- 26 transactions CVC réalisées, soit une augmentation de 44 % par rapport au précédent record.
- 1,35 milliard de dollars levés, dont 950 millions en actions (+79 % sur un an) et 400 millions en dette (+55 %).
- La fintech domine avec 50 % des transactions, notamment au Nigeria (162,8 M$).
- Nouveaux investisseurs : Inde, Japon, Chine, Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite.
- Des startups dans des secteurs variés (agritech, cleantech, semi-conducteurs) attirent des financements stratégiques.
Cette évolution montre que les grandes entreprises considèrent désormais l’Afrique comme un partenaire clé pour l’innovation et la croissance à long terme.

Corporate VC in Africa H1 2025: Record Investment Statistics and Key Trends
Qu’est-ce que le Corporate Venture Capital en Afrique ?
Décryptage du Corporate Venture Capital
Le Corporate Venture Capital (CVC) est un modèle d’investissement où des entreprises bien établies injectent des fonds dans des startups externes. L’objectif ? Combiner rendement financier et opportunités stratégiques. Ces investissements permettent d’accéder à des technologies émergentes, de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, d’étendre les réseaux de distribution et de renforcer les modèles économiques.
En Afrique, les investisseurs corporates adoptent une approche différente de celle des fonds de capital-risque traditionnels. Ils se montrent plus patients, plus sélectifs et s’impliquent davantage sur le plan opérationnel. Cette patience se traduit par des périodes d’investissement plus longues, réduisant ainsi la pression des sorties rapides et favorisant une croissance plus stable. Cette méthode transforme les startups africaines en partenaires stratégiques dans les chaînes de valeur mondiales.
| Caractéristique | Capital-Risque Traditionnel | Corporate Venture Capital |
|---|---|---|
| Objectif principal | Maximiser les rendements financiers et organiser des sorties rapides | Combiner alignement stratégique et profits |
| Horizon d’investissement | Court terme, avec une forte pression sur les exits | Long terme, avec un capital patient |
| Implication | Supervision via des conseils d’administration | Soutien opérationnel et partage des ressources |
| Valeur stratégique | Expertise en mise à l’échelle et accès aux réseaux financiers | Accès aux réseaux de distribution, à la R&D et aux chaînes d’approvisionnement |
En avril 2025, Flour Mills of Nigeria a investi dans une levée de fonds de 20 millions de dollars en Série A pour OmniRetail, une plateforme e-commerce B2B. Cet investissement visait à renforcer la distribution des produits de Flour Mills auprès des détaillants en Afrique de l’Ouest.
De manière similaire, au cours du premier semestre 2025, Hollard Group, un assureur sud-africain, a soutenu Naked Insurance lors d’une levée de 38 millions de dollars en Série B+. L’objectif était de soutenir cet acteur 100 % digital dans le secteur de l’assurance.
L’évolution du CVC en Afrique
Analyser l’histoire du CVC en Afrique permet de mieux comprendre son importance stratégique, notamment en 2025. Cette évolution peut être divisée en trois grandes phases. Entre 2015 et 2022, l’écosystème technologique africain a explosé, avec une multiplication par sept du nombre d’entreprises financées chaque année. Cette période a été marquée par le phénomène du "leapfrogging" technologique : le continent a atteint un taux de 90 abonnements mobiles pour 100 habitants, évitant ainsi la dépendance aux infrastructures fixes.
En revanche, la période 2023-2024 a été plus complexe, avec une baisse d’environ 52 % des transactions de capital-risque en Afrique. Mais le premier semestre 2025 marque un tournant décisif : les entreprises corporates reviennent avec des stratégies mûrement réfléchies, remplaçant les approches expérimentales.
La dynamique géographique des investissements a également évolué. Si l’Europe et l’Amérique du Nord restent des acteurs majeurs, de nouveaux investisseurs se démarquent. Ibrahim Sagna, président exécutif de Silverbacks Holdings, explique :
« Cela croît à un rythme rapide, en particulier depuis l’Inde et le Japon… certains des concurrents les plus notables sont désormais les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite. Et puis évidemment l’incontournable Chine ».
