Le gouvernement fédéral du Nigeria franchit une étape décisive dans sa transformation numérique. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a officiellement approuvé un financement de 100 millions d’euros (environ 108 millions de dollars) pour soutenir le Projet BRIDGE.
Introduction
Cette initiative d’envergure nationale vise à étendre massivement le réseau de fibre optique à travers tout le pays pour combler le fossé de connectivité.
Annoncée par le ministre des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique, Bosun Tijani, cette approbation fait suite à une tournée d’investissement stratégique de deux semaines à travers six pays européens.
Les fonds permettront de poser 90 000 kilomètres de câbles de fibre optique et d’intégrer des partenaires privés pour la gestion technique du réseau.
Le Projet BRIDGE : Une infrastructure stratégique
Lancé en août 2025 sous la forme d’un véhicule à usage spécial (SPV), le Projet BRIDGE (Broadband Infrastructure Development and Grounding Efficiency) a été conçu pour attirer les investissements privés.
En s’éloignant des méthodes traditionnelles de passation de marchés publics, le gouvernement cherche à instaurer un modèle de gestion plus agile et efficace.
Des objectifs ambitieux pour 2027
L’ambition du Nigeria est claire : atteindre un taux de pénétration d’Internet de 70 % et assurer la connectivité de 80 % des zones actuellement mal desservies d’ici 2027.
Selon le ministre Tijani, les engagements pris lors de la tournée européenne ont été « extrêmement positifs », renforçant la confiance des bailleurs de fonds internationaux dans la vision technologique du pays.
Un montage financier multi-acteurs
L’investissement de la BERD s’inscrit dans une stratégie de financement globale. Il complète un ensemble de 500 millions de dollars provenant du Groupe de la Banque mondiale et une subvention de 22 millions d’euros de l’Union européenne (UE). Cette dernière fait partie d’un programme de soutien plus large de 45 millions d’euros dédié à l’économie numérique nigériane.
Capital humain et e-gouvernance
Au-delà des infrastructures physiques, les fonds européens soutiendront le développement des compétences. Environ 18 millions d’euros sont fléchés vers la numérisation des services publics (e-governance), tandis que 5 millions d’euros financeront le programme 3 Million Technical Talent (3MTT).
Cette approche garantit que le pays disposera de la main-d’œuvre qualifiée nécessaire pour exploiter ce nouveau réseau.
Conclusion
En combinant prêts concessionnels et subventions, le Nigeria aspire à devenir un véritable hub numérique en Afrique. L’expansion de la fibre optique devrait réduire drastiquement les coûts des données et améliorer la fiabilité de la connexion, des éléments vitaux pour la Fintech, l’Agri-tech et les industries créatives locales.


