La République Démocratique du Congo (RDC) investit 8,7 milliards de dollars pour transformer son infrastructure numérique, étendre la connectivité et stimuler son économie.
Ce plan ambitieux, s’étendant sur la période 2026-2030, vise à améliorer l’accès à internet, à moderniser les services publics et à développer les talents technologiques locaux.
C’est une initiative audacieuse pour positionner la RDC comme un hub technologique régional tout en tirant parti de ses riches ressources minérales pour les transitions énergétiques mondiales.
Points Clés
– Expansion des infrastructures : 650 nouvelles communautés bénéficieront d’un accès à la bande passante, connectant 30 millions de personnes et 1 000 institutions publiques.
– Croissance de la main-d’œuvre technologique : Des programmes de formation visent à perfectionner 250 000 jeunes en IA, programmation et cybersécurité.
– Services publics numériques : Une nouvelle plateforme d’e-gouvernement inclura des identifiants numériques, des portails fiscaux et des systèmes de paiement interbancaires d’ici mars 2026.
– Investissement du secteur privé : Des partenariats avec des entreprises mondiales comme Cisco et General Technologies stimulent l’innovation et le financement.
D’ici 2029, ces efforts pourraient ajouter 4,1 milliards de dollars au PIB de la RDC, créer 700 000 emplois et apporter l’internet mobile à 9,7 millions de nouveaux utilisateurs.
Pour les télécoms, la Fintech et les bâtisseurs de technologie, la RDC offre des opportunités inexploitées dans la bande passante rurale, l’argent mobile et les solutions basées sur l’IA pour des secteurs clés comme l’exploitation minière et l’agriculture.
Mises à Niveau des Infrastructures et Expansion de la Connectivité
Expansion de la Bande Passante et du Réseau Mobile
La République Démocratique du Congo (RDC) progresse pour apporter l’accès à l’internet mobile aux 55% de sa population actuellement sans couverture.
En janvier 2025, Vodacom et Orange se sont associés pour déployer jusqu’à 2 000 stations de base solaires au cours des six prochaines années.
La phase initiale cible 1 000 sites équipés de la technologie 2G et 4G, les premières stations devant être mises en service en 2025.
Cette initiative axée sur les zones rurales fonctionne dans le cadre d’un accord de 20 ans où les deux entreprises partagent les infrastructures pour réduire les coûts et étendre efficacement leurs réseaux.
Ce projet vise à fournir des services essentiels – comme la communication vocale, l’accès aux données et l’argent mobile – à 19 millions de personnes dans les zones rurales mal desservies.
En partageant les ressources du réseau, le partenariat réduit les coûts opérationnels, rendant ainsi possible la couverture de régions à faible rentabilité financière.
Le soutien financier comprend 400 millions de dollars du programme IDEA de la Banque Mondiale, ainsi que 100 millions d’euros supplémentaires de l’Agence Française de Développement, pour attirer les investissements privés dans l’expansion de la bande passante dans les zones non desservies.
> Le Projet de Transformation Numérique sera essentiel pour améliorer l’accès et l’utilisation d’internet… Ces améliorations contribueront au développement économique et humain… et aideront à atteindre les objectifs climatiques et à s’attaquer aux principaux facteurs de fragilité. – Albert Zeufack, Directeur Pays de la Banque Mondiale pour la RDC
Des réformes réglementaires sont également en cours pour étendre davantage la connectivité.
Les efforts visant à moderniser les politiques fiscales et à rationaliser les taxes sectorielles devraient réduire les coûts pour les consommateurs et attirer davantage la participation du secteur privé.
Ces changements pourraient connecter 9,7 millions d’utilisateurs uniques supplémentaires d’internet mobile d’ici 2029.
Intégration des Énergies Renouvelables dans les Infrastructures
Pour assurer la durabilité à long terme de son infrastructure numérique, la RDC intègre les énergies renouvelables dans ses plans d’expansion. L’énergie solaire joue un rôle central, en particulier dans les zones rurales où le réseau électrique national est soit peu fiable, soit inexistant.
Cette approche s’attaque à l’un des plus grands défis de l’adoption numérique dans le pays. À l’échelle mondiale, plus de 90% de la nouvelle capacité énergétique ajoutée en 2024 provenait de sources d’énergie propres, une tendance qui devrait se poursuivre jusqu’en 2026 alors que la RDC développe son infrastructure de connectivité.