Cette diversification des flux de capitaux reflète une reconnaissance internationale du potentiel africain. Les startups africaines ne se contentent plus de répondre à des besoins locaux : elles exportent désormais leurs services vers les marchés occidentaux et asiatiques. Ces transformations annoncent des tendances prometteuses pour le premier semestre 2025, que nous approfondirons dans la suite.
Principales tendances des investissements CVC en Afrique au S1 2025
Volume total d’investissement et nombre de transactions
Le premier semestre 2025 a marqué un tournant pour le corporate venture capital (CVC) en Afrique. Durant cette période, les investisseurs corporates ont conclu 26 transactions, enregistrant une hausse de 44 % par rapport au précédent record de 18 transactions. Cette progression contraste fortement avec la stagnation des années 2023 et 2024, où le nombre de transactions variait entre 16 et 18 par semestre.
Les startups africaines ont levé 1,35 milliard de dollars au cours de ce semestre, soit une augmentation de 78 % par rapport aux 800 millions de dollars du S1 2024. Parmi ces financements, 950 millions de dollars provenaient d’investissements en actions (en hausse de 79 % sur un an), tandis que les financements par dette ont atteint 400 millions de dollars, affichant une croissance de 55 %.
| Période | Nombre de deals | Évolution |
|---|---|---|
| S1 2023 | 17 | – |
| S2 2023 | 17 | 0 % |
| S1 2024 | 18 | +6 % |
| S2 2024 | 16 | -11 % |
| S1 2025 | 26 | +44 % |
Répartition géographique des investissements CVC en Afrique
Une fois les volumes analysés, il est essentiel d’examiner leur répartition géographique. Les investissements CVC se concentrent toujours sur les quatre marchés principaux : Égypte, Afrique du Sud, Kenya et Nigeria. Le Nigeria se distingue particulièrement dans le secteur de la fintech, totalisant 162,8 millions de dollars de financements soutenus par des corporates. L’Afrique du Sud, quant à elle, attire des investisseurs dans des secteurs matures comme l’assurance digitale, tandis que l’Égypte s’affirme comme un hub stratégique pour les technologies liées aux semi-conducteurs et à l’IT.
Pour la première fois, des transactions soutenues par des corporates ont été enregistrées dans des pays comme la Tunisie, le Ghana, l’Éthiopie, le Togo et l’Ouganda. Les Seychelles ont également émergé comme un acteur notable avec 12 deals corporates, dont 8 dans le secteur crypto, en grande partie grâce à des exchanges asiatiques tels que KuCoin.
Un exemple marquant : en avril 2025, la société belge Spadel a investi 3 millions de dollars dans Kumulus Water, une startup tunisienne spécialisée dans la production d’eau potable à partir de l’air. Ce projet illustre l’intérêt croissant pour les marchés francophones en Afrique.
Facteurs expliquant le niveau record des investissements
Ces performances impressionnantes s’expliquent par plusieurs facteurs structurels. Les corporates adoptent désormais une stratégie plus ciblée, cherchant à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, accéder à des technologies émergentes, et étendre leurs réseaux de distribution.
"H1 2025 represents the first clear signal that corporates are re-entering Africa with intent, not experimentation."
Un autre facteur clé réside dans la diversification des flux de capitaux. Des pays comme l’Inde, le Japon, la Chine et les États du Golfe (Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite) augmentent leurs investissements en Afrique, venant compléter les flux traditionnels en provenance d’Europe et d’Amérique du Nord. Par ailleurs, des entreprises africaines majeures comme Flour Mills of Nigeria et le Groupe OCP du Maroc ont mis en place leurs propres véhicules d’investissement, renforçant ainsi l’innovation sur le continent.
Enfin, le dynamisme du secteur fintech, qui représente 50 % de tous les deals corporates au S1 2025, joue un rôle central. L’urbanisation rapide, l’adoption croissante des smartphones et l’amélioration des infrastructures numériques créent un environnement propice à des investissements stratégiques à forte valeur ajoutée.
Secteurs recevant le plus de financements CVC
La fintech domine les investissements CVC
En Afrique, la fintech reste le secteur privilégié pour les investissements corporates. Durant le premier semestre 2025, elle a représenté 50 % des transactions soutenues par des corporates, avec un total de 14 levées de fonds. Cette domination s’explique par plusieurs facteurs : l’urbanisation rapide, l’essor des smartphones, et l’adoption croissante des paiements mobiles permettant de contourner les infrastructures bancaires classiques.
