Déploiement 5G : État des lieux et tendances clés en Afrique pour 2025

Déploiement 5G : État des lieux et tendances clés en Afrique pour 2025
Déploiement 5G : État des lieux et tendances clés en Afrique pour 2025

La 5G progresse en Afrique, mais les défis restent nombreux. Voici les points clés à retenir :

  • 54 millions de connexions 5G fin 2025, soit 3,8 % des utilisateurs mobiles.
  • 29 pays africains ont lancé des services 5G, mais la couverture reste concentrée en zones urbaines.
  • En 2030, les connexions pourraient atteindre 380 à 390 millions, représentant 20 % des utilisateurs mobiles.
  • Les secteurs comme la fintech, l’agriculture et la santé bénéficient déjà de cette technologie.
  • Les principaux obstacles incluent le coût des infrastructures, l’instabilité énergétique, et le prix élevé des smartphones 5G.

Pour accélérer cette adoption, il est crucial d’attribuer davantage de spectres, d’améliorer l’accès aux appareils abordables, et de développer des solutions locales adaptées aux besoins africains.

5G Deployment in Africa: Key Statistics and Projections 2025-2030

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Ericsson

Progrès de l’adoption de la 5G dans les régions africaines

Examinons de plus près les avancées régionales concernant la 5G en 2025.

Principales réalisations du déploiement 5G en 2025

En septembre 2025, 53 opérateurs répartis sur 29 marchés africains avaient lancé des services commerciaux 5G, signalant une accélération importante du déploiement. Parallèlement, 25 opérateurs proposent désormais des services d’accès fixe sans fil (FWA) en 5G, une solution idéale pour les zones où la fibre optique reste absente.

En Afrique du Nord, les progrès ont été impressionnants. Des initiatives comme les enchères de spectre en Égypte et les attributions en Tunisie ont permis des lancements commerciaux dès le début de l’année 2025.

En Afrique subsaharienne, les avancées sont également notables. Par exemple, MTN Nigeria a déployé plus de 2 100 sites 5G début 2026, dans le cadre d’un plan d’investissement de 3,5 milliards de dollars sur cinq ans. De plus, en mai 2025, les Comores ont attribué des licences 5G aux opérateurs Yas (Axian) et Huri (Comores Telecom), renforçant ainsi la couverture 5G dans cette région.

Cependant, ces réussites mettent en lumière les écarts avec les marchés moins avancés, qui restent à la traîne.

Pays leaders et pays en retard dans le déploiement 5G

Les progrès régionaux confirment une tendance générale : certains pays africains se positionnent comme des leaders dans le déploiement de la 5G, tandis que d’autres peinent à suivre. Parmi les leaders, on retrouve l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Maroc et le Nigeria . Ces pays se distinguent par des stratégies axées sur une couverture urbaine dense, soutenues par des enchères de spectre spécifiques et des investissements majeurs. Par exemple, l’Égypte et l’Afrique du Sud comptent déjà 4 réseaux actifs chacun, et des progrès significatifs sont également enregistrés au Maroc et en Tunisie.

En revanche, le retard de certains marchés est frappant. À la mi-2025, seulement 16 nations africaines (moins de 30 % du continent) avaient attribué du spectre 5G, un chiffre bien inférieur aux plus de 90 % observés en Europe . L’Afrique du Nord privilégie une approche proactive avec des stratégies de spectre dédié et une couverture urbaine intensive. En comparaison, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, comme le Kenya et la Tanzanie, adoptent une stratégie « 4G d’abord », en réaffectant le spectre existant.

Les zones rurales restent largement délaissées. En 2024, la 5G représentait seulement 25 % des réseaux mobiles dans les zones urbaines africaines, contre 73 % pour la 4G . Cette fracture numérique limite l’accès à la technologie dans les régions éloignées, freinant son adoption à grande échelle et son impact économique potentiel.

Obstacles au déploiement de la 5G en Afrique

Bien que certaines avancées aient été réalisées, plusieurs défis freinent encore l’expansion de la 5G en Afrique. Ces obstacles concernent principalement les infrastructures, les coûts, et les politiques réglementaires.