> La République Démocratique du Congo a l’opportunité de faire un bond en avant vers une économie numérique. Mais pour réaliser pleinement ce potentiel, les réformes en matière de politique fiscale, de gestion du spectre et d’infrastructure énergétique doivent être priorisées. – Angela Wamola, Responsable Afrique, GSMA
L’utilisation d’énergies renouvelables assure non seulement la viabilité des opérations de télécoms dans les zones rurales, mais soutient également les objectifs climatiques de la RDC.
En alignant la transformation numérique sur les objectifs environnementaux, le pays se positionne pour attirer les investissements dans les secteurs de la technologie et de l’énergie durable.
Avec une abondance de minéraux critiques nécessaires aux transitions énergétiques mondiales, la RDC possède un avantage unique.
Les décideurs politiques travaillent à aligner les stratégies énergétiques et de télécommunications, garantissant que les nouvelles tours disposent de l’infrastructure électrique nécessaire pour un succès à long terme.
Cela ouvre des portes à des collaborations entre les entreprises technologiques et les fournisseurs d’énergie pour créer des solutions intégrées.
-Programmes Numériques Dirigés par le Gouvernement
La République Démocratique du Congo (RDC) a élaboré un plan ambitieux de transformation numérique à travers son Plan Numérique National 2026–2030.
Avec un investissement total de 1 milliard de dollars américains et un financement annuel de 250 millions de dollars américains, le plan se concentre sur des domaines clés tels que le développement d’infrastructures, les services publics numériques, la cybersécurité et la promotion de l’inclusion humaine.
Le Président Félix Tshisekedi a engagé ces ressources pour stimuler l’évolution numérique du pays au cours des prochaines années.
Un aspect majeur de cette initiative est l’intégration de plateformes telles que l’ID numérique national et le « DRC Pass » avec les services d’e-gouvernement. Ces services comprennent un portail fiscal en ligne, un guichet unique douanier et un système d’état civil numérisé.
D’ici mars 2026, le gouvernement vise à déployer une Plateforme Nationale de Paiements Interbancaires, qui permettra des transactions financières fluides entre les banques et les fournisseurs d’argent mobile.
Ce système interconnecté est conçu pour favoriser un écosystème numérique et Fintech unifié, créant des opportunités pour les entreprises de développer des solutions qui relient la banque traditionnelle et les portefeuilles mobiles.
Le Projet de Transformation Numérique est une autre pierre angulaire de cette stratégie, ciblant 30 millions d’utilisateurs. Avec une allocation de 385 millions de dollars américains pour l’accès numérique et de 55 millions de dollars américains pour l’infrastructure d’e-gouvernement, le projet vise à renforcer l’inclusion, en mettant l’accent sur le fait que 50% des bénéficiaires soient des femmes.
Opportunités dans l’Écosystème Fintech
Les initiatives numériques du gouvernement jettent une base solide pour la croissance de la Fintech, ouvrant la voie à l’innovation dans les services financiers.
Par exemple, en mars 2025, Rawbank et Equity BCDC ont commencé à utiliser des applications bancaires mobiles pour payer les salaires des enseignants à Goma et Bukavu.
Ces paiements sont transférés vers des portefeuilles électroniques comme Airtel Money, M-Pesa et Orange Money, démontrant comment les solutions mobile-first peuvent maintenir l’accès financier même pendant les perturbations.
Cependant, des défis tels que les frais de retrait élevés – atteignant parfois jusqu’à 10% – soulignent la nécessité d’options de paiement numérique plus abordables. Avec une pénétration de l’internet mobile encore à seulement 17% en 2024, il existe un vaste marché inexploité pour des solutions Fintech accessibles.
La plateforme de paiements interbancaires prévue devrait améliorer la compatibilité entre divers services Fintech, ouvrant la voie à une adoption plus large. Les réformes numériques devraient injecter 4,1 milliards de dollars américains dans l’économie de la RDC d’ici 2029.
De plus, la numérisation des interactions citoyen-gouvernement pourrait augmenter les recettes fiscales directes de 1,2 à 1,3 points de pourcentage du PIB.
Pour les investisseurs et les innovateurs technologiques, la combinaison d’un fort soutien gouvernemental, d’une infrastructure en expansion et d’une vaste population mal desservie offre une opportunité prometteuse de remodeler les paiements numériques et les services bancaires en RDC.
Stratégie Nationale d’IA et Programmes de Formation
La République Démocratique du Congo (RDC) a placé « le renforcement du capital humain et de l’inclusion » au cœur de son Plan Numérique National 2026–2030. Une initiative clé est l’Académie Congolaise d’Intelligence Artificielle, qui vise à développer les talents locaux, à faire progresser la recherche appliquée et à créer des solutions d’IA adaptées aux secteurs critiques comme l’agriculture, l’exploitation minière, l’éducation et la santé.
