Alors que l’écosystème technologique de Lagos est souvent associé aux quartiers huppés de Yaba et Victoria Island, les fondations de la future économie numérique du Nigeria se construisent aujourd’hui dans les salles de classe des écoles secondaires.
Introduction
La Fondation Ajoke Ayisat Afolabi (AAAF), branche philanthropique du géant de la logistique SIFAX Group, vient de clôturer son dernier projet « Community Connections » en partenariat avec la Banque Mondiale.
L’initiative a ciblé plus de 90 élèves de la State Senior Secondary School d’Oyewole, située à Agege. L’objectif est clair : transformer des étudiants curieux en futurs acteurs de la tech africaine.
Au-delà des bases : cap sur le Machine Learning
Ce programme ne ressemblait en rien à un cours d’informatique traditionnel limité à l’usage de la souris ou du clavier.
Le curriculum a été spécifiquement conçu pour combler le fossé de compétences qui pèse actuellement sur le marché du travail nigérian. Les étudiants ont été immergés dans des disciplines de pointe :
- Machine Learning (ML) : Comprendre comment les données permettent de bâtir des systèmes intelligents.
- Intelligence Artificielle (IA) : Apprendre à exploiter les outils d’IA générative pour l’éducation et le travail futur.
- Littératie numérique avancée : Maîtriser les technologies pratiques indispensables en entreprise.
La stratégie adoptée repose sur un modèle de « formation des formateurs ». Des représentants ont été sélectionnés dans chaque classe pour agir comme des nœuds de transmission, avec pour mission de transférer leurs nouvelles compétences à leurs camarades.
Un don de matériel pour pérenniser l’apprentissage
Dans de nombreuses écoles publiques nigérianes, l’informatique est souvent enseignée de manière théorique sur un tableau noir, faute d’équipement. Pour éviter cet écueil, l’AAAF et le SIFAX Group ont fait don de laptops, de projecteurs et d’écrans de projection. C
e geste porte à près de 600 le nombre total d’étudiants soutenus par la fondation à travers Lagos, Ondo et Badagry.
Lutter contre le chômage des jeunes par l’IA
Foluke Ademokun, coordinatrice exécutive de la fondation, souligne que cette initiative est une attaque directe contre le chômage des jeunes. Selon elle, au moment où ces étudiants entreront sur le marché, la maîtrise de l’IA ne sera plus un bonus, mais une exigence fondamentale.
Sherifat Ajala, directrice adjointe de l’établissement, a ajouté que cette interaction avec les meilleurs esprits de la tech a offert aux élèves bien plus que des compétences techniques : elle a provoqué un changement de perspective radical sur ce qu’ils peuvent accomplir dans l’économie numérique.
Conclusion
En exposant ces jeunes au Machine Learning dès le secondaire, SIFAX et la Banque Mondiale réduisent la distance entre les quartiers populaires et les hubs technologiques de la « Silicon Lagoon ». Le défi reste désormais la maintenance de ces équipements pour garantir un apprentissage continu.


