L’écosystème des startups et de la tech en Afrique a enregistré un rebond notable de ses investissements. En effet, 37 entreprises du continent ont annoncé des transactions totalisant environ 135 millions de dollars, combinant fonds propres, instruments de dette et subventions.
Ce montant marque une hausse par rapport aux 110 millions de dollars d’avril, ainsi qu’une augmentation significative du nombre de transactions par rapport à mars, où seulement 22 entreprises avaient dévoilé des financements.
Selon les analystes, la reprise de l’activité transactionnelle — bien qu’elle reste inférieure aux moyennes sur 12 mois d’environ 255 millions de dollars par mois — témoigne d’un marché en pleine maturité.
Les investisseurs y déploient leurs capitaux de manière plus sélective, en mettant l’accent sur la viabilité financière et les fondamentaux commerciaux.
Dette et fonds propres presque à parité
L’une des caractéristiques majeures des levées de fonds de mai réside dans la répartition quasi équitable entre financement par actions et par dette. Les startups ont ainsi levé environ 65 millions de dollars en fonds propres et 68 millions de dollars en dette, complétés par environ 2 millions de dollars de subventions non dilutives.
Les experts soulignent que cet équilibre représente un changement significatif par rapport aux années précédentes, où les transactions en capital représentaient environ 70 % des investissements dans les startups en Afrique.
Les observateurs du secteur considèrent le rôle croissant du financement par emprunt comme une preuve de la maturation des marchés de capitaux.
Si les fonds propres restent attractifs pour les entreprises à fort potentiel de croissance, les facilités de crédit sont de plus en plus utilisées par les startups disposant de flux de trésorerie prévisibles ou de modèles de revenus tangibles pour se développer sans diluer fortement l’actionnariat des fondateurs.
Les transactions majeures derrière les chiffres
Bien que des dizaines de startups aient annoncé des financements en mai, une poignée de transactions d’envergure a représenté une part importante du capital total mobilisé. Parmi les engagements les plus importants, on retrouve :
- Nala, une plateforme fintech de premier plan, qui a obtenu une facilité de crédit de 50 millions de dollars pour soutenir sa croissance ;
- LemFi, qui a étendu son tour de table de série B avec 30 millions de dollars de capital supplémentaire ;
- Africa GreenCo, qui a levé 10 millions de dollars pour accélérer le développement des énergies propres ; et
- Bfree, qui a bouclé un tour de table de 10 millions de dollars, illustrant l’intérêt des investisseurs pour les plateformes numériques et les services écosystémiques.
Ensemble, ces quatre transactions ont représenté près des trois quarts des 135 millions de dollars levés. Cela met en lumière une tendance où les tickets de taille institutionnelle dominent les chiffres globaux, même si les opportunités de financement se diversifient aux stades plus précoces.
Focus régionaux et sectoriels
Sur le plan géographique, le financement est resté concentré en Afrique de l’Ouest et de l’Est, qui ont capté ensemble environ 85 % du capital total levé en mai.
Dans cette dynamique, le Nigeria a représenté environ 64 % de l’ensemble des financements en fonds propres, confirmant sa position de leader dans la création de fintechs et de services financiers à fort impact.
Les tendances sectorielles de mai continuent de refléter la dynamique continentale globale, la fintech menant une fois de plus la danse grâce à des transactions majeures comme la facilité de crédit de Nala et l’extension de LemFi.
Bien que la fintech reste le principal moteur, d’autres secteurs tels que les énergies propres, les technologies climatiques et les plateformes numériques ont également présenté des opportunités d’investissement attractives, témoignant d’une diversification de l’intérêt des investisseurs.
Perspectives du marché et grandes tendances
Malgré la dynamique observée en mai, les données à long terme indiquent que les volumes de financement en 2026 pourraient rester inférieurs aux sommets enregistrés en 2021 et 2022, années record pour la tech africaine.
Néanmoins, le rythme de 30 à 40 transactions par mois et des flux de capitaux mensuels compris entre 100 et 200 millions de dollars suggère un nouvel équilibre.
Celui-ci est façonné par des audits préalables plus rigoureux, un mix de capitaux plus équilibré et un accent mis par les investisseurs sur des modèles économiques durables.
Cette évolution du paysage du financement démontre une confiance croissante dans la résilience des startups africaines, même si les pressions macroéconomiques et l’évolution des conditions mondiales des capitaux influencent la conclusion des transactions.
Les premiers signaux de juin 2026 — notamment les annonces de startups comme Spiro — indiquent que les montants globaux pourraient bénéficier de hausses périodiques grâce à des transactions de grande envergure, aidant ainsi l’écosystème à maintenir sa dynamique de croissance.


