Selon le dernier rapport du cabinet d’analyse Omdia, l’année 2025 a marqué un tournant décisif pour la mobilité en Afrique.
Sur les 84,4 millions de smartphones expédiés sur le continent, soit une hausse de 13 % sur un an, plus de 80 % affichaient un prix inférieur à 200 dollars.
Ce segment d’entrée de gamme s’impose désormais comme le pilier central de la transition numérique africaine, représentant 81 % du volume total des ventes.
Le Nigeria : un baromètre de l’accessibilité numérique
Au Nigeria, où le smartphone est la principale porte d’entrée vers internet, l’accessibilité financière demeure le plus grand obstacle à l’inclusion numérique. Bien que le pays ait enregistré 147,52 millions de connexions mobiles fin 2025, près de six Nigérians sur dix restent déconnectés.
La volatilité du Naira impacte directement le prix des appareils importés. Après une période de stagnation en 2024, le marché nigérian a retrouvé des couleurs en 2025, affichant une croissance de 29 % au troisième trimestre grâce à une relative stabilité des taux de change et au développement du financement d’appareils.
Dynamiques régionales et contrastes économiques
L’Afrique subsaharienne s’est imposée comme le moteur de la demande continentale. L’Afrique du Sud a enregistré une croissance spectaculaire de 38 %, portée par le segment prépayé.
En Égypte, le marché a progressé de 22 %, soutenu par les avantages de la fabrication locale et les offres de marques comme Samsung, Xiaomi et OPPO.
À l’inverse, le Kenya a stagné avec une hausse de seulement 3 %, tandis que le Maroc a vu ses volumes baisser de 3 % sous le poids des taxes à l’importation.
Perspectives pour 2026 : une correction à l’horizon
Malgré une année 2025 record, Omdia prévoit une correction majeure en 2026, avec une baisse possible de 23 % des expéditions. Manish Pravinkumar, analyste principal chez Omdia, avertit que la pression sera intense au Nigeria et au Kenya, où la demande est ultra-sensible aux prix.
Toutefois, des marchés plus matures comme l’Afrique du Sud, portés par les forfaits post-payés et le segment premium, pourraient mieux résister à ce ralentissement annoncé.