Pour soutenir ces ambitions, le gouvernement prévoit d’allouer 1 milliard de dollars sur cinq ans, avec 500 millions de dollars supplémentaires provenant de partenariats internationaux.
Lors de l’événement « DRC Digital Nation 2030 » en septembre 2025, un protocole d’accord a été signé avec Cisco et Cybastion pour former 250 000 jeunes dans des domaines tels que la cybersécurité, la science des données, la programmation et l’entrepreneuriat numérique.
Le programme comprend également une formation en anglais technique, reconnaissant son importance pour la participation numérique mondiale.
Un soutien supplémentaire provient du programme IDEA de la Banque Mondiale, approuvé en juin 2024. Cette initiative fournit 400 millions de dollars de crédit, complétés par 100 millions d’euros de l’Agence Française de Développement, pour stimuler la transformation numérique de la RDC.
Le programme devrait former 3 000 jeunes aux compétences numériques avancées et 1 000 professeurs de collège.
> Ce projet… préparera des milliers de jeunes avec des compétences numériques employables, stimulera l’innovation numérique et aidera à atteindre les objectifs climatiques et à s’attaquer aux principaux facteurs de fragilité. – Albert Zeufack, Directeur Pays de la Banque Mondiale pour la RDC
Ces investissements jettent les bases d’une main-d’œuvre équipée pour relever les défis locaux et développer des solutions innovantes et locales.
Opportunités pour les Bâtisseurs de Technologie
Avec ces initiatives de capital humain en cours, les innovateurs technologiques en RDC disposent d’une multitude d’opportunités à saisir. Des secteurs comme l’IA, la cybersécurité et la science des données sont propices aux startups cherchant à laisser leur empreinte.
Le gouvernement encourage activement les partenariats public-privé pour financer des projets numériques et renforcer l’expertise locale. Les startups qui alignent leurs solutions sur les priorités du pays – entrepreneuriat numérique, innovation et technologie souveraine – sont bien positionnées pour réussir.
> Notre objectif est de tirer parti des avantages de l’économie numérique et de positionner notre pays… comme un catalyseur d’investissement et un contributeur aux défis clés de notre temps. – Augustin Kibassa Maliba, Ministre de l’Économie Numérique
Le bassin croissant de professionnels qualifiés complète les réformes numériques plus larges, créant un terrain fertile pour la prospérité des startups.
Les entrepreneurs se concentrant sur les applications d’IA dans l’exploitation minière et l’agriculture, ou ceux visant à renforcer l’infrastructure de cybersécurité, bénéficieront probablement à la fois du soutien gouvernemental et d’une demande croissante de solutions numériques.
Ces efforts devraient stimuler la croissance économique et créer de nouvelles opportunités d’emploi à travers le pays.
Construire la Confiance Numérique et la Souveraineté
La République Démocratique du Congo (RDC) a fait de la « Cybersécurité et Confiance Numérique » l’un des piliers centraux de son Plan Numérique National 2026–2030 (PNN2), reconnaissant que la protection de la confidentialité des données et la création de systèmes résilients sont essentielles à la croissance économique.
Pour y parvenir, la RDC a créé l’Agence Nationale du Numérique (ADN) et le Conseil National du Numérique (CNN) pour superviser un cadre numérique sécurisé. Une étape importante est le développement d’un centre de données Tier 3 à Kinshasa, ce qui réduit la dépendance vis-à-vis des serveurs étrangers.
Un objectif majeur du plan est la souveraineté technologique. En juin 2025, le gouvernement s’est associé à Trident Digital Tech Holdings, basée à Singapour, pour lancer le système d’ID numérique « DRC Pass ».
Construit sur la technologie Blockchain, ce système crée des enregistrements infalsifiables, renforçant la confiance institutionnelle tout en conservant les données sensibles des citoyens à l’intérieur du pays. Cette initiative devrait également créer 30 000 emplois dans l’informatique, la cybersécurité et la fonction publique.
Pour soutenir ces efforts, la RDC a intégré la formation en cybersécurité pour 250 000 jeunes dans sa stratégie nationale.
De plus, le programme IDEA de la Banque Mondiale, d’un montant de 400 millions de dollars, approuvé en juin 2024, alloue 55 millions de dollars spécifiquement au développement des services de confiance.
Comment l’Infrastructure Numérique Bénéficie aux Secteurs Clés
Le renforcement de l’infrastructure numérique non seulement améliore la confiance, mais apporte également des avantages mesurables dans des secteurs critiques.
