Le paysage technologique du Zimbabwe s’apprête à connaître une transformation radicale. Les nouvelles régulations prévues pour 2026 introduisent des changements profonds pour les cryptomonnaies, le mobile money et les startups.
Introduction
L’objectif affiché par le gouvernement est de formaliser l’économie numérique, mais ces mesures s’accompagnent d’exigences de conformité strictes et d’une pression fiscale accrue.
Cryptomonnaies : Une fiscalité lourde et une surveillance accrue
Le nouveau cadre fiscal de 2026 impose des défis de taille aux utilisateurs et aux plateformes d’actifs numériques. La Digital Services Withholding Tax (DSWT) instaurera un prélèvement de 15 % sur les paiements effectués vers les bourses crypto offshore.
À titre de comparaison, ce taux est nettement supérieur aux 1,5 % appliqués au Kenya ou aux 2 % en Tanzanie. De plus, l’impôt sur les transferts monétaires intermédiés (IMTT) s’appliquera à hauteur de 2 % sur les transactions en USD et 1,5 % en monnaie locale (ZiG).
Le ministre des Finances, Mthuli Ncube, justifie ces mesures par la nécessité de réguler les plateformes offshore qui servent les utilisateurs locaux sans présence physique.
Pour garantir l’application de ces règles, le système TaRMS permettra une surveillance des transactions en temps réel, rendant presque impossible l’anonymat des échanges à gros volume.
Mobile Money : Les opérateurs transformés en collecteurs d’impôts
Dès le 1er janvier 2026, les opérateurs de mobile money devront retenir une taxe de 15 % sur les paiements vers des services numériques étrangers (cloud, publicité, streaming).
Cette charge s’ajoute à l’IMTT existant, portant la pression fiscale totale sur certaines transactions à environ 17 %. Selon Christopher Mugaga, PDG de la Chambre de commerce nationale du Zimbabwe, cette politique risque d’entraîner une hausse de l’inflation des services et du coût de la vie.
Conformité et protection des données : Des coûts en hausse pour les startups
Les entreprises technologiques et les startups ne sont pas épargnées. Elles devront faire face à une taxe de 15 % sur les outils SaaS et les services cloud essentiels. De plus, la loi COBE Act impose une réimmatriculation obligatoire avant le 20 avril 2026.
Sur le plan de la protection des données, les plateformes sont désormais classées comme « responsables de traitement » par la POTRAZ. Elles devront obligatoirement nommer un Data Protection Officer (DPO) sous peine d’amendes allant jusqu’à 1 000 USD ou de peines d’emprisonnement.
Conclusion
En conclusion, si ces régulations visent à légitimer le secteur tech, les experts craignent qu’une fiscalité trop agressive ne pousse les utilisateurs vers le marché informel, sapant ainsi les efforts de transparence du gouvernement.


