La société de capital-risque kényane Delta40 vient de franchir une étape majeure en sécurisant 20 millions de dollars. Ce financement vise à intensifier le soutien aux startups en phase de démarrage à travers le continent africain.
Introduction
Soutenu par des acteurs de poids tels que le Soros Economic Development Fund et la Fondation Rockefeller, ce fonds combine habilement capitaux propres, dette et subventions pour catalyser l’innovation.
Au total, 54 investisseurs issus de 13 pays ont participé à ce tour de table, incluant des institutions de financement du développement, des family offices et 25 fondateurs de startups.
Selon Lyndsay Holley Handler, fondatrice et PDG de Delta40, plus de la moitié du capital mobilisé est de nature commerciale, orientée vers le rendement, prouvant l’attractivité du modèle.
Un modèle de financement hybride et stratégique
Delta40 se distingue par son approche de venture studio. La firme investit généralement des tickets initiaux compris entre 100 000 et 500 000 dollars lors des phases d’idéation et d’amorçage (seed).
Elle conserve également une capacité d’investissement pour les tours de table suivants (follow-on), assurant une pérennité aux projets accompagnés.
Les secteurs prioritaires de Delta40 incluent l’énergie, la mobilité, l’agriculture, les systèmes alimentaires et les services financiers. Un aspect innovant de leur stratégie est le déploiement systématique d’outils d’intelligence artificielle au sein de leurs entreprises de portefeuille pour optimiser les opérations et accélérer la mise sur le marché.
Le Venture Studio : Un levier de croissance pour l’Afrique
Fondée en 2021, Delta40 a déjà investi dans 16 entreprises, dont la plateforme logistique Lori et la fintech solaire SunFi. Opérant des studios au Kenya et au Nigeria, la firme ne se contente pas d’apporter du capital.
Elle participe activement au développement du produit minimum viable (MVP), à la formation des équipes et à la structuration d’entités indépendantes.
Réduire les risques d’échec pour les entrepreneurs
Cette levée de fonds souligne une tendance croissante en Afrique : le passage vers des modèles de venture builder. Dans un contexte mondial où les investissements ralentissent et où les investisseurs exigent des fondamentaux plus solides, les fondateurs sont sous pression pour démontrer une traction rapide. Le modèle de studio permet d’intégrer la gouvernance et l’orientation stratégique dès le premier jour.
Conclusion
En Afrique, où de nombreux fondateurs sont des entrepreneurs de première génération, cet accompagnement pratique réduit considérablement les taux d’échec.
Le mélange de capital commercial et concessionnel permet également de stabiliser les startups dans des secteurs gourmands en capital comme l’agriculture ou l’énergie, offrant une résilience accrue face aux fluctuations du marché.


