Le gouvernement fédéral du Nigeria a officiellement confié la construction du tout nouveau Carter Bridge à Lagos à la China Civil Engineering Construction Corporation (CCECC).
Ce projet d’envergure s’inscrit dans la vision du président Bola Ahmed Tinubu visant à moderniser les infrastructures critiques et à garantir la sécurité des citoyens nigérians.
La cérémonie de remise du site s’est déroulée sur l’île de Lagos le mercredi 6 mai 2026. S’exprimant lors de cet événement, l’ingénieur David Umahi, ministre des Travaux publics, a expliqué que la décision de reconstruire intégralement le pont est devenue impérative après des années d’enquêtes structurelles révélant des défauts alarmants sous le Carter Bridge et le 3rd Mainland Bridge.
Une dégradation structurelle inquiétante
Selon le ministre, les investigations sur les éléments structurels sous-marins des ponts ont commencé dès 2013, suivies d’une nouvelle évaluation en 2019. Les rapports d’experts ont montré que les défauts augmentaient selon une « progression géométrique » particulièrement préoccupante.
« L’administration précédente avait commandé une enquête sur l’état des éléments structurels sous l’eau en 2013. Des défauts très inquiétants avaient alors été remarqués sur le Carter Bridge et le 3rd Mainland Bridge », a déclaré Umahi.
Dès sa prise de fonction, l’administration actuelle a mobilisé des géologues et des plongeurs spécialisés pour mener des investigations sous-marines approfondies. Ces recherches ont confirmé que certains pieux de soutien s’étaient déjà désolidarisés de leurs semelles de fondation.
Un nouveau design moderne et haubané
Face à la gravité des dommages, le ministre a précisé que la réparation du pont existant coûterait presque deux fois plus cher que la construction d’une structure entièrement neuve. Après une analyse technique détaillée, le gouvernement fédéral a approuvé la construction d’un pont moderne.
Une partie du nouveau Carter Bridge présentera un design haubané (cable-stayed) de classe mondiale. Cette innovation architecturale vise non seulement à améliorer la navigation maritime mais aussi à apporter une valeur esthétique supplémentaire à la métropole de Lagos.
Financement et exécution du projet
Le projet, évalué à 545 milliards de nairas, sera financé par une combinaison de fonds propres du gouvernement fédéral (30 %) et d’emprunts extérieurs (70 %). Le ministre a souligné que le processus de sélection du contractant a été rigoureux : sur sept entreprises invitées, la CCECC a été jugée la plus viable techniquement et commercialement, devançant notamment Julius Berger.
Les travaux devraient durer 36 mois. En remettant officiellement le site, le ministre a ordonné à l’entreprise de se mobiliser immédiatement, tout en assurant que le ministère surveillerait mensuellement l’avancement du chantier pour garantir le respect des normes de sécurité les plus strictes.