D’ici 2029, la transformation numérique devrait contribuer à hauteur de 4,1 milliards de dollars à l’économie de la RDC, les technologies mobiles à elles seules débloquant 8,6 billions de CDF de valeur dans des industries comme l’exploitation minière, l’agriculture et les services publics.
L’Académie Congolaise d’Intelligence Artificielle joue un rôle clé, développant des solutions sur mesure qui améliorent la productivité tout en maintenant une sécurité des données robuste.
Dans l’agriculture, les outils d’agriculture de précision, alimentés par une meilleure connectivité, pourraient augmenter les rendements des cultures de 10,5% à 20% et stimuler les bénéfices de 23% en Afrique subsaharienne.
Pour le secteur minier, la recherche axée sur l’IA devrait améliorer la transparence et la compétitivité grâce à un meilleur suivi des minéraux et à l’efficacité opérationnelle.
Dans les soins de santé, la gestion sécurisée des données et l’intégration des plateformes mobiles sont destinées à moderniser les services tout en protégeant les informations des patients.
En outre, la numérisation des interactions gouvernement-citoyens devrait augmenter les recettes fiscales directes en pourcentage du PIB de 1,2 à 1,3 points de pourcentage, fournissant un financement supplémentaire pour les projets d’infrastructure.
> Ce projet soutiendra les investissements dans les blocs de construction numériques transversaux et les services de confiance nécessaires pour étendre la fourniture de services numériques à travers la RDC de manière rentable et sécurisée. – Fiche d’information de la Banque Mondiale
Opportunités d’Investissement et de Partenariat
Le gouvernement de la RDC a engagé 1 milliard de dollars (2026–2030) pour son Plan Numérique National, complété par 500 millions de dollars supplémentaires provenant de partenaires internationaux.
Ce financement crée de nombreuses opportunités pour les Partenariats Public-Privé (PPP), en particulier dans les zones rurales mal desservies où les lacunes en matière d’infrastructures sont les plus évidentes.
En février 2025, la firme indienne General Technologies a signé un protocole d’accord d’1 milliard de dollars avec le gouvernement de la RDC pour exécuter diverses initiatives numériques.
De même, le Unity Development Fund, basé aux États-Unis, a annoncé des plans d’investissement dans les infrastructures, l’innovation et les programmes technologiques pour les jeunes lors du forum « DRC Digital Nation 2030 » en septembre 2025.
Ces collaborations soulignent l’engagement de la RDC à favoriser les partenariats internationaux.
Pour les entreprises recherchant des points d’entrée structurés, l’Unité d’Exécution du Projet sous l’égide du Ministère des Postes, Télécommunications et du Numérique est un contact clé.
Cette unité gère le Projet de Transformation Numérique de 510 millions de dollars, soutenu par la Banque Mondiale et l’Agence Française de Développement.
Elle travaille en étroite collaboration avec les investisseurs privés pour aligner les efforts sur les quatre piliers du Plan Numérique National (PNN2) : infrastructure et connectivité, services publics numériques, capital humain et inclusion, et cybersécurité et confiance numérique.
> Ce projet mobilisera d’importants investissements en capital privé et comblera les lacunes en matière de connectivité numérique. – Albert Zeufack, Directeur Pays de la Banque Mondiale pour la RDC
Ce cadre coordonné assure une approche unifiée du développement numérique tout en offrant des opportunités claires pour des initiatives sectorielles spécifiques.
Points d’Entrée Sectoriels Spécifiques
Chaque secteur offre des opportunités ciblées avec des objectifs et des échéanciers définis :
Télécoms : L’accent est mis sur l’expansion de la bande passante rurale pour connecter 9,7 millions d’utilisateurs mobiles supplémentaires d’ici 2029. Cela inclut la mise à niveau des réseaux de fibre optique, des tours rurales et du spectre 4G/5G.
Fintech : La future Plateforme Nationale de Paiements Interbancaires offre une opportunité d’étendre les services financiers numériques à plus de 100 millions de personnes ayant un accès bancaire limité.
Les entreprises Fintech peuvent également développer des outils pour les systèmes douaniers numérisés et les portails fiscaux en ligne.
Bâtisseurs de technologie : Les opportunités incluent la collaboration sur des programmes de formation pour améliorer les compétences numériques locales et le partenariat avec l’Académie Congolaise d’Intelligence Artificielle.
Ces partenariats peuvent se concentrer sur des solutions d’IA localisées pour des secteurs comme l’exploitation minière, l’agriculture et la santé.
Les initiatives de formation aux compétences numériques renforcent davantage la collaboration avec le gouvernement.


