Starlink a officiellement rétabli l’accès à son forfait Business (Priority) dans les métropoles les plus denses du Nigeria, offrant un répit partiel aux clients de Lagos, Abuja et Port Harcourt qui faisaient face depuis des mois à des notifications « Épuisé » (Sold Out).
Introduction
Cependant, ce soulagement a un coût élevé : 159 000 ₦ (environ 99,38 $) par mois, auxquels s’ajoutent des frais de matériel pouvant dépasser les 4 millions de ₦ (2 500 $).
Une alternative coûteuse à la saturation du réseau
Cette réouverture, effective depuis le 14 février 2026, ne constitue pas le lancement d’un nouveau produit. Il s’agit plutôt de la restauration de l’accès à un niveau de service précédemment suspendu en raison de l’intensification de la congestion du réseau dans les centres urbains à forte demande.
Pour les résidents de Victoria Island, Ikoyi, Lekki, Surulere et de certains quartiers d’Abuja, où les nouvelles commandes résidentielles restent bloquées, les options sont limitées : passer au forfait Priority ou s’inscrire sur une liste d’attente.
Sur le site web de Starlink, plusieurs localisations à travers l’État de Lagos affichent un message constant : « En raison de la forte demande dans votre zone, seuls les forfaits Priority sont disponibles ».
Stratégie de marché et concurrence avec Amazon
Dans un marché du haut débit par satellite de plus en plus concurrentiel, le maintien prolongé de mentions « Épuisé » risquait de coûter cher à Starlink en termes de revenus et de visibilité dans la plus grande économie d’Afrique.
En rouvrant son offre premium à Lagos et dans d’autres hubs saturés, l’entreprise conserve une présence dans ses marchés urbains les plus lucratifs et convertit la demande latente en revenus immédiats.
Cette décision intervient alors que des rivaux comme Amazon, via le Project Kuiper, s’apprêtent à s’étendre sur les marchés émergents. Amazon a d’ailleurs obtenu un permis d’exploitation au Nigeria en janvier 2026.
En gardant ses clients à haute valeur ajoutée connectés, Starlink défend ses parts de marché et renforce sa domination, même si les utilisateurs résidentiels restent sur liste d’attente.
Historique des tensions réglementaires et techniques
Les défis de congestion de Starlink se sont intensifiés au Nigeria et au Kenya dès la fin de l’année 2024. Après avoir atteint sa capacité maximale dans les grandes villes, l’entreprise s’est retrouvée impliquée dans un différend tarifaire avec la Nigerian Communications Commission (NCC) lorsqu’elle a tenté d’augmenter ses tarifs mensuels sans approbation réglementaire finale.
Cette impasse a conduit à un gel national des nouvelles commandes résidentielles pendant huit mois, entre novembre 2024 et juin 2025. Bien que les ventes aient repris l’année dernière au prix modéré de 57 000 ₦ (36 $), la demande urbaine a continué de surpasser la capacité disponible.
Depuis septembre 2025, plusieurs quartiers denses de Lagos et Abuja restent fermés aux nouveaux utilisateurs domestiques.
Spécifications techniques et matériel haute performance
Le forfait Business offre une voie plus rapide, mais onéreuse. Pour 159 000 ₦ par mois, les abonnés reçoivent 1 To ou 2 To de « Données Prioritaires », après quoi les vitesses peuvent être réduites, bien que l’utilisation reste illimitée.
Le matériel représente l’obstacle majeur : alors qu’un kit standard coûte environ 590 000 ₦ (369 $), Starlink recommande l’antenne Flat High Performance pour les entreprises. Cet équipement, conçu pour résister aux intempéries et offrir un débit plus stable, coûte entre 3,15 millions et 4,1 millions de ₦.
Expansion de la constellation SpaceX
Cette réouverture survient alors que SpaceX, la société mère de Starlink, accélère le déploiement mondial de ses satellites. Au 24 février 2026, SpaceX a déjà réalisé 18 missions Starlink cette année, lançant environ 428 satellites en orbite.
Conclusion
La constellation active dépasse désormais les 9 700 satellites, se rapprochant de la barre des 10 000. Malgré cette expansion orbitale rapide, les goulots d’étranglement locaux persistent, la capacité dépendant fortement des infrastructures au sol et des allocations de fréquences.


