital-risque. Par ailleurs, des pays comme le Ghana, le Sénégal, le Rwanda et la Tunisie montrent une activité croissante, en particulier dans des secteurs comme la climate-tech et l’agritech.

Les plus grandes levées de fonds de janvier 2025

Quatre startups, représentant environ 60 % des 289 M$ levés, témoignent d’un regain de confiance des investisseurs, avec une nette préférence pour le capital. Voici un aperçu des transactions les plus marquantes de ce début d’année.

LemFi : 53 M$ pour les services financiers transfrontaliers

La fintech nigériane LemFi a réalisé la plus importante levée de fonds du mois avec 53 M$ lors d’un tour de série B. Spécialisée dans les transferts et paiements transfrontaliers, l’entreprise prévoit de s’étendre en Asie et en Europe, en ciblant particulièrement la diaspora africaine. Cette démarche illustre la volonté des startups africaines de s’imposer sur la scène internationale. Cette levée s’inscrit dans une série d’initiatives clés pour l’écosystème.

PowerGen : plus de 50 M$ pour l’énergie renouvelable

PowerGen

Au Kenya, PowerGen a obtenu un financement de plus de 50 M$ pour accélérer le déploiement de solutions énergétiques dans des régions mal desservies. Ces fonds serviront à développer des projets au Nigeria, en Sierra Leone et en République démocratique du Congo. Cet investissement reflète un intérêt croissant pour des infrastructures durables capables de répondre aux besoins énergétiques pressants du continent.

Naked : 38 M$ pour transformer les assurances

Naked

L’insurtech sud-africaine Naked a levé 38 M$ lors d’un tour de série B en janvier 2025. Ce financement permettra à l’entreprise d’automatiser davantage ses processus d’assurance et d’élargir son portefeuille de produits en Afrique du Sud. Naked incarne la tendance actuelle à utiliser l’automatisation pour moderniser des secteurs traditionnellement lourds et bureaucratiques.

Enko Education : 24 M$ pour renforcer l’éducation privée

Enko Education

Enko Education a mobilisé 24 M$ pour développer son réseau d’écoles privées à travers le continent. L’objectif est de favoriser un meilleur accès à une éducation de qualité pour les jeunes Africains. Cet investissement dans le domaine éducatif reflète une diversification des secteurs d’intérêt, où l’edtech commence à rivaliser avec la fintech.

Startup Pays Montant levé Secteur Objectif principal
LemFi Nigeria 53 M$ Fintech Expansion en Asie et en Europe
PowerGen Kenya 50 M$+ Énergie renouvelable Déploiement de solutions énergétiques
Naked Afrique du Sud 38 M$ Insurtech Automatisation et diversification des produits
Enko Education Égypte 24 M$ Edtech Croissance du réseau scolaire

Ces levées de fonds témoignent de la vitalité retrouvée de l’écosystème africain, marquant une reprise notable après le ralentissement observé en 2023-2024.

Ce que cela signifie pour la tech africaine

Rebond après le déclin de 2023-2024

Les 289 millions de dollars levés en janvier 2025 marquent un tournant après une période compliquée. Ce retour en force contraste nettement avec 2024, où les financements avaient chuté de 25 % par rapport à 2023, pour atteindre seulement 2,2 milliards de dollars, bien loin des 4,6 milliards enregistrés en 2022. La majorité de ces fonds, soit plus de 90 % (262 millions de dollars), provient du capital-investissement, témoignant de l’engagement à long terme des investisseurs. De plus, le nombre de transactions dépassant 1 million de dollars est passé de 21 à 26 en un an.

« L’écosystème africain du capital-risque reste résilient, reflétant le marché mondial du capital-risque » – Cyril Collon, associé général chez Partech.

Où investisseurs et fondateurs doivent regarder

Avec ce redressement, les priorités stratégiques pour les investisseurs et les entrepreneurs deviennent plus claires. Les secteurs en plein essor s’étendent désormais bien au-delà de la fintech, qui dominait auparavant. Des domaines comme l’énergie renouvelable (Cleantech), l’insurtech et l’edtech attirent de plus en plus de capitaux, comme en témoignent les levées de fonds importantes de PowerGen (plus de 50 millions de dollars), Naked (38 millions de dollars) et Enko Education (24 millions de dollars).

Pour les fondateurs, l’accent devrait être mis sur des modèles économiques solides, avec une trajectoire claire vers la rentabilité, car les investisseurs restent plus prudents qu’en 2022. L’expansion au-delà des frontières nationales est également un facteur clé de succès : trois des quatre plus grandes transactions de janvier 2025 concernaient des projets visant une croissance internationale. Côté investisseurs, les « Big Four » (Nigeria, Kenya, Égypte, Afrique du Sud) continuent d’offrir des opportunités intéressantes grâce à leur stabilité et leur potentiel de croissance. Cependant, les marchés émergents francophones méritent aussi une attention particulière.

« Les startups nigérianes ont des opportunités substantielles pour se positionner de manière plus compétitive pour le financement en 2025 » – Davidson Oturu, associé général chez Nubia Capital.

