En 2018, Tayo Aina a embarqué pour la Russie sans visa, profitant d’une exemption exceptionnelle pour la Coupe du Monde de la FIFA.
Introduction
Ce voyage, financé par ses économies de vidéaste indépendant s’élevant à environ 830 dollars, a marqué un tournant décisif dans sa vie.
« La vie ne doit pas forcément être comme à Lagos », a-t-il réalisé en découvrant Moscou. Ce séjour a éveillé en lui une soif insatiable de découvrir le reste de l’Afrique et de documenter ses réalités au-delà des frontières nigérianes.
Des débuts modestes : Entre Uber et Spacebook
Avant de devenir une figure emblématique de YouTube, Aina a exploré l’écosystème tech avec Spacebook, une plateforme qu’il imaginait comme l’« Airbnb de l’Afrique ».
Après l’échec de ce projet, il est devenu chauffeur Uber à Lagos en 2017. Cette expérience, loin d’être un frein, lui a permis d’explorer la ville sous un nouvel angle.
Entre deux courses, il étudiait les créateurs internationaux sur son téléphone, commençant lui-même à documenter des lieux d’intérêt avec les moyens du bord.
L’impact viral et la réappropriation du récit africain
Le véritable tournant survient en avril 2018 lors de la visite de la star internationale J. Cole au Nigeria. En échange d’un billet de concert, Aina propose une couverture vidéo gratuite à l’équipe de l’artiste.
La vidéo, montée en un temps record, atteint rapidement le million de vues. C’est à ce moment qu’il comprend le pouvoir du storytelling et l’importance de montrer le Nigeria sous un jour nouveau.
Aina a rapidement identifié un manque crucial : les récits sur l’Afrique étaient majoritairement portés par des non-Africains. « Un New-Yorkais blanc a une perception différente de quelqu’un qui a grandi au Nigeria », explique-t-il. Sa mission est alors devenue claire : offrir une perspective authentique et nuancée du continent.
La naissance de la série « Made in Africa »
Bloqué en Afrique du Sud pendant huit mois à cause de la pandémie de COVID-19 en 2020, Aina a transformé cette contrainte en opportunité en lançant la série « Made in Africa ». Au-delà du tourisme, il a choisi de mettre en lumière les entrepreneurs et les bâtisseurs du continent.
Cette période de confinement lui a permis de franchir le cap des 100 000 abonnés et de commencer à monétiser sérieusement son contenu via AdSense.
Bâtir l’infrastructure de l’économie des créateurs
Aujourd’hui, Tayo Aina boucle la boucle en revenant à ses racines technologiques. Conscient des difficultés rencontrées par les créateurs isolés, il a fondé la YouTube Creator Academy en 2022.
Après une restructuration majeure en 2024, le programme propose désormais un coaching en direct et s’appuie sur une équipe internationale répartie entre le Nigeria, le Ghana et les États-Unis.
Conclusion
Son ambition ne s’arrête pas là. Avec le lancement de Leenkies, un outil « link-in-bio » permettant aux créateurs de gérer leurs paiements sans commission, Aina souhaite bâtir une véritable infrastructure pour l’économie numérique africaine.
À l’instar de ce que MrBeast réalise aux États-Unis, Tayo Aina transforme son influence en un écosystème de solutions technologiques pour la nouvelle génération de créateurs globaux.


