dans , ,

Nigeria : 5 leçons du Comité de Politique Monétaire de 2026

Lors de sa 304ème réunion tenue le 24 février 2026 à Abuja, le Comité de politique monétaire (MPC) de la Banque Centrale du Nigeria (CBN) a pris une décision stratégique majeure. Après des mois de resserrement agressif, le comité a abaissé le taux de politique monétaire (MPR) de 50 points de base pour le ramener à 26,5 %.

Introduction

Cette décision intervient après onze mois consécutifs de baisse de l’inflation et une stabilisation notable du marché des changes, signalant que les mesures antérieures commencent enfin à porter leurs fruits.

Un pivot stratégique face à une inflation en recul

L’inflation globale au Nigeria a ralenti pour atteindre 15,10 % en glissement annuel en janvier 2026. Ce ralentissement, couplé à des réserves de change atteignant un sommet de 13 ans à 50,45 milliards de dollars, a donné à la CBN la marge de manœuvre nécessaire pour assouplir sa politique sans compromettre la stabilité économique.

1. Le succès de la politique monétaire restrictive

La baisse des taux démontre que la CBN croit en l’efficacité de son cycle de resserrement précédent. La modération des prix reflète l’impact différé des hausses de taux passées. Les données actuelles ont donné aux décideurs la confiance nécessaire pour amorcer une détente légère tout en restant prudents face aux pressions persistantes.

2. La stabilité du Naira comme levier d’ajustement

L’amélioration de la liquidité en devises étrangères, l’augmentation des flux de capitaux et la régularité des envois de fonds ont stabilisé le Naira. Avec une couverture d’importation de 9,68 mois, les réserves actuelles offrent un coussin de sécurité contre les chocs externes, réduisant le risque qu’une baisse des taux ne déclenche une nouvelle pression monétaire.

3. L’offre alimentaire au cœur de la désinflation

L’économie nigériane étant fortement pondérée par l’alimentation, l’amélioration de l’offre de produits de base tels que le riz, le maïs et le soja a été déterminante. Cela souligne un point crucial : les taux d’intérêt seuls ne peuvent résoudre l’inflation dans une économie tirée par l’offre. La logistique et la production agricole restent des piliers essentiels.

4. La recapitalisation bancaire, moteur de croissance

Le MPC a passé en revue les progrès de la recapitalisation du secteur bancaire. À ce jour, 33 banques ont levé des capitaux supplémentaires, et 20 ont déjà atteint le nouveau seuil minimum, notamment Zenith Bank, UBA, et First Bank. Un système bancaire solide est jugé indispensable pour soutenir l’ambition du gouvernement d’atteindre une économie à 1 000 milliards de dollars.

5. Une vigilance maintenue face aux risques budgétaires

Malgré l’assouplissement, le ton reste à la vigilance. Le comité a mis en garde contre les pressions inflationnistes potentielles liées à l’augmentation des dépenses publiques et aux incertitudes mondiales. La CBN prévoit une inflation moyenne de 12,94 % pour 2026, mais prévient que tout dérapage budgétaire pourrait interrompre ce cycle de baisse des taux.

Ecrit par Eya Rziga

SEO Copywriter 🖋Fashion and Tech Journalist | PR | Content Creator ⌨ | Digital Marketer in permanent beta.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nigeria

Nigeria : Le JAMB promet des remboursements aux malvoyants

Capital-Risque : Le Corporate VC atteint un sommet historique au S1 2025

Dimension Data Nigeria : 20 milliards NGN pour le numérique