Un exemple frappant est le Nigeria, où les financements CVC dans la fintech ont atteint 162,8 millions de dollars sur cette période. Ce secteur séduit les investisseurs grâce à son potentiel technologique et sa capacité à élargir les chaînes de distribution. De plus, cette concentration de capitaux reflète les caractéristiques démographiques du continent : une population jeune, connectée, et en quête de solutions pour une meilleure inclusion financière.
Mais la fintech n’est pas le seul secteur à attirer l’attention. D’autres domaines stratégiques pointent également en avant.
Agritech, healthtech et cleantech en pleine expansion
Bien que la fintech domine, des secteurs comme l’agritech, la healthtech et la cleantech connaissent une croissance notable, en répondant à des enjeux cruciaux tels que la sécurité alimentaire, l’accès aux soins et la transition énergétique.
En avril 2025, Khula, une marketplace digitale sud-africaine destinée aux agriculteurs, a levé 7 millions de dollars grâce au Kgodiso Fund de PepsiCo. Cet investissement vise non seulement à renforcer la chaîne d’approvisionnement de PepsiCo, mais aussi à soutenir les petits exploitants agricoles . À ce sujet, Younes Addou, Vice-Président Agribusiness chez OCP Innovx, souligne :
"L’Afrique a le potentiel de résoudre les problèmes de sécurité alimentaire mondiale et de devenir le puits de carbone de la planète si les 270 millions de petits agriculteurs du continent peuvent être connectés et mobilisés de la bonne manière."
Dans le domaine de la cleantech, Kumulus Water a levé 3 millions de dollars auprès de Spadel en avril 2025. Cet investissement témoigne de l’intérêt des corporates pour des solutions technologiques face à des défis mondiaux comme la pénurie d’eau .
Enfin, les secteurs des semi-conducteurs et de l’IT attirent également des financements. InfinLink, une startup égyptienne spécialisée dans la connectivité optique, a obtenu 10 millions de dollars avec le soutien de MediaTek, acteur majeur taïwanais des semi-conducteurs. Cet investissement conforte la position de l’Égypte comme un hub technologique émergent, tout en offrant à InfinLink une reconnaissance internationale et un accès facilité aux marchés européens .
Principaux investisseurs corporates et transactions majeures au S1 2025
Les investisseurs corporates les plus actifs dans les startups africaines
Durant le premier semestre 2025, des entreprises locales comme Hollard Group, Flour Mills of Nigeria et Spadel, ainsi que des acteurs internationaux tels que MediaTek, KuCoin et AHOY, ont marqué leur empreinte en Afrique. Ces investisseurs intègrent de plus en plus leurs activités aux chaînes de valeur des startups africaines. En particulier, les entreprises asiatiques (notamment de l’Inde et du Japon) et celles du Moyen-Orient (Émirats arabes unis, Qatar, Arabie saoudite) se sont imposées comme des forces montantes, surpassant les investisseurs traditionnels d’Europe et d’Amérique du Nord.
Selon Ibrahim Sagna, cette tendance reflète une accélération notable, tirée par des investisseurs issus de régions émergentes. Parmi les faits marquants, KuCoin s’est illustré comme un acteur clé dans le secteur de la blockchain aux Seychelles, participant à 7 des 12 transactions corporates enregistrées dans le pays. Voici quelques transactions majeures qui mettent en lumière cette dynamique.
Les plus grosses transactions du S1 2025
Plusieurs levées de fonds stratégiques ont marqué ce semestre. Naked Insurance, basée en Afrique du Sud, a réalisé la plus importante levée de fonds avec un montant de 38 millions de dollars lors d’un tour de Série B+, mené par Hollard Group. En avril 2025, OmniRetail a levé 20 millions de dollars en Série A, avec le soutien de Flour Mills of Nigeria. Du côté des Seychelles, Mango Network a obtenu 13,5 millions de dollars en février, grâce à l’appui de KuCoin.