Conclusion : Points clés

En janvier 2025, les levées de fonds ont atteint 289 M$, marquant une augmentation impressionnante de 240 % par rapport aux 85 M$ enregistrés en janvier 2024. Ce montant place janvier 2025 comme le deuxième meilleur mois depuis 2019, juste derrière janvier 2022.

La répartition géographique met en lumière la prédominance des « Big Four », qui ont attiré près de 60 % des financements totaux. Cependant, l’écosystème montre des signes encourageants de diversification. Outre la fintech, avec LemFi qui a levé 53 M$, des secteurs comme les énergies renouvelables (PowerGen, plus de 50 M$), l’insurtech (Naked, 38 M$) et l’edtech (Enko Education, 24 M$) ont également bénéficié d’investissements majeurs.

Le capital-investissement domine toujours, représentant plus de 90 % des fonds levés (262 M$). De plus, le nombre de transactions supérieures à 1 M$ est passé de 21 à 26 en un an, illustrant un regain de confiance des investisseurs. Ces données reflètent une dynamique stratégique prometteuse pour 2025.

L’année 2025 semble ouvrir la voie à des opportunités axées sur des modèles économiques durables et une expansion internationale. Une part significative des levées vise à soutenir une croissance au-delà des frontières africaines, notamment vers l’Asie et l’Europe. Ces tendances laissent entrevoir une évolution continue et une consolidation de l’écosystème.

"Africa’s tech renaissance is here – and it’s just getting started" – Aurore Beuque, Digital Africa

FAQs

Quels éléments expliquent l’augmentation de 240 % des financements pour les startups africaines en janvier 2025 ?

L’augmentation impressionnante de 240 % des financements en janvier 2025 reflète un regain marqué de confiance de la part des investisseurs. Une grande majorité de ces fonds – plus de 90 % – ont été levés via des tours d’équité, soulignant l’intérêt croissant pour des participations directes dans les startups africaines.

Cette performance a été largement soutenue par les « Big Four » – Nigeria, Kenya, Égypte et Afrique du Sud – qui ont capté près de 60 % des montants levés. Parmi les levées les plus notables, on peut citer LemFi (53 M€), PowerGen (50 M€) et Naked (38 M€). Ces pays profitent d’écosystèmes bien développés, ce qui attire un nombre croissant d’investisseurs internationaux.

Après un ralentissement observé entre 2023 et 2024, les investisseurs se tournent désormais vers des secteurs à forte croissance, notamment la fintech, les énergies renouvelables, l’insurtech et l’éducation. Ce mélange d’optimisme, de financements importants en actions et de la domination des marchés clés a permis d’atteindre ce record historique.

Pourquoi les secteurs comme la fintech, les énergies renouvelables, l’insurtech et l’edtech attirent-ils autant d’investissements en Afrique ?

Certains secteurs en Afrique attirent des investissements conséquents, car ils répondent directement aux besoins fondamentaux d’une population jeune et en rapide expansion. La fintech, par exemple, tire parti de l’essor du mobile money et de la demande croissante pour des services financiers accessibles. En 2024, elle représentera près de 47 % des financements alloués aux startups. Les énergies renouvelables, quant à elles, séduisent en apportant des solutions pour électrifier des zones éloignées ou mal desservies par les réseaux traditionnels.

L’insurtech et l’edtech suscitent également un vif intérêt. L’insurtech facilite l’accès à des produits d’assurance grâce à la digitalisation, rendant ces services plus abordables. De son côté, l’edtech répond à une demande croissante pour une éducation de qualité, dans une région où plus de 60 % de la population a moins de 25 ans. Ces secteurs combinent des modèles économiques évolutifs et un fort potentiel de développement, ce qui en fait des cibles privilégiées pour les investisseurs.

Comment les startups africaines peuvent-elles utiliser l’élan des investissements récents pour s’internationaliser ?

En janvier 2025, les startups africaines ont réussi à lever 289 millions €, marquant une augmentation impressionnante de 240 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre témoigne d’une confiance accrue des investisseurs envers le potentiel d’innovation du continent. Des secteurs tels que la fintech, les énergies renouvelables et l’éducation en ligne se démarquent particulièrement, attirant une attention grandissante.

Pour transformer cette dynamique en une véritable expansion internationale, plusieurs pistes stratégiques s’offrent aux startups :

  • Séduire les investisseurs internationaux en renforçant leur gouvernance, en affichant des indicateurs de performance solides et en se conformant aux normes mondiales.
  • Tirer parti des écosystèmes bien établis des pays comme le Nigeria, le Kenya, l’Égypte et l’Afrique du Sud. Ces nations concentrent une grande partie des financements et disposent de réseaux influents qui peuvent accélérer leur croissance.
  • Miser sur l’internationalisation en adaptant leurs produits aux attentes des marchés mondiaux, en formant des équipes multilingues et en participant à des programmes d’accélération à l’étranger.

Avec ces approches, les startups africaines peuvent non seulement attirer davantage de capitaux, mais aussi se positionner comme des acteurs majeurs sur la scène internationale, renforçant ainsi l’image de l’Afrique comme un centre d’innovation dynamique et incontournable.

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Ecrit par Arnaud Makanda

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