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Finance climat : l’Afrique appelle l’UE à relayer les USA

Alors que les États-Unis poursuivent leur désengagement des engagements climatiques mondiaux, les nations africaines accentuent la pression sur l’Union européenne pour qu’elle intervienne et comble le déficit de financement qui en résulte.

Un vide financier critique pour l’adaptation climatique en Afrique

Le retrait américain de l’Accord de Paris et de la CCNUCC pousse à une réorganisation des priorités mondiales. L’UE est désormais attendue au tournant pour jouer un rôle moteur dans l’action climatique sur le continent africain.

Cette pression intervient à un moment charnière. Le déficit de financement de l’Afrique pour la seule adaptation au changement climatique est estimé entre 187 et 359 milliards de dollars par an, alors que les promesses internationales restent largement insuffisantes.

Malgré le Cadre des Émirats arabes unis pour la résilience climatique mondiale introduit lors de la COP28, les progrès sur le financement de l’adaptation piétinent, et l’objectif de doubler ces financements pour atteindre 40 milliards de dollars d’ici 2025 n’est toujours pas atteint.

L’Union européenne face à ses engagements et à la concurrence géopolitique

Bien que l’UE demeure un bailleur de fonds majeur pour le climat mondial, avec une contribution de 28,6 milliards d’euros en 2023, les promesses financières non tenues, le manque de transparence et le faible impact local alimentent une désillusion croissante à travers l’Afrique.

Malgré l’importance stratégique grandissante de l’Afrique, l’Europe a réduit son engagement ces dernières années. La part de l’aide européenne au développement allouée au continent a chuté à son plus bas niveau depuis des décennies.

Les analystes avertissent que l’Afrique n’attendra pas indéfiniment. Pendant que l’Europe hésite, d’autres puissances comme la Chine, la Russie et les États du Golfe étendent méthodiquement leur influence via des projets d’infrastructure, des investissements massifs et une coopération politique renforcée.

La montée en puissance des investissements privés

Face à l’inertie publique, les capitaux privés commencent à se mobiliser. ARM-Harith Infrastructure Investments a récemment bouclé la première clôture de son Climate Transition Fund à hauteur de 76 millions de dollars, ciblant un objectif global de 200 millions de dollars pour financer des infrastructures résilientes et des projets de transition énergétique en Afrique subsaharienne.

Alors que la COP30 n’a pas réussi à combler l’écart entre les ambitions et les actions concrètes, l’appel lancé aux institutions européennes pour qu’elles respectent leurs engagements se fait de plus en plus pressant.

Ecrit par Aya Rziga

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