Voici un récapitulatif des principales transactions du semestre :
| Startup | Pays | Secteur | Montant | Investisseur corporate principal |
|---|---|---|---|---|
| Naked Insurance | Afrique du Sud | Fintech (Assurtech) | 38 M$ | Hollard Group |
| OmniRetail | Nigeria | E-commerce | 20 M$ | Flour Mills of Nigeria |
| Mango Network | Seychelles | Blockchain | 13,5 M$ | KuCoin |
| InfinLink | Égypte | Semi-conducteurs | 10 M$ | MediaTek |
| Khula | Afrique du Sud | Agritech | 7 M$ | PepsiCo (Kgodiso Fund) |
| Kumulus Water | Tunisie | Cleantech | 3 M$ | Spadel |
| Qme | Égypte | IT/Logiciels | 3 M$ | AHOY |
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Comment la croissance du CVC affecte les startups africaines
Avantages pour les startups
L’essor des investisseurs corporates transforme profondément l’écosystème entrepreneurial en Afrique. En plus d’apporter des fonds, les CVC offrent des opportunités stratégiques précieuses : accès aux réseaux de distribution, aux ressources en recherche et développement, et aux références clients de leurs partenaires. Ces avantages peuvent jouer un rôle clé pour les startups cherchant à accélérer leur croissance.
Prenons l’exemple de Moove, une fintech sud-africaine spécialisée dans la mobilité. Début 2025, Moove, qui gère près de 40 000 véhicules, a bénéficié du soutien d’Uber et de MUFG. Ces partenariats lui ont permis d’étendre ses activités à 29 villes réparties sur cinq continents.
Un autre atout des investisseurs corporates est leur approche à long terme. Contrairement aux VC traditionnels, ils ne poussent pas les startups à des sorties précoces, laissant ainsi aux fondateurs le temps de bâtir des entreprises durables tout en restant fidèles à leur vision. Ibrahim Sagna, président exécutif de Silverbacks Holdings, explique :
« Les meilleurs fondateurs lèvent au-delà de la série B… en s’assurant d’avoir dans leur table de capitalisation un investisseur corporate pertinent pour leur secteur, de premier plan mondial ».
En outre, avoir un investisseur corporate reconnu dans son capital renforce la crédibilité d’une startup, facilitant ainsi l’accès à de nouveaux financements. La diversification géographique des investisseurs, notamment en provenance d’Asie et du Moyen-Orient, contribue également à réduire la dépendance aux flux de capitaux traditionnels européens et nord-américains.
Toutefois, malgré ces avantages, cette évolution du CVC n’est pas sans défis.
Risques et limites potentielles
Malgré ses promesses, l’expansion du CVC en Afrique au premier semestre 2025 met en lumière certaines limites structurelles. Les investisseurs corporates ont tendance à s’impliquer davantage dans la gestion quotidienne des startups que les VC classiques. Cette proximité peut parfois détourner les startups de leurs propres objectifs pour les aligner sur ceux de la société mère, comme sécuriser des chaînes d’approvisionnement ou protéger des activités stratégiques.
Un autre problème réside dans la concentration géographique et sectorielle. Les activités de CVC se concentrent principalement dans les « Big Four » – Égypte, Afrique du Sud, Kenya et Nigeria – , laissant les autres régions avec un accès limité au capital stratégique. De plus, la fintech domine toujours le paysage avec près de 50 % des transactions corporates, ce qui limite le développement dans d’autres secteurs clés. Bien que les investissements en phase d’amorçage augmentent, le manque de soutien pour les tours de Série C et au-delà reste préoccupant. En 2025, seules quelques startups ont réussi à franchir cette étape.
Enfin, la dépendance aux capitaux étrangers demeure une faiblesse majeure. Environ 80 % des financements proviennent de l’étranger, ce qui expose les startups africaines à une volatilité accrue en cas de ralentissements économiques mondiaux. Les investisseurs internationaux pourraient retirer leurs capitaux, laissant l’écosystème africain vulnérable.
Quel avenir pour le CVC en Afrique
La croissance des investissements CVC peut-elle se poursuivre
Le record atteint au premier semestre 2025 illustre un engagement profond et stratégique : les grandes entreprises ne se contentent plus de tester le terrain, elles s’impliquent désormais avec des objectifs à long terme bien définis. Cette démarche vise à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, à accéder à des technologies émergentes et à protéger leurs activités stratégiques.
