La Womandla Foundation, organisation sud-africaine à but non lucratif spécialisée dans la montée en compétences, a franchi une étape cruciale dans la lutte contre le chômage technologique.
En partenariat avec l’Association internationale pour l’effort volontaire (IAVE) et IBM SkillsBuild, elle a officiellement lancé la deuxième phase de l’initiative Reskilling Revolution Africa en Afrique du Sud.
Une réponse stratégique à l’automatisation
Ce programme ambitieux vise à doter les femmes et les jeunes de compétences adaptées au marché du travail de demain, alors que l’automatisation continue de transformer radicalement les emplois de premier échelon.
« Chez IBM, nous pensons que l’accès aux compétences technologiques est un catalyseur pour une croissance économique inclusive », a déclaré John Matogo, responsable de la responsabilité sociale des entreprises pour IBM Moyen-Orient et Afrique.
Approuvée par l’Union Africaine en 2023, la Reskilling Revolution a piloté sa première phase fin 2024 au Nigeria, en Éthiopie et en Afrique du Sud, touchant environ 30 000 jeunes. Les participants suivent des parcours d’apprentissage sur la plateforme gratuite IBM SkillsBuild, couvrant la littératie numérique, l’intelligence artificielle (IA), la cybersécurité et l’entrepreneuriat.
L’IA : Un tournant structurel pour le marché du travail
L’Afrique du Sud fait face à un défi de taille : le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans avoisine les 59 %, l’un des plus élevés au monde. Si l’impact exact de l’IA sur les licenciements reste difficile à isoler des facteurs économiques globaux, la menace est réelle pour des secteurs comme l’externalisation des processus métier (BPO) et les centres d’appels.
Adapter les écosystèmes d’apprentissage
« Nous devrions moins nous concentrer sur la prédiction du nombre d’emplois perdus et davantage sur la construction d’écosystèmes d’apprentissage adaptatifs », affirme Sam Gqomo, fondatrice de la Womandla Foundation.
Elle souligne que la fondation propose 36 parcours d’apprentissage gratuits dans les domaines des STEM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques) et des industries créatives.
Khadija Richards, responsable de l’impact chez Womandla, perçoit la transition vers l’IA non pas comme une menace, mais comme un tournant structurel. Selon elle, l’automatisation transformera les tâches répétitives dans l’administration et le commerce de détail, tout en créant de nouvelles strates d’emploi : supervision de l’IA, gestion des opérations numériques et design de l’expérience client.
Le défi de l’alignement politique
Un thème récurrent de l’initiative est le décalage temporel : alors que les cycles de capacité de l’IA évoluent en quelques mois, les cycles éducatifs et politiques se comptent en années.
Pour que l’Afrique du Sud tire profit de cette révolution, les experts appellent à une reconnaissance accrue des certifications non traditionnelles et à un investissement massif dans les infrastructures de connectivité.
Conclusion
Le pays se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins : soit l’adoption de l’IA accentue les inégalités, soit elle catalyse la productivité nationale. La réussite de cette transition dépendra de la capacité des systèmes à permettre à la jeunesse de façonner les nouveaux emplois de l’économie numérique.


