Le secteur bancaire nigérian traverse une phase de transformation historique sous l’impulsion de la Banque Centrale du Nigeria (CBN).
Le gouverneur Olayemi Cardoso a récemment révélé que 20 des 33 banques de dépôt du pays ont déjà satisfait aux nouvelles exigences minimales de capital, alors que l’échéance cruciale du 31 mars 2026 approche à grands pas.
Introduction
Cette annonce, effectuée lors du dernier briefing du Comité de politique monétaire (MPC), souligne les progrès constants vers un système financier plus robuste et mieux capitalisé, capable de soutenir les ambitions nationales.
Un impératif de stabilité face aux défis économiques
Lancée en 2024, cette campagne de recapitalisation est la plus ambitieuse menée au Nigeria depuis près de deux décennies. Elle intervient dans un climat économique complexe, marqué par une inflation galopante, une forte volatilité du naira et des risques de crédit croissants.
Pour la CBN, l’objectif est clair : renforcer les bilans bancaires pour protéger les déposants et positionner les institutions financières comme des moteurs de croissance. Cette réforme est essentielle pour soutenir l’ambition du Nigeria de devenir une économie de 1 000 milliards de dollars à long terme.
En augmentant leurs fonds propres, les banques seront mieux armées pour absorber les chocs macroéconomiques imprévus et restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Cette stabilité est perçue comme le socle nécessaire pour attirer des capitaux internationaux dans la première puissance économique du continent africain.
Les nouveaux seuils de capital par licence d’exploitation
La nouvelle réglementation impose des niveaux de capital social strictement définis selon la portée des activités de chaque établissement :
- Banques à vocation internationale : 500 milliards ₦ (environ 370,58 millions $)
- Banques à vocation nationale : 200 milliards ₦ (148,23 millions $)
- Banques régionales et marchandes : 50 milliards ₦
- Banques non-intérêt (nationales) : 20 milliards ₦
- Banques non-intérêt (régionales) : 10 milliards ₦
Consolidation et fusions : le nouvel horizon du secteur
Selon un rapport récent de l’agence de notation S&P Global Ratings, les plus grands prêteurs du pays ont déjà franchi le seuil réglementaire. Neuf des dix banques commerciales les mieux notées, qui représentent environ 80 % des actifs totaux du système bancaire, sont déjà en conformité.
Au cours de l’année 2025, ces institutions ont collectivement levé environ 2 300 milliards ₦ (1,71 milliard de dollars) de nouveaux capitaux.
Cependant, pour les banques de taille intermédiaire et les petits acteurs, les options se réduisent à mesure que le délai de mars 2026 approche. La CBN et les analystes de S&P prévoient une vague de fusions et acquisitions.
Un exemple marquant est le rapprochement entre Unity Bank Plc et Providus Bank Limited, dont la fusion est en voie de finalisation.
Conclusion
La nouvelle entité combinée affichera une base de capital supérieure à 200 milliards ₦. Parallèlement, des géants comme Guaranty Trust Holding Company (GTCO) ont déjà confirmé le succès de leurs levées de fonds, consolidant ainsi leur position de leader sur le marché ouest-africain.