Lacunes infrastructurelles et attribution du spectre

L’infrastructure reste un point faible majeur pour le déploiement de la 5G. Le manque de fibre optique limite la capacité des stations de base à gérer la demande en données à haute vitesse. En parallèle, l’instabilité énergétique reste un problème critique : entre 60 % et 80 % des tours de télécommunication sur le continent subissent des interruptions électriques régulières, ce qui augmente les coûts d’exploitation.

Un autre frein important réside dans l’attribution du spectre. Contrairement à l’Europe, où plus de 90 % des pays ont déjà alloué des bandes de fréquence pour la 5G, de nombreux pays africains accusent un retard important. Les coûts de ces bandes varient largement : par exemple, l’Égypte a levé 550 millions de dollars lors d’une enchère pour la bande 3,5 GHz en octobre 2024. De plus, la transition des anciennes technologies vers la 5G est souvent lente, ce qui complique encore davantage son déploiement.

Coûts des appareils et adoption limitée

Le prix des smartphones compatibles 5G reste un obstacle majeur. Actuellement, les modèles les moins chers sont vendus autour de 150 dollars, une somme inaccessible pour une grande partie de la population africaine. Cette situation limite l’utilisation de la 5G à des niches spécifiques, comme les entreprises ou les foyers les plus aisés.

« Sans applications concrètes, la 5G est principalement utilisée pour améliorer les vitesses Internet… si cette tendance se poursuit, la 5G pourrait rester un produit de luxe réservé aux entreprises et aux segments aisés de la société. » – Union africaine des télécommunications

À la fin de 2025, seulement 54 millions de connexions 5G étaient actives en Afrique, représentant 3,8 % des utilisateurs mobiles. Cependant, l’arrivée prévue de smartphones 5G à moins de 100 dollars dans la seconde moitié de la décennie pourrait changer la donne. Les prévisions tablent sur 380 à 390 millions d’utilisateurs d’ici 2030, soit plus de 20 % des connexions mobiles.

Défis réglementaires et économiques

Le retard dans l’attribution du spectre freine directement l’adoption de la 5G. Si certains pays comme l’Égypte ont pris les devants, la plupart des marchés africains attendent encore une répartition claire des fréquences.

Les coûts élevés des infrastructures (Capex) nécessaires à la 5G, combinés à des frais de spectre parfois prohibitifs, posent également problème. Les opérateurs doivent composer avec des coûts opérationnels élevés, souvent aggravés par l’instabilité énergétique. En outre, le manque d’investissements publics et des politiques d’infrastructure inadaptées limitent leur capacité à étendre leurs réseaux rapidement. Pour surmonter ces obstacles, des approches comme le partage d’infrastructures et des incitations fiscales pourraient réduire les coûts et accélérer le déploiement. Ces mesures sont essentielles pour transformer le paysage numérique du continent.

Comment la 5G transforme les industries africaines

Après avoir exploré les progrès et les défis liés au déploiement de la 5G, intéressons-nous à son impact sur les secteurs clés en Afrique. Bien plus qu’une simple amélioration des vitesses Internet, la 5G commence à remodeler des domaines tels que la finance, l’agriculture et les services publics.

Fintech et paiements numériques

La 5G joue un rôle crucial dans la sécurisation et l’accélération des transactions financières grâce à la segmentation de réseau. Cette technologie permet aux opérateurs de créer des réseaux virtuels dédiés aux transactions bancaires, offrant une fiabilité accrue pour les services de mobile money. De plus, les opérateurs adoptent des solutions hybrides qui associent paiements mobiles et offres 5G, favorisant ainsi l’inclusion financière tout en ouvrant de nouvelles opportunités économiques. Ces avancées dans la fintech influencent également d’autres secteurs, notamment l’agriculture.