En parallèle, la diversification des sources de capitaux renforce la résilience du marché africain. Ibrahim Sagna, président exécutif de Silverbacks Holdings, souligne cette transformation :
« Cela croît à un rythme rapide, en particulier depuis l’Inde et le Japon… certains des concurrents les plus notables sont désormais les Émirats arabes unis, le Qatar et l’Arabie saoudite. Et puis évidemment l’incontournable Chine ».
De plus, des acteurs locaux comme Flour Mills of Nigeria et OCP Group participent activement à ce mouvement. Ces initiatives locales soutiennent l’innovation tout en limitant la pression liée à des sorties précoces. Sur le plan réglementaire, des avancées majeures ont également été réalisées. Au Nigeria et au Ghana, les fonds de pension peuvent désormais investir dans le private equity et le venture capital, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles sources de financement domestique. Ces changements préfigurent une plus grande autonomie financière pour le continent.
Enfin, le modèle « innover en Afrique, se développer à l’échelle mondiale » démontre son efficacité. Des startups comme Moove et LemFi illustrent cette capacité à exporter des services technologiques africains sur la scène internationale, attirant ainsi des investisseurs corporates de renom.
Obstacles et perspectives après 2025
Malgré ces avancées, certains défis demeurent. La concentration des investissements sur quelques hubs freine le développement de marchés moins desservis.
Un autre obstacle majeur réside dans le manque de financement pour les phases avancées. Si les investissements en amorçage et en Série A ont progressé, les tours de Série C et au-delà restent rares. À ce jour, seules quelques entreprises comme Moniepoint et MoneyFellows ont franchi ce cap en début d’année 2025. Pour répondre à ce besoin, des institutions comme Silverbacks Holdings proposent désormais des financements pouvant atteindre 30 millions de dollars pour les entreprises enregistrant une croissance annuelle de plus de 60 %.
La volatilité monétaire constitue également une menace, notamment au Nigeria, où les fluctuations impactent directement les rendements des investisseurs mesurés en dollars américains. Par ailleurs, la forte dépendance aux capitaux étrangers (environ 80 % des financements) rend l’écosystème africain vulnérable aux perturbations économiques mondiales. Cependant, l’augmentation de la participation des investisseurs africains – passée de 19 % il y a une décennie à 31 % en 2024 – illustre une maturité croissante du marché.
Dotun Olowoporoku, de Ventures Platform, observe une montée en puissance de la participation locale, favorisée par une meilleure structuration du capital et des évolutions réglementaires.
The State of tech in Africa 2025 | A Keynote by Maxime Bayen
Conclusion
Le premier semestre 2025 marque une étape décisive pour l’écosystème des startups en Afrique. Avec 26 transactions soutenues par des investisseurs corporates – une augmentation de 44 % par rapport au précédent record semestriel – et un financement total atteignant 1,35 milliard de dollars, le continent se positionne comme un pôle stratégique pour les grandes entreprises mondiales.
Ce changement repose sur une évolution des priorités : les corporates ne se limitent plus à rechercher des rendements financiers. Ils s’efforcent désormais de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, d’accéder à des technologies émergentes et de pénétrer de nouveaux marchés. Des exemples marquants incluent les 20 millions de dollars investis par Flour Mills of Nigeria dans OmniRetail en avril 2025, ou encore les 7 millions de dollars injectés par le Kgodiso Fund de PepsiCo dans Khula. Ces initiatives illustrent une stratégie d’intégration verticale.
Pour les entrepreneurs, l’enjeu est de devenir des partenaires stratégiques à long terme, capables de répondre aux besoins opérationnels des grandes entreprises. Du côté des investisseurs, la diversification géographique – avec des investissements corporates en Tunisie, au Ghana, en Éthiopie, au Togo et en Ouganda – ouvre la voie à des opportunités sur des marchés encore peu explorés. Par ailleurs, les réformes réglementaires au Nigeria et au Ghana, autorisant les fonds de pension à investir dans le capital-risque, renforcent la capacité financière locale.
Bien que des défis subsistent – comme la concentration géographique, la volatilité des devises et le manque de financement pour les phases avancées – la dynamique est clairement enclenchée. L’implication croissante des investisseurs asiatiques et moyen-orientaux, combinée à l’engagement renforcé des corporates africains, contribue à bâtir un écosystème plus solide et moins dépendant des capitaux occidentaux.