Agritech et agriculture intelligente

Avec la 5G, l’agriculture de précision devient une réalité grâce au déploiement de capteurs IoT et à l’utilisation de drones pour un suivi détaillé des cultures. Ces capteurs collectent des données sur la santé des sols et les conditions climatiques, permettant une gestion agricole optimisée et automatisée. Dans les zones rurales où la fibre optique est absente, l’accès fixe sans fil 5G (FWA) joue un rôle essentiel pour connecter les communautés . En intégrant l’intelligence artificielle avec la connectivité 5G, le secteur agricole surmonte des obstacles structurels majeurs. D’ici 2030, la 5G devrait générer environ 10 milliards de dollars pour l’économie africaine, l’agriculture de précision étant un moteur clé de cette croissance . Mais les avancées de la 5G ne s’arrêtent pas à l’agriculture ; elles transforment aussi la santé et l’éducation.

Santé et éducation

La 5G FWA améliore l’accès à Internet haut débit dans les écoles et les centres de santé situés dans des régions isolées . Elle soutient des initiatives comme l’apprentissage immersif à distance et la surveillance médicale en temps réel, dépassant les simples usages de navigation web . Au Nigeria, par exemple, la couverture 5G atteignait environ 13 % de la population début 2026, avec plus de 2 100 sites actifs, principalement déployés par MTN.

« Ces infrastructures haut débit répondent aux demandes numériques actuelles et permettent aux clients de ‘rester sans limites’, » souligne Egerton Idehen, Chief Broadband Officer de MTN Nigeria.

En Tunisie, le lancement de la 5G a permis d’atteindre des vitesses de téléchargement mobile dépassant les 300 Mbps, marquant une nette amélioration par rapport à la 4G.

Perspectives d’avenir pour la 5G en Afrique

Après avoir observé les transformations déjà amorcées dans divers secteurs, il est essentiel de se pencher sur l’évolution future de la 5G sur le continent.

Prévisions de croissance 5G pour 2026 et au-delà

Le déploiement de la 5G en Afrique prend de l’ampleur. Les connexions devraient passer de 54 millions fin 2025 à une fourchette estimée entre 380 et 390 millions d’ici 2030, ce qui représentera plus de 20 % des connexions mobiles totales sur le continent. Cette expansion s’accompagne d’un impact économique évalué à 10 milliards de dollars d’ici 2030.

Quatorze nouveaux marchés africains prévoient de lancer leurs réseaux 5G à partir de 2026. L’Afrique du Nord reste en tête grâce à des stratégies nationales ambitieuses et des enchères spectrales dynamiques, tandis que l’Afrique subsaharienne adopte une approche plus progressive en mettant d’abord l’accent sur la 4G. Dans cette région, les spectres existants sont réaffectés pour la 5G dans des zones urbaines stratégiques. En parallèle, l’accès fixe sans fil (FWA) joue un rôle clé, générant des revenus significatifs avec 25 opérateurs déjà actifs dans ce domaine pour fournir du haut débit dans les zones mal desservies.

La démocratisation de la 5G devrait s’accélérer dans la seconde moitié de la décennie, notamment grâce à l’arrivée de smartphones 5G à moins de 100 dollars et à l’attribution de nouveaux spectres. Toutefois, pour concrétiser ces projections, des actions concrètes seront nécessaires.

Mesures pour accélérer l’adoption de la 5G

Pour atteindre ces objectifs ambitieux, plusieurs initiatives stratégiques doivent être mises en place. Les gouvernements africains doivent prioriser l’attribution des spectres 5G, notamment dans les bandes 3,5 GHz et 700/800 MHz. À mi-2025, seuls 16 pays africains avaient alloué des spectres 5G, ce qui souligne l’urgence d’accélérer ce processus. En adoptant des politiques technologiquement neutres, les opérateurs peuvent également réutiliser les spectres 4G existants pour la 5G, évitant ainsi des investissements initiaux trop lourds.

Du côté des opérateurs télécoms, l’instabilité électrique reste un défi majeur. Pour y faire face, des modèles énergétiques innovants, comme les systèmes hybrides solaires, peuvent améliorer la disponibilité des réseaux de 15 % à 25 %. Par ailleurs, les modèles « Énergie en tant que service » permettent de réduire les coûts de diesel de 20 % à 40 %. Une réduction des taxes sur les appareils compatibles 5G pourrait également rendre cette technologie plus accessible.

Les startups et entreprises locales ont un rôle clé à jouer en développant des solutions adaptées aux besoins africains, allant au-delà de la simple connectivité. Majda Lahlou Kassi, Présidente d’Ericsson Maroc, explique :

« Nous allons au-delà du B2C et du B2B ; il s’agit maintenant de B2D – business to developers. La question est : comment libérer pleinement les capacités du réseau pour que les développeurs créent cette application révolutionnaire, ‘killer’, adaptée à l’Afrique ? »

Ce modèle « B2D », combiné à l’arrivée de la 5G Standalone et des API réseau, ouvrira la voie à des applications innovantes dans des secteurs comme la fintech, l’agriculture connectée et la télémédecine.

Conclusion : Avancer avec la 5G en Afrique

La 5G en Afrique représente une étape importante, mais son déploiement effectif demande des efforts concertés entre gouvernements, opérateurs télécoms et startups. Il ne s’agit pas seulement de déployer une nouvelle technologie, mais de poser les bases d’un changement économique et social durable.

Parmi les priorités immédiates, il est crucial d’accélérer l’attribution des spectres, aujourd’hui limitée à 16 pays, de rendre les appareils 5G accessibles à moins de 100 dollars, et de développer des applications concrètes qui démontrent la valeur ajoutée de cette technologie. L’amélioration de l’infrastructure énergétique est également essentielle. Les solutions hybrides, comme le solaire, et les modèles « Énergie en tant que service » pourraient augmenter la disponibilité des réseaux de 15 à 25 %.

Angela Wamola, responsable de GSMA Africa, résume parfaitement l’enjeu :

« Pour que ce soit véritablement inclusif, nous devons nous attaquer de front à l’abordabilité et à l’accessibilité, en veillant à ce que chaque citoyen, entreprise et service public puisse bénéficier de la puissance de la connectivité. »

Les projections pour 2030 sont prometteuses : jusqu’à 390 millions de connexions 5G et une contribution de 10 milliards de dollars à l’économie africaine. De plus, combler le fossé numérique pourrait générer jusqu’à 700 milliards de dollars supplémentaires pour le PIB du continent.

Ces efforts collectifs ne profiteront pas uniquement à la connectivité. Ils renforceront des secteurs comme la fintech, l’agriculture et la santé, accélérant ainsi une croissance numérique inclusive. Avec l’arrivée de smartphones 5G à des prix accessibles, l’Afrique se trouve à un moment charnière. Transformer ce potentiel en réalité dépendra de la capacité à faire de la 5G un moteur d’inclusion économique à grande échelle.

FAQs

La 5G sera-t-elle déployée au-delà des grandes villes ?

La 5G est encore largement concentrée dans les grandes villes africaines, laissant une grande partie de la population sans accès à cette technologie. Cependant, plusieurs pays travaillent activement à élargir sa portée, en visant notamment les zones moins densément peuplées. Dans cette démarche, les initiatives des gouvernements et des opérateurs télécoms sont essentielles pour accélérer cette expansion.

Quel budget prévoir pour profiter de la 5G en Afrique ?

Le coût pour accéder à la 5G en Afrique varie selon les opérateurs et les régions. En général, les forfaits mobiles 5G débutent aux alentours de 10 à 20 USD par mois, en fonction des marchés et des offres proposées. Ces tarifs restent relativement accessibles, dans l’objectif de permettre une adoption plus large de cette technologie.

Quelles applis 5G « utiles » sont attendues d’ici 2030 ?

D’ici 2030, la 5G promet de bouleverser plusieurs secteurs clés en Afrique. Avec des applications comme la télémédecine de pointe, l’agriculture connectée utilisant l’IoT et l’IA, ou encore des plateformes de paiement digital rapides et sécurisées, son impact sera considérable. Elle ouvrira également la voie à des avancées dans la logistique, le développement des villes intelligentes et l’amélioration de la connectivité dans les zones rurales. En parallèle, elle facilitera un meilleur accès au streaming vidéo, à la réalité augmentée et virtuelle, enrichissant ainsi les domaines de l’éducation et du divertissement.

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Ecrit par Arnaud Makanda

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