Désormais, l’Afrique ne se contente plus d’attirer des investissements. Elle exporte son savoir-faire et son innovation à l’échelle mondiale, transformant ses startups en acteurs internationaux capables d’acquérir des actifs à l’étranger et de répondre aux besoins des marchés développés.
FAQs
Quels avantages les startups africaines peuvent-elles tirer des investissements en Corporate Venture Capital (CVC) ?
Les investissements en Corporate Venture Capital (CVC) ouvrent des perspectives intéressantes pour les startups africaines, surtout à la lumière de la croissance notable enregistrée au premier semestre 2025. Voici quelques-uns des principaux bénéfices qu’ils offrent :
- Un financement stratégique pour la croissance : Les CVC injectent des fonds qui permettent aux startups de se lancer ou de passer à l’étape suivante de leur développement. Ces apports financiers peuvent être suivis de nouveaux investissements à mesure que l’entreprise progresse.
- Un accès à des ressources précieuses : Les investisseurs corporatifs ne se contentent pas d’apporter de l’argent. Ils partagent aussi leur expertise, leurs technologies et leurs réseaux, aidant ainsi les startups à perfectionner leurs produits et à se développer plus efficacement.
- Un gage de crédibilité : Le soutien d’une entreprise bien établie renforce la réputation d’une startup. Cela peut faciliter l’établissement de partenariats, l’obtention de contrats et l’accès à d’autres sources de financement.
Ces investissements vont bien au-delà d’un simple soutien financier. Ils permettent aux startups d’accélérer leur innovation, de solidifier leur position sur le marché et de viser une expansion à l’international.
Pourquoi la fintech attire-t-elle autant d’investissements CVC en Afrique en 2025 ?
La fintech s’impose comme le secteur phare des investissements de corporate venture capital (CVC) en Afrique en 2025, portée par un marché immense encore largement inexploité. Avec plus de 70 % de la population africaine non bancarisée ou mal desservie, la demande pour des solutions numériques dans les domaines du paiement, du crédit et de la gestion financière est en plein essor. Pour les grandes entreprises, cela représente une opportunité stratégique de toucher des millions de nouveaux clients tout en renforçant leur écosystème numérique.
Le dynamisme du secteur se traduit également par une augmentation notable des tours de financement soutenus par des entreprises, en hausse de 44 % au premier semestre 2025. Cette tendance reflète l’intérêt croissant des grands groupes pour des startups capables de proposer des innovations rapides et évolutives. Les fintechs, en particulier, se démarquent par leur flexibilité, leur capacité à générer des données exploitables et leur intégration fluide aux services existants, notamment dans les domaines des paiements et des télécommunications.
Par ailleurs, les gouvernements africains jouent un rôle clé dans cette dynamique. En simplifiant les réglementations et en encourageant la digitalisation des services financiers, ils créent un environnement propice au développement du secteur. Cette combinaison d’un cadre favorable, d’un fort potentiel de croissance et de synergies stratégiques explique pourquoi la fintech continue d’attirer massivement les investisseurs CVC.
Comment l’arrivée d’investisseurs internationaux transforme-t-elle le capital-risque corporate en Afrique ?
L’arrivée d’investisseurs internationaux venus d’Europe, du Moyen-Orient et d’Asie a insufflé une nouvelle dynamique au capital-risque corporate (CVC) en Afrique. Depuis le début de 2025, les investissements ont connu une augmentation notable, avec une progression de 44 % des tours de financement soutenus par des entreprises par rapport à l’année précédente. Ces acteurs étrangers n’apportent pas seulement des capitaux. Ils offrent également des avantages précieux comme des réseaux de distribution, une expertise dans des secteurs clés tels que la fintech, l’agritech ou la blockchain, ainsi que des synergies technologiques, contribuant ainsi à accélérer le développement des start-ups locales.
Cette ouverture à des investisseurs d’horizons variés permet une meilleure répartition des ressources à travers le continent. Elle réduit la tendance à concentrer les financements uniquement sur des pôles majeurs comme le Nigéria ou le Kenya. En soutenant des projets ayant un impact significatif au niveau local, les multinationales participent à renforcer la compétitivité de l’écosystème africain tout en favorisant l’innovation et les collaborations transfrontalières. Cette évolution marque une étape prometteuse pour le paysage entrepreneurial africain